L. LOUVRIER
DES
DE IL'UTERUS
ke INTRODUCTION
Au cours de notre stage en chirurgie, dans le service de notre maître, M. le professeur Tédenat, nous avons eu l’occasion d’observer une série de rétro-déviations utérines, la plupart chez de jeunes femmes. Nous avons été frappé. de l'intensité des troubles qu’occasionnait une telle attitude vicieuse, et nous avons eu la satisfaction de constater jes heureux résultats de l'intervention chirugicale. Ces deux points, clinique et thérapeutique, nous ont paru très intéressants et nous ont incité à aborder un sujet déjà bien connu et pour lequel rien de nouveau ne peut être dit. Cependant, au point de vue clinique, l’accord ne paraît pas établi entre tous les gynécologues, pour déterminer la part exacte de la rétroversion dans l’apparitions des douleurs et troubles sympathiques. Au point de vue thérapeutique,
Mr Me la multiplicité des méthodes semble indiquer la faiblesse de chacune d'elles. En apportant iei le fruit de quelques observations, puisées dans le service de notre maître, nous avons l’intention de constater que:
1° Les rétro-déviations réductibles et mobiles sont douloureuses par elles-mêmes ;
2° La ligamentopexie donne des résultats satisfaisants et durables.
La douleur dans les rétro-déviations est contestée par certains. Mayer a pris la peine de faire une statistique de 3.500 cas de rétroversion. Il prétend que la rétroflexion non compliquée ne cause pas en général de douleurs, et par elle-même ne réclame pas de traitement. «€ Ce qu’il faut soigner, dit-il, ce sont les complications, et entre celles-ci localement au premier rang: le prolapsus, l'endométrite, l’entéroptôse, la constipation, les altérations phlegmasique des ligaments sacro-utérins. Parmi les complications générales, 1l faut traiter la chlorose, l’anémie, la neurasthénie, l’hystérie. Les résultats obtenus par la seule réduction de la déviation de l’utérus dérivent d’une action purement suggestive. »
Il est incontestable, comme le fait remarquer Tuffier, que toutes les rétro-déviations ne sont pas douloureuses. (IT en est de l'utérus rétro-fléchi eomme du rein mobile. Beaucoup en sont atteintes, peu en souffrent. »
Mais ce sont précisément celles qui souffrent qui se présentent au chirurgien, et il est remarquable de constater que bien souvent elles ne souffrent que par le fait de l'attitude vicieuse. Il n’est pas indispensable qu'elles aient de la pelvipéritonite, de l’annexite, de l’endométrite. Beaucoup sont de jeunes femmes sans enfant, sans blennorragie, sans altération du col. Picqué a alors invoqué la psychopathie et conclu à l’inutihté de l'intervention.
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Bien plus, dit-il, « l'intervention éveille des états cérébraux latents chez les hystériques et aggrave certains états hypocondriaques ». Cependant, en lisant ses conclusions, on constate qu'il élargit le champ de son sujet, et qu'aux déviations il ajoute les « déplacements utérins »; puis les exemples qu’il choisit sont tous pris parmi les eas de prolapsus. Il est vrai que la ptose de l’appareil génital est souvent associée aux troubles mentaux. Richelot la fait figurer, pour la plus grande part, dans les cas de psychoses post-opératoires qu'il a observés. Mais il refuse, à la rétro-version simple de sembläbles méfaits, sur la cons-
cience. Aussi bien il y en à parmi ces malades à rétro-dé. viations mobiles qui ont des idées noires, qui sont neurasthéniques. Mais «. une lésion douloureuse périphérique peut créer l’hypocondrie; dans ce cas l’hypocondrie est symptomatique et peut disparaître avee le foyer de la douleur. »
Les malades que nous avons observées n’ont pas de déplacement utérin, au sens large de Picqué. Nous avons limité notre sujet à la rétro-déviation, indépendant de l’effondrement pelvien, à celle qu’il faut chercher à travers une périnée intact et un vagin qui a sa tonicité normale. Chez les femmes qui ont accouché, il y a bien un peu de laxité, mais pas de prolapsus.
Chez toutes, les douleurs sont constantes ; chacune réagit avec son système nerveux, les unes criant leur douleur, les autres accusant une simple sensation de pesanteur au périnée et des troubles digestifs. Pour ces seules manifestations douloureuses, l'affection mérite un traitement énergique. Mais il y a plus ; et nous dirons avec Pozzi:\« qu’elle erée, pour l’organe déplacé, une vulnérabilité particulière, résultant de troubles circeulatