‹ Contribution à l'étude des Résections des Métatarsiens et des Phalanges des Orteils: Résultats fonctionnelsChapitre 12 sur 13 · LEE · texte numérisé non relu

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tumeur connue sous le nom d’oignon. Les troubles de la marche tiennent, et à la position vicieuse du gros orteil qui ne peut plus remplir son rôle physiologique, et à l'oignon qui rend douloureux le point d’appui antérointerne.

La désarticulation du gros orteil, pratiquée en dernier recours par certains chirurgiens, supprime le premier de ces inconvénients, mais elle exagère le second en laissant une cicatrice exposée aux chocs et aux pressions, au niveau de la tête métatarsienne proéminente. C’est Hueter qui a songé le premier à employer la résection dans le traitement de l’hallux valgus ; il a décapité complètement le métatarsien. Il n'a d’abord pratiqué cette opération que pour des hallux valgus compliqués d’arthrite suppurée. Postérieurement, à la suite des opérations de Hamilton, il l'a pratiquée aussi pour des hallux valgus simples sans suppuration. Hueter dit seulement que ses résultats opératoires ont toujours été bons. Il est a craindre que les résultats fonctionnels aient été moins satisfaisants.

Ce traitement radical nous ramène, en effet, au traitement de la luxation compliquée par la résection de toute la tête, et nous avons dit quels en étaient les résultats défectueux. Il peut être nécessité dans les cas d’arthrite suppurée, 1l n’est pas à accepter dans un but simplement - orthopédique.

Hamilton emploie le même procédé opératoire que Hueter, et il l’applique le premier dans un but purement orthopédique. Reverdin modifie l'opération de Hueter, il n'admet pas la décapitation métatarsienne, et pratiqueune ostéotomie cunéiforme sur le métatarsien pour corriger la direction vicieuse de l’orteil,

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Dans six opérations pratiquées par ce procédé, il y a eu quatre succès sans aucune complication. Dans deux autres cas, il y a eu un peu de suppuration, mais la guérison n’en a pas moins eu lieu sans accident grave. Au point de vue fonctionnel, les six opérés se déclarent satisfaits du résultat obtenu.

Riedel substitue à la résection de Hueter une résection portant sur la première phalange du gros orteil. Gette résection, sur quatre cas, lui donne trois bons résultats.

M. Kirmisson, dans la revue de la Société de chirurgie, Juge ainsi le procédé de Riedel : « Il suffit d’avoir quelque connaissance de anatomie pathologique de l’hallux valgus pour juger immédiatement combien cette dernière opération est irrationnelle. La première phalange du gros orteil est, en effet, complètement saine : c’est sur la tête du premier métatarsien que portent uniquement les lésions ; c’est à elle que doivent s’adresser les interventions chirurgicales. » Il dit ensuite du procédé de Reverdin : « Certes, ce procédé est fort ingénieux, et l’on comprend que, dans certains cas, il puisse suffire à provoquer le redressement, mais il a l’inconvénient de ménager complètement les surfaces articulaires, or, c’est sur celles-ci que siègent les lésions principales.

Fowler n’adopte ni la résection métatarsienne par la méthode de Hueter, ni la résection cunéiforme par la méthode de Reverdin. Elles ne lui ont pa: réussi. Il propose une incision à la partie externe entre le premier métatarsien et le second, et l’ablation de la saillie de la tête : avec la scie selon une ligne oblique, il place une attelle interne pour maintenir l’orteil. Cinq opérations d’après cette méthode (dont deux sur les deux orteils du même

MX; se malade) lui donnent de très bons résultats; dans une sixième opération heureuse, son incision externe faite, il trouve la tête métatarsienne très déformée et il l’enlève tout entière d’après la résection de Hueter. Résultat également bon.

L'opération de Fowler témoigne du souci du chirurgien de conserver pour la marche le point d'appui de la tête métatarsienne, tout en supprimant la partie interne hypertrophiée.

De même, M. Monod a fait une résection oblique d’arrière en avant et de dedans en dehors, de façon à respecter la partie la plus externe de l'extrémité osseuse.

Le résultat constaté deux ans après l’opération a été satisfaisant.

La difformité était supprimée et la marche aisée.

A côté de cette observation publiée dans la these de S. Quevedo (Paris, 1894), nous trouvons une observation de résection beaucoup plus complète, et se rapprochant du genre des opérations de Hueter, puisque le volume de la tête métatarsienne enlevée a été de 2 centimetres cubes.

