OBSERVATIONS
Obs. I. —- Hématométrie et hématocolpos par absence partielle du vagin (Communiquée par L. Dieulafé à la Sociélé Obst. et Gynécologique de Toulouse. Février 1914).
Jeune fille réglée à 16,ans, et qui un an après présentait une Vonnsène tuméfaction de l'abdomen avec des douleurs qui ne cessaient pas dans l'intervalle des crises menstruelles. À ce moment-là, un médecin a conseillé une opération et la malade s’y est décidée; avant son départ pour Touloüse, elle gardait ses moutons dans une lande lorsqu'elle fit une chute dans une profonde excavation du ‘sol. Des voisins, qui se rendent compte de l'accident, accourent et la relèvent. Elle n'avait aucun mal, mais ses vêtements étaient inondés d’un liquide poisseux et épais. Ses selles furent mélangées dans la suite d'une matière épaisse, gluante et noirâtre. En même temps, l'abdomen s'était aplati, la tumeur avait disparu. La collection sanguine sous l'influence de la chute s'était ouverte dans le rectum. nou Dons alors dans l’ordre, |
Cependant bientôt les crises dévléarenses recommencèrent, et peu à peu l'abdomen se remit à grossir; exactement un an après, il était devenu aussi gros, et M s'imposa. Je constatai alors l'existence d’une collection
abdominale occupant tout Thypogastre. Les organes géni-
PL De
taux externes sont bien conformes, mais le vestibule a un fond lisse sans aucune perforation. Par le toucher rectal, la tuméfaction bombe dans tout le petit bassin, mais par son pôle inférieur reste haute par rapport à la région vulvaire Dans l’espace compris entre la vulve et la tuméfaction, il n'existe trace d'aucun organe. Le diagnostic de rétention menstruelle par absence du vagin s'impose.
L'absence du vagin doit être partielle ; il a dû en exister un segment supérieur à cause de l’innocuité de l'ouverture accidentelle de la tumeur dans le rectum; la cavité péritonéale n’a pas été traversée par la collection lors de cette rupture qui a dû se faire à travers l’espace recto-vaginal.
L’indication opératoire est double : évacuer la collection; créer un vagin permettant l'écoulement utérin des mensirues et rétablissant une configuration génitale externe.
Voici le procédé que j'ai mis en pratique :
Incision en H dans le vestibule, les deux branches verticales sont taillées très longues et très en dehors sur la surface même des petites lèvres; l'incision transversale est placée dans le milieu. Les tissus sont refoulés dans la profondeur en commençant par l’incision tfansvérsale et en continuant le long des incisions verticales ; on avance peu à
/ peu dans du tissu conjonctif décollable; le doigt d'un aide, | placé dans le rectum guide ce décollement ; après 6 à 8 centimètres de ce décollement, on atteint la partie inférieure de la tumeur; on a, chemin faisant, refoulé deux lambeaux de la muqueuse vestibulaire qui tapissent une grande étendue du nouveau conduit. Dans la profondeur, au contact de la tumeur, le décollement est poursuivi sur la plus grande étendue possible de celle-ci, puis sa paroi est agrippée dans - une pince de Museux et incisée au bistouri ; la paroi estdure, longue à traverser; des caillots noirs et du liquide épais couleur de chocolat s'écoulent; l’incision est agrandie avec les ciseaux après évacuation de tout le liquide et de tous les caillots ; le puits vaginal est nettoyé et revu. Des points de
SNA LR
catgut en haut et en bas fixent le bord profond de chaque lambeau et la paroi du décollement.
Un gros drain est enfoncé dans la poche et amené assez loin hors de la vulve; des lambeaux de gaze bourrent l'espace compris entre le drain et les parois du décollement.
Une sonde de Pezzer est mise dans la vessie. Pendant les jours suivants, on fait des lavages par le drain avec de l'eau oxygénée diluée. Après 10 jours, régression complète de la tumeur.
18 jours après l'opération, la malade sort complètement guérie ; on lui recommande de prendre chaque jour des injections de manière à maintenir béant le trajet vaginal.
Les règles reviennent le deuxième mois après l'opération ; elles s’écoulent librement à l'extérieur et ne s’accompagnent pas de la moindre douleur.
Depuis cette époque, la malade m'a écrit; elle est mariée, ne souffre plus et paraît satisfaite de ses relations conjugales.
| | Obs. II. — Cloisonnement transversal duvagin (A. Paquet.
Société Obst. et Gynécol. Lille, 18 décembre 1913).
