‹ Contribution À L'Étude Des Résections Intra-Fébriles Du Genou Primitives et Secondaires En Chirurgie De Guerre Observations Personnelles, Résultats ÉloignésChapitre 31 sur 51 · OBSERVATION XLIX · texte numérisé non relu

OBSERVATION XLIX

L..., Joseph, 2° classe, trente-deux ans, 62e d'infanterie, 3* compagnie. Blessé le 17 avril 1916 (13 h. 30), à droite de la côte du Poivre, |

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S. À., 18 avril 1916; S, À. A., 21 avril 1916.

Diagnostic : éclat d'obus aux deux jambes. Plaie articulaire à droite, éclat à gauche.

Première intervention : 20 avril 1916. — Arthrotomie à droite, ablation d'éclat à gauche.

23 avril 1916. — Erythème sérique.

Deuxième intervention : 20 mai 1916. — Résection

secondaire du genou droit (gros dégât d’ostéite raréfiante).

Evacué le 25 juin 1916 sur l'Hôpital 101, avenue de la République (D' G. Cotte, de Lyon). Mauvais état général et local à l'arrivée. M. Cotte fait l'impossible pour lui conserver sa jambe : l’immobilisation est prolongée. On incise quelques fusées à la cuisse et à la jambe.

Lettre du 13 janvier 1917. — Passe au Centre de Réforme des Tournelles. Raccourcissement : 7 centimètres.

Pension : 600 francs. Jambe très solide. Commence seulement à,s'en servir.

Lettre du 18 février 1919. — Jambe toujours solide : exerce la profession de journalier. Bon moral.

OBSsERVATION LX

L..., Emile, caporal, trente-deux ans, 315° d'infanterie, 23° compagnie. Blessé le 2 novembre 1916, par éclat d'obus, à Douaumont.

Diagnostic : plaie articulaire au genou tre avec fracture ob hle du fémur.

3 novembre (à l'avant). — Laparotomie du genou, fracture du condyle externe. Ablation du fragment à la gouge. Ablation des parties osseuses touchées par l'éclat d'obus. Curettage soigneux de la cavité osseuse. Synovectomie. Attouchement à l'acide phénique de toute l'articulation. Suture du tendon rotulien. Quelques crins pour maintenir le lambeau. Appareil plâtré.

Deuxième intervention : 28 avril 1916 (M. Fayol). — Per-

ie

sistance de la température; mauvais état local et général; déviation du genou en valgum; suppuration profuse.

Résection sous-périostée bicondylienne du genou gauche; ablation de portion de synoviale restante (rotule complète ment nécrosée), thermo-cautérisation. Plâtre.

Troisième intervention : 12 Janvier 1917. Incision d'un abcès postérieur superficiel.

Quitte Revigny, consolidé.

Evacué à Paris sur hôpital V. G. 81, boulevard des Invalides (M"° la duchesse de Rohan).

Excellent état. Suites simples.

Lettre du 18 mars 1917. — Depuis quelques semaines, commence à appuyer le pied par terre.

A passé à la radiographie, consolidation en rectitude.

Avril 1917. — À mon passage à Paris, je vais voir ce blessé : sa jambe est tout à fait solide. Nous nous promenons dans le jardin de l'hôpital et sur le boulevard des Invalides, il marche avec des béquilles.

Lettre du 11 février 1919. — Raccourcissement, 8 cen-

timètres.

Continue son métier de cultivateur.

Est propriétaire, travaille son terrain, prend seulement de temps en temps quelqu un pour lui aider. N'a pas d’appareil, ni ne veut de soulier orthopédique. Marche simplement avec une canne. Pension, 600 francs. Très heureux de son sort. :

Lettre du 15 mars 1920. — Toujours cultivateur, très content de son sort. Grosse amélioration dans le rendement fonctionnel de sa jambe; quelquefois de très rares malaises nocturnes.

Excellent résultat : jambe très solide.

OgsEervaTiIon LXI

M... Emile, 1e classe, vingt et un ans, 36° infanterie

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10° Compagnie. Blessé le 23 mai 1916 (8 h.), ferme Thiaumont. ;

Diagnostic : plaie pénétrante du genou gauche par éclat d'obus.

