Sicaro. Le liqu’de céphalo-rachidien, Paris
des méninges: l’exsudat inflammatoire resterait séreux sans aboutir à la purulence, Pouvons-nous trouver dans cette classification une place pour les réactions méningées aiguës aseptiques ? A une époque où la ponction lombaire n’était pas encore devenue une opération courante, et où on ne pouvait pas se rendre compte par l’examen du liquide céphalo-rachidien, de la nature des méningites, on aurait peut-être fait rentrer les faits dont nousnous occu- pons, dans le cadre du méningisme. Nous savons en effet ce qu’on entendait par ce terme il y a quelques années. C’est en 1894 que Dupré (1) proposa de réunir tous les faits disparates et d'apparence paradoxale sous la dénomination générale de « méningisme », nom collectif que Dupré rapprochait du terme de «péritonisme » créé par Gubler. « Le terme de méningisme, dit-il, a « l'avantage de réserver une formule spéciale à une « catégorie spéciale de faits. » Et parlant ailleurs du péritonisme : « Ce néologisme a fait fortune parce que « correspondant à un ordre de phénomènes vraiment « spécial, il satisfait à un réel besoin du langage patho- « logique. Pour les mêmes raisons, et en invoquant ce « précédent, je propose de désigner l’ensemble des « zones méningo-corticales et indépendantes de toutes « lésions anatomo-pathologiques durables par le terme « de méningisme. » Ce terme s’appliquait donc aux cas
qui guérissent : « l’efficacité du traitement et la sou-
1. E. Durré. Congrès de médecine interne de Lyon, séance du:26 octobre 1894.
BE « daineté de la terminaison favorable sont les éléments « tardifs mais décisifs du diagnostic. »
Mais étant donné le sens que donnait Dupré au terme qu’il avait créé et par lequel il avait voulu désigner un ensemble clinique de manifestations méningées aboutissant à la guérison, toute idée pathogénique mise de côté, le cadre du méningisme devait se restreindre de plus en plus. Car à la lumière de la bactériologie et du cyto-diagnostic, on a pu se rendre compte que certains faits qui auparavant auraient pu faire partie du méningisme, répondaient le plus souvent à une cause constante, c’est-à-dire à un agent pathogène déterminé.
Quelques autopsies de sujets morts de maladies au cours desquelles ils avaient présenté des syndromes méningés qu’on aurait autrefois qualifiés de méningisme, ont permis de se rendre compte que ce qui était considéré auirefois comme des altérations pour ainsi dire banales et sans importance, c’est-à-dire une certaine hyperémie ou un certain œdème des méninges, correspond en réalité à une véritable lésion. On en est arrivé en effet à attribuer à ces modifications anatomiques leur véritable valeur, quand on a pu voir que le liquide de cet œdème était susceptible de contenir les microorganismes pathogènes de la maladie au cours de laquelle s’était manifesté ce méningisme soi-disant sans lésions. C’est ainsi que Pfuhl et Walter ont trouvé le bacille de Pfeiffer et le streptocoque dans le liquide séreux de méninges simplement œdématiées. Tandis que Grasset qualifiait de méningisme pur et simple un cas de fièvre typhoïde avec symptômes méningitiques,