OBSERVATION LI [L
D..., Lucien-Edouard, 2° classe, quarante ans, 222° infanterie, 17° compagnie. Blessé le 24 octobre 1916 (16 h.), à Douaumont, par éclat d'obus.
Radiographie le 30 décembre 1916.
Diagnostic : plaies du coude gauche et poignet gauche. Plaies du genou droit. |
Le 25 octobre 1916, à Dieue. Débridement des 0. E. des plaies du coude. Ablation d'éclats d'obus et de pierre ; épicondyle légèrement éraillé. Drainage.
Première intervention à Revigny : 28 octobre 1916.
1° Deux petits éclats au genou droit,
Débridement et ablation de l’un inclus dans le tendon rotulien et non articulaire.
Débridement et ablation de l’autre, qui, entré par le culde-sac latéro-rotulien gauche, a traversé la synoviale et est venu sortir en dehors de la synoviale. sur la surface externe du ligament interne. Mise à plat du trajet extra-synovial, ouverture de l'articulation au niveau de l'O. E., nettoyage de l’articulation à l’éther, suture totale de la synoviale, drain au contact. Débridement et ablation de l'éclat en dehors du ligament latéral interne; mèche au contact.
2° Débridement d'une plaie suspecte du poignet Rien au point de vue articulaire.
3° Large mise à plat au niveau d’une esquillectomie de l’humérus faite à l'avant, gangrène locale. On fait sauter des points cutanés et musculaires.
Le 8 novembre 1916, l'articulation du coude parait intacte.
Résection secondaire entièrement sous-périostée du genou droit. Dissection et ablation du cul-de-sac sous-quadricipital. Enfumage iodé. Gouttière plâtrée pelvi-dorsopédieuse.
Lettre du 2 février 1917. — Monsieur le Major, depuis que j'ai quitté Revigny, je suis à l'Hôpital Danois et je me porte très bien. Je marche tous les jours avec des béquilles et me porte presque tout entier sur ma jambe.
Lettre du 6 mai 1917. — ...C'est pour vous dire que je marche maintenant sans canne et que ma santé est toujours très bonne. Demain, je change d'hôpital, mais cette fois ce sera pour la réforme. Je vais aller à Clignancourt.
En juillet 1917, je vois le blessé à Bar-le-Duc, tout à fait guéri. Sa jambe est tout à fait solide. Marche sans canne et ne fatigue pas.
Lettre du 15 février 1919. — Ma jambe est tout à fait solide.
Je marche librement et sans canne.
N'ayant pas de métier, je me rends utile à de petits travaux manuels, comme scier, casser du bois, bêcher un petit coin de terre ; en un mot, petits travaux peu fatigants.
Comme raccourcissement, l'hôpital m'a déclaré 7 à 8 centimètres.
Je touche 5v0 francs de pension et n'ai pas reçu se médaille militaire.
Lettre du 5 mars 1920. — Excellent résultat qui s'est maintenu : ouvrier agricole.
OBsERvATION LIV
M.., Yves, trente et un ans, 335°infanterie, 21° compagnie. Blessé le 27 février 1916, Verdun. Eclat d'obus rotule gauche (S. A., 28 février 1916).
6 mars 1916. — Arthrotomie faite à l'avant avec deux incisions latérales simples (28 février 1916).
Bon état actuel. Plâtre remplaçant une gouttière.
14 mars 1916. — Température augmentant et oscillant. La radio montre un volumineux éclat fiché dans un condyle fémoral.
Intervention 14 mars 1916. — Résection sous-périostée bicondylienne avec ablation totale de- la synoviale articulaire. Drainage avec mèche. Gouttière pelvi-dorso--pédi-
euse plâtrée
Evacué le 12 avril 1916.
Lettre du 26 janvier 1917. — Raccourcissement : 6 centimètres. Travaille la terre.
Lettre du g février 1919. — 600 francs de pension. Continue péniblement son métier de cultivateur.
Lettre du 29 février 1920. — Excellent résultat quis'est
maintenu. Travaille dans une ferme, dans la Sarthe.
OgservarTION LV
J..., Augustin, trente ans, 158° d'infanterie, 4° compagnie. Blessé le 11 mars 1916(10h.), à Douaumont.
= jà —
Diagnostic : plaie du genou droit, par balle. S. A., 11 Mars 1916.
Intervention : 15 mars 1916. Esquillotomie du tibia faite à l'avant, température élevée, nombreuses esquilles, os en voie de nécrose à odeur infecte.
Radiographie : pas de projectile. Montre un éclatement total du plateau tibial.
Résection du genou sous-périosté. Le fémur est indemne. L'articulation du genou était largement ouverte et communiquait avec l'éclatement tibial. Le grand cul-de-sac était tapissé de pus et de fausses membranes.
Gros raccourcissement apparent post-opératoire.
Tous les jours qui ont suivi, amélioration et baisse de la température : néanmoins, j'aurais dû amputer ce blessé, à cause de l'importance du fracas tibial.
Evacué le 18 avril 1916.
Le blessé a été amputé à Paris quelques jours après son arrivée à l'Hôpital du Panthéon.
Lettre du 25 juin 1916. — Excellent état général (Hôpital Auxiliaire de M"* la duchesse d'Uzès).
OBsEervATION LVI
J..., Georges, vingt ans, 2° classe. Blessé le 24 avril 1916 (19 h. 30) cote 304.
Diagnostic : plaie par éclat d’obus, face antérieure du genou gauche, Perte de substance de la rotule. Epanche- . ment de l'articulation. Débridement et nettoyage du trajet.
Le 22 avril 1916 (Ambulance Chirurgicale n° 12, D' Houdard), — Arthrotomie du genou. Drainage, éther.
Intervention : 1°* mars 1916.— Température persistante, mauvais aspect local, ablation d’un drain transrotulien, beaucoup de pus.
Résection extra-périostée bicondylienne,
Evacué le 3o mai 1916.