S. À. B., 28 mai 1916 (avant), 31 mai 1916 (Revigny).

Arthrotomie pratiquée à l'avant. x

Intervention : 1° juin 1916. Etat très infecté de la plaie au fond de laquelle le fémur et le tibia sont en voie de putréfaction.

Résection extra-périostée secondaire bicondylienne.

Résection supplémentaire cunéiforme au ciseau de tout un coin interne du tibia nécrosé à ce niveau.

Résection de la tête péronière dont l'articulation est ouverte.

Drainage postérieur et drainage supplémentaire par le grand cul-de-sac sous-quadrécipital. Plâtre.

Evacué le 7 août 1916.

Le 2 juillet, 1916 — Soudure osseuse. |

Le 7 août 1916. — Evacuation.

Lettre du 11 août 1916. — Suites simples (Hôpital Auxihaire 236, Bois-Colombes). és”

Lettre du 8 novembre 1916. — Hôpital Auxiliaire 6, à Pau. Marche avec des béquilles.

Bonne consolidation.

Lettre du 14 février 1919. — « D'abord, lorsque vous m'évacuâtes de Revigny, je fus dirigé sur Paris, à Bois-Colombes (Hôpital Auxiliaire n° 236), où je fus bien soigné; ensuite au début d'octobre je fus de nouveau évacué dans le Midi, à Pau, où au bout de deux mois la plaie se cicatrisa et je commençai à me lever et à marcher avec des béquilles, mais avec ces dernières, Je m'en suis servi tout juste trois jours et ensuite l'infirmière-major me força à me servir de deux bâtons, depuis je faisais tous les jours de petits progrès. Dans le courant du mois de février, le docteur m'envoya au Centre spécial de Réforme où je fus réformé le 3 mars 1917.

« Arrivé enfin chez moi, au bout de quelques mois, jugeant que ma jambe était assez solide, j'ai supprimé un bâton et maintenant je puis.marcher assez facilement sans trop me servir de ma canne; naturellement il ne faut pas que je marche trop dans la journée, car si je fais de grosses fatigues, le genou me fait mal, surtout quand il fait mauvais temps. Il est même resté, entre le péroné et le tibia, un petit filet sensible, mais presque insignifiant (?) je pense que cela passera à la longue. Ce qu'il y a de bon, c’est que, depuis ma réforme, il ne s’est plus formé sur mon genou aucun abcès.

« Comme raccourcissement j'ai 4 centimètres et demi et naturellement un peu d'atrophie au mollet et à la cuisse. Ma jambe est bien solide actuellement.

« Pour le moment, je m'occupe du magasin (peinture et encadrement). »

Lettre du 18 mars 1920. — Toujours excellent résultat.

Osstrvarion LXII

M..., Emile, 1"° classe, dix-neuf ans, 4° bataillon de chasseurs, 6° Compagnie. Blessé le 17 avril 1916 (1 h.), à la cote 304.

S. À. À., 17 avril 1916.

Diagnostic : plaie du genou droit par éclat d’obus.

Note de l’Auto-Chir n° 12: « Eclat ayant pénétré dans l'articulation du genou droit à la face interne de la rotule et décelé dans le condyle interne du fémur par la radiographie.

« Première intervention, Ambulance Chirurgicale, le 17 avril 1916. Incision sur l'O. E. Le bord interne de la rotule est atteint. Le projectile a pénétré dans le condyle interne. Ablation de l'éclat. Curettage.

« Ablation de quelques esquilles, lavage de l'articulation. Arthrotomie. À surveiller.

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« Le 28 avril 1916. — Plâtre ».

Le 8 mai 1916. — Mauvais état général, très mauvais état local, Fracture de la rotule perceptible.

Deuxième intervention : 8 mai 1916. Limitée d'abord à l’ablation sous-périostée de la rotule fracturée, mais, le fémur étant en mauvais état, on décide une résection secondaire.

Résection secondaire bicondylienne (on aperçoit une fissuration complète du fémur). Plâtre.

Evacué le 26 mai 1916.

Lettre du 4 juin 1916. — Hôpital Temporaire 72, Paris. Suites simples. Conservation de l’immobilisation.

Lettre du 16 Janvier 1917, de Nancy (bombardement). — « Je suis réformé définitivement depuis le 15 novembre dernier et ma sortie de l'Hôpital 72, à Paris, date du 4 septembre 1916.