Le résultat constaté un an après l’opération était Île suivant :

« Le malade marche bien et sans peine avec un chausson mou et sur un sol non inégal. Le soulier ordinaire et le pavé dur et accidenté lui produisent de la douleur et de la gène. Cela est dû à un durillon qui s’est formé à la plante du pied, au niveau de l’espace entre les extrémités du métatarsien réséqué et du deuxième métatarsien. On peut croire que l’écartement persistant du premier métatarsien et son relèvement au-dessus du plan hori-

DRSENTE es zontal des autres, produisent ces légers troubles, qui se traduisent par un durillon plantaire douloureux. Mais le malade ne souffre un peu qu'après un certain temps de marche, et par rapport à l’état du pied avant l'opération, il se déclare satisfait. »

Nous retrouvons ici les déformations que donne la résection dans tous les cas où elle intéresse la totalité de la tête métatarsienne : relèvement du premier métatarsien, suppression du point d'appui antéro-interne physiologique, son remplacement par un point d'appui pris au niveau du deuxième métatarsien, gêne de la marche due au durillon plantaire, et probablement aussi à la déviation du pied en valgus, conséquence de la non intégrité de ia voûte plantaire.

M. Delbet a modifié le procédé de ses devanciers dans la cure de lhallux valgus, en joignant a la résection de articulation métatarso-phalangienne une intervention d’une nature particulière sur le tendon de l’extenseur, tendon qui, par sa rétraction, tend à ramener l’orteil en position vicieuse.

Observation. — Hallux valgus bilatéral. — À gauche, inflammation de la bourse séreuse développée au-devant de la tête du premier métatarsien, ayant donné naissance à la formation d’un trajet fistuleux ; à droite, la bourse séreuse anormale n’était pas enflammée, des deux côtés le redressement était impossible.

Intervention sur le pied gauche. M. Delbet pratiqua une résection partielle de la tête du métatarsien. Il enleva un coin comprenant toute la surface cartilagineuse, épais de 5 à 6 millimètres sur le bord interne, plus mince sur le bord externe. Cela fait, il était très facile de ramener

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l’orteil dans la rectitude complète ; mais, dès qu’on l’abandonnait à lui-même, il reprenait sa position vicieuse avec la brusquerie d’un ressort. Plusieurs copeaux osseux furent encore enlevés, mais l’orteil, facile à redresser, ne tenait pas mieux dans la rectitude. C'était le tendon de l’extenseur dévié et rétracté, qui attirait l’orteil en dehors et l’entraînait en attitude vicieuse. M. .Delbet constate que lorsqu'on maintient sur le bord interne de l’articulation, avec un écarteur, le tendon extenseur, ce dernier non seulement n’a plus de tendance à dévier l’orteil, mais bien au contraire contribue puissamment à le maintenir en bonne attitude, il Le fixe dans cette position en suturant par-dessus les lambeaux fibro-périostiques sur une étendue de 2 cm. 90 environ, avec des fils de soie; ainsi se trouve formée une gaine solide, moitié sur la phalange, moitié sur le métatarsien.

Le tendon, ainsi dévié, agissait si bien pour fixer lorteil en position rectiligne, que tout appareil fut inutile. La même opération fut pratiquée sur le pied droit. Il n’y eut aucune complication, et le 24 août, la malade quittait l'hôpital, marchant bien, sans douleur, avec un pied de forme normale.

M. Delbet à vu son opérée trois mois et demi après l'opération ; le résultat ne s’était pas démeuti ; à droite, les mouvements de l’articulation réséquée étaient à peu près normaux; à gauche, ils étaient au contraire très limités, mais la malade n’en éprouvait aucune gêne, les tendons avaient bien tenu dans leur nouveile gaine.

La résection de l’articulation métatarso-phalangienne dans l’hallux valgus, laisse au chirurgien une grande latitude dans le choix du procédé opératoire. Il n’est pas

SE TAG) tenu ici, comme dans le cas de tumeur blanche, de sacrifier la totalité de la tête métatarsienne, ou de la première phalange. Il peut se limiter auxsurfaces articulaires, conserver la saillie formée par la tète métatarsienne, il peut enfin, par le procédé de M. Delbet, se prémunir contre une direction vicieuse de l’orteil. Il obtient ainsi un pied qui n’est nullement modifié dans sa forme et dont le rôle physiologique dans la marche est intégralement conservé. L’amputation du gros orteil, pratiquée autrefois en ce cas, est complètement à rejeter, la résection est ici l’opération de choix, car elle donne des résultats fonctionnels excellents.

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