PRONOSTIC - TRAITEMENT
Le pronostic des syndromes méningés que nous venons
‘étudier, est basé comme le diagnostic sur les résultats fournis par l’examen du liquide cérébro-spinal. L'état aseptique de ce liquide ou, pour mieux dire, l’impossibilité d'y déceler un agent pathogène connu, et l'intégrité des polynucléaires qu’il contient : tels sont les deux principaux caractères qui nous permettent de porter un pronostic favorable en face de manifestations cliniques révélant la souffrance des méninges.
Telle a été en effet la formule du liquide céphalorachidien dans tous les cas que nous rapportons et qui ont marché vers la guérison. Ainsi que nous l’avons dit plus haut, l’état de conservation parfaite des éléments blancs contenus dans ce liquide semble confirmer ce que nous apprend le laboratoire au point de vue de son état aseptique. En effet, si les polynucléaires sont intacts, c’est vraisemblablement qu’ils n’ont pas à soutenir la lutte contre les mierobes pyogènes qui altèrent si profondément l’état des phagocytes. Aussi pratique-
ment, si la constatation d’un liquide céphalo-rachidien aseptique et avirulent doit faire pencher le diagnostic en faveur d’une réaction méningée aiguë du genre de celles que nous venons d'étudier, l'épanchement de polynucléaires intacts confirmera d'abord le diagnostie, etensuite permettra de porter un pronostie moins s0mbre et bien différent des méningites aiguës septiques dont les cas de guérison restent rares.
MM. Sicard et Descamps (1) relatant certains éléments de pronpstie tirés de l'examen du liquide céphalorachidien au cours de la méningite eérébro-spinale parlent dans le même sens en ee qui concerne l'intégrité des polynucléaires. Ils rapportent certains faits qu'ils ont pu observer: « C'est d’une teinte pseudo-lactescente « qu'il s’agit dans ces cas, disent-ils, et non d’une « lactescence vraie. De plus, la substitution dans les « examens sériés de polyrucléaires sains aux polrnu- « cléaires avaries, la diminution de l’albumine, et le « retour progressif au taux glycosurique normal, sont « des éléments favorables de pronostic. »
Ajoutons que la substitution de la lymphocytose à la polynucléose constitue un autre élément de pronostic favorable. La première survient d'ordinaire au moment où le processus aigu, fébrile, fait place à un mieux sensible et marche vers la guérison. Nous pouvons faire cette constatation dans presque tous les cas que nous rapportons, comme nous la faisons par exemple dans
1. SicarD er Descaurs. XII Congrès des médecins aliénistes, Genève, Lausanne, août 1907,
OT du les syndromes méningés aigus, curables, quisurviennent au cours de certaines épidémies de grippe ou de pneumonie.
Mais il faut faire quelques réserves, et dire qu’on peut voir persister, après l'évolution du cyele aigu des réactions méningées aseptiques, certains troubles nerveux comme une céphalée d’intensité variable, un certain état d’apathie, de l’inégalité pupillaire plus ou moins variable, l’exagération des réflexes, la dissociation du pouls et de la température. Tel a été en effet le cas de
la malade qui fait l’objet de la quatrième observation :
chez cette malade, certains symptômes nouveaux ont même apparu d’une façon passagère, comme la photo: phobie et l’amblyopie qui ne s’accompagnait ni d’albuminurie, ni de glycosurie. Ces symptômes ont coïncidé avec la lymphocytose du liquide céphalo-rachidien qui a succédé à la polynueléose, et ont disparu quand celuici a été redevenu normal. è
Comme on le voit, c'est toujours la ponction lombaire qui, en nous permettant de faire des examens sériés du liquide céphalo-rachidien, guidera notre pro-. nostic.
Elle va même constituer un des points principaux du traitement des méningites aseptiques, traitement qui est en partie symptomatique. | Les ponctions lombaires soulagent la céphalée ; elles amendent souvent les troubles délirants ; elles seront donc utilisées contre ces symptômes qui ne manquent pour ainsi dire jamais.
Comme dans la méningite cérébrospinale septique,
:Chabbert 6
LR on pourra associer les bains chauds aux ponctions lombaires.
Le séjour au lit dans la position horizontale sera maintenu aussi longtemps que l’on constatera un symptôme méningé clinique.
Disons en somme que le traitement ne différera guère de celui des méningites aigües septiques, en ce qui concerne les symptômes. Il est inutile d’ajouier que les affections comme la syphilis, l’otite, au cours desquelles peuvent survenir les réactions méningées aiguës asepti- S ques, devront attirer l’attention et faire l’objet du traitement curalif. : à
Les injections intra-rachidiennes d’antiseptiques sont contre-indiquées. En effet, ces injections n’auraient comme conséquences que d'augmenter la congestion méningée, et de contribuer ainsi à aggraver le tableau clinique. Si les liquides antiseptiques comme les solutions colloïdales métalliques ont pu donner de bons résultats dans les méningites cérébro-spinales, nul doute que leur injection dans la cavité arachnoïdo-pie-mérienne au cas de méningites aseptiques n’influencerdit très défavorablement le processus de celles-ci, puisqu'un des inconvénients de ces préparations (électrargol, collargol) est de provoquer une vive réaction
méningée.