« J'ai toujours ma jambe, cher docteur, et je marche passablement ayant un raccoureissement de 6 centimètres, mais je ne me plains pas du tout étant chez moi, alors que beaucoup de mes camarades sont disparus ou alors là-bas!

« À l'Hôpital 72, à Paris, je fus bien soigné par un docteur grec, mes plaies furent cicatrisées complètement vers le 15 ou 20 août 1916; le chirurgien en fut émerveillé et moi aussi.

« Pendant mon séjour à Paris, je suis allé passer quelques jours à Lyon chez des parents,

« En ce moment je me repose chez moi, malgré les alertes quelquefois vives que nous causent les visites boches. »

Lettre du 26 février 1919. — « Je suis actuellement en Alsace-Lorraine où Je voyage pour mon compte personnel pour la soierie de Lyon. J'achète et je revends directement au commerce, c'est très intéressant. J'aime beaucoup ce genre de vie, mais très faligant.

« Je ne me ressens de ma jambe que quelquefois aux changements brusques de température, mais ce n’est rien. »

Pension, 600 francs.

Raccourcissement, 6 centimètres.

Excellent état moral.

Lettre du 2 avril 1919. — Prend des bains de mer sur la jôte d'Azur. Fait beaucoup de voyages d’affaires.

Toujours satisfait de son sort.

Vu le 20 mars 1920 à la Foire de Lyon : Jambe en rectitude parfaite.

Très joli résultat.

OgservaTioN LXIII

P.., Paul, 1° classe, vingt-deux ans, 97° infanterie, 2° compagnie. Blessé le 27 mars 1916 (7h.), village de Vaux. S. À., 28 mars 1916 :

Diagnostic : plaie par éclat d’obus région externe du genou gauche.

Note de l’ambulance 19/20.

« 29 mars 1916. — Arthrotomie. Ablation de deux éclats en pleine articulation. Liquide articulaire louche. Pas de lésion osseuse apparente. Un corps étranger est vu à la radiographie derrière le fémur (laissé en place). Plâtre. »

Intervention : 10 mai 1916, à Revigny. — Résection secondaire sous-périostée (ostéite raréfiante du fémur). Destruction spontanée des ménisques tibiaux.

Evacué le 11 juin 1916.

N'a jamais donné personnellement de ses nouvelles. Un de ses camarades de l'Hôpital 32 V. G. m'écrit qu'il marche avec des béquilles (2 janvier 1917). Depuis plus de nouvelles.

Ogservarion LXIV

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P..., Ernest, vingt-cinq ans, 14° infanterie, 1°° compagnie, Blessé le 26 juin 1916 (23 h.), à Fleury. LAN Ÿ

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Diagnostic : plaie de l'épaule gauche; plaie du genou droit ; plaie du mollet droit ; ablation de l'éclat de l'épaule et arthrotomie du genou pratiquées le 27 juin 1916 à l’ambulance 9/12.

Intervention : 27 juillet 1916. — 1° résection extrapériostée du genou droit (ostéite de la rotule, arthrite spécialement localisée au niveau des ligaments croisés, synoviale fongueuse); 2° ablation d'éclat dans le mollet droit.

Evacué le 11 octobre 1916 à l'Hôpital Américain de Juilly (Seine-et-Marne).

Lettre du 27 janvier 1917. — Commence à marcher sans béquille. Vient de faire une chute grave sur sa jambe, ce qui n a pas eu heureusement de suite fâcheuse,

Lettre du 9 février 1919. — « Je n’ai rien ressenti à la jambe depuis l'opération, je marche très bien même sans canne,Jmais pas trop vite.J'airepris mon métier de boulanger, je fais un petit travail, la jambe est très solide, parfois Je souffre du pied.

« Pour avoir la chaussure orthopédique, j'ai passé une visite au Grand Palais ; le commandant-major a trouvé la jambe très solide et bien opérée, »

Raccourcissement : 7 centimètres.

Pension : 600 francs.

Lettre du 28 mars 1920. — Excellent résultat qui s'est maintenu. Grande solidité de la jambe. Travaille onze heures par jour (patron boulanger).: quelques rares douleurs dans le pied quand le temps va changer. Excellent moral et très content du résultat fonctionnel de son membre réséqué.

-OBsERVATION LXV

T..., Auguste, 2° classe, vingt ans, 82° infanterie,

8° compagnie,

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