Femme âgée de 23 ans, entrée dans le service du Professeur Oui le 3 Décembre 1912.
l°' pare, réglée trois fois de 18 à 23 ans. A son entrée dans le service, elle présentait des contractions utérines extrêmement intenses et faisait de vains efforts pour expulser son fœtus. )
Le travail remontait au 1* Décembre à 22 heures. La poche des eaux s'était rompue le 3 à 5 heures. Présentation du sommet en GA. | ‘
Par le toucher, on cherche en vain le col utérin ; le doigtintroduit dans le vagin, on sent le cul-de-sac antérieur qui est assez élevé et profond. Suivant alors la paroi antérieure et après avoir décrit une courbe à concavité antérieure il aboutit dans le même cul-de-sac antérieur. On ne Perou donc ni
DRAM
cul-de-sac postérieur, ni col utérin. La femme est inise en position obstétricale, et les lèvres étant écartées, on constate que la paroi vaginale postérieure est comme refoulée en avant par la tête fœtale, profondément descendue et qu'elle se continue avec la paroi antérieure. Elle présente sur son trajet deux petits orifices situés l'un à droite et en avant, l'autre à gauche el en arrière.
Il s'agit donc d'un cloisonnement presque absolu de l'extrémité supérieure, créant un obstacle au passage du fœtus. |
L'intervention qui s'impose est des plus simples : section au bistouri de la cloison entre les 2 orifices. On sent alors au toucher l'orifice du col qui a la dimension d’une pièce de 5 francs.
La dilatation s'achève rapidement; et à 17 heures, l'épuisement de la femme nécessite une application de forceps.
Enfant vivant de 3600 grammes.
Obs. III. — Cloisonnementlongitudinal du vagin. (Vouters. — Soc. Obst. et Gynéc., Lille. 24 Mai 1911).
Mme X, 3 ans, entre à la Maternité le 10 mai 1911 à L'heure du soir. Poche des eaux rompue la veille à 2 heures ‘du soir. Le toucher montre que le vagin, dans une partie de son étendue, est divisé en deux parties par une cloison médiane allant de sa paroi postérieure à sa paroi antérieure. Cette cloison assez souple descend en bas jusqu'à 2 centimètres environ de la vulve et se tend en haut jusqu'à 8 centimètres de l'orifice vulvaire.
Estimant l'accouchement impossible dans ces conditions, je pose des ligatures au catgut sar la cloison et je la sectionne entre 2 ligatures.
Le fœtus est extrait vivant par une application de forceps ‘en O. P. et pèse 2100 grammes.
Délivrance normale.
Eee
Obs. IV. — Atrésie cicatricielle du vagin au lerme d'une grossesse, Dilacération. — Guérison. (R: Mercier et E. Vialle {de Tours). in S. Obsi. et Gynéc. Paris. Janvier 1906).
Le ? Février 1905, nous avons été appelés par unesagefemme qui ne pouvait terminer l'accouchement auprès de Mme D, âgée de 41 ans, repasseuse, accouchée pour la première fois en 1891 et qui dépuis n’a pas été examinée.
Les dernières époques remontent au 28 Avril 1904 ; les règles ont alors été très diminuées en quantité. Dès le mois de Mai, la malade se plaint de pertes blanches abondantes et consulte une sage-femme qui lui ordonne des injections de Permanganate de potasse. L'examen pratiqué à cette date Par celte sage-femme a été assez difficile, et le col n'a pu être atteint. è
La grossesse évolue normalement, et le 2 Février 1905 le
travail commence. La sage-femme Voyant apparaître les douleurs expulsives et ne Pouvant découvrir le col utérin, nous fait appeler, Un examen attentif nous permet de constater une alrésie cicatricielle totale, divisant le vagin en deux compartiments : Jun antérieur dans lequel l'index pénètre librement sur une longueur de 6 centimètres, la partie La plus profonde élant la supérieure; l’autre postérieur occupé par la poche des eaux et le sommet de la tête fœtale. SU.
La malade est transportée à notre clinique et sous le chloroforme, la dilacération digitale est pratiquée, un plan de clivage ayant pu difficilement être obtenu. Sur la ligne médiane de la paroi postérieure, l'ouverture est peu à peu agrandie, mais sur les Parties latérales, la résistance est beaucoup plus grande. Le forceps est appliqué en OIDT et une fille du ‘poids de 2.973 grammes est extraite vivante. Suites de couches normales.
Chez notre malade, la sténose Paraïît s'être produite sous