OBSERVATION
Mme X..., 36 ans (Service du Dr BERGERET).
La malade fait depuis 10 ans au printemps de chaque année des.
crises de dysenterie sanglante caractérisées par six ou huit évacuations
journalières de selles muco-sanglantes ou purement sanglantes, afecales. Les poussées durent de 3 semaines à { mois et guérissent sponta-
. nément. La poussée actuelle dure depuis 1 an, véritable poussée con-
tinue avec paroxysmes. L’examen dei tue montre une muqueuse
véritablement abrasée, saignant en nappe et quelques proliférations polypeuses. L'état actuel est tel que tant à cause de la gravité de l’état général que pour calmer un syndrome fonctionnel fait d’épreintes et
de ténesme incessants, le D' BERGERET pratique un anus sur le trans-
verse. La douleur s’atténue mais la dysenterie hémorragique persiste.
Peu de temps après l'installation de l’anus apparaît un phagédénisme.
superficiel du revêtement cutané, d’abord autour de l’anus, puis s’étendant en tache d'huile sur le flanc gauche et la fesse gauche. Puis apparition à distance, région dorsale, région jambière droite, d'éléments identiques. Un traitement (par la vitamine A en solution huileuse) est constitué en lavements intra-rectaux et en goutte à goutte par l’anus artificiel. Très grosse amélioration en quinze jours, presque plus d’évacuations sanglantes et transformation de l’état général (la numération globulaire passe de 3.500.000 à 4.500.000). Reprise du poids.
Le mode d’action de la solution huileuse de vitamine A sur les lésions cutanées a été essayé sur les lésions de l'anus artificiel. Après désinfection par l’eau d’Alibour (pour éviter la prolifération staphylococcique), pulvérisation à la solution huileuse d’une hémi-zone qui est
recouverte ensuite de gaze et de compresses (pour éviter les facteurs d’oxydo-réduction) la cicatrisation des zones ainsi traitées va s’obtenir dans un temps bien plus bref que dans les autres zones.
Trois semaines après les lésions cutanées sont cicatrisées presque totalement, l’état général est bon. A l’examen rectoscopique (lumière rectale rétrécie, polypes et muqueuse rouge vif mais saignant seulement au contact. Quelque temps après, rechute brusque malgré le traitement avec la solution huileuse de vitamine A, poussée hémorragique avec reprise de l'extension des lésions cutanées qui ont disparu avec la fin de la poussée.
Nous parlerons avec une certaine accentuation d’une complication qui est pour certains auteurs très fréquente, les arthralgie ou les arthrites à type rhumatisme infectieux,
“rebelle au salicylate de soude et dont l’évolution suit les poussées de la maladie. B. UpAoNDO y insiste assez longuement dans son traité sur les colites ulcéreuses et cite TROUS- SEAU à son appui. Pour Buscx la fréquence est de 10 % des cas environ. La statistique de la Clinique MAYo donne 60 cas compliqués d’arthrite sur 692 cas. GALLART-MONES s’expri- * mant au sujet des arthrites dit : «que c’est un des symptômes qui accompagne le plus souvent la maladie, qué les arthrites peuvent être le symptôme dominant ».
Nous ne pouvons suivre ces auteurs dans leurs opinions et le Dr RACHET dans sa pratique spécialisée tant à l'hôpital qu'en clientèle et sur une statistique portant sur plus de quatre-vingts cas qui ne concernent que des malades rigou-
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reusement suivis n’a jamais observé un cas se compliquant
d’arthrite.
Nous devons aussi ajouter que notre opinion est la même sur les autres complications générales de la recto-colite ulcéreuse qui occupent souvent une part importante dans les
statistiques et que nous n’avons jamais observées (en dehors
des cas avec manifestations cutanées que nous avons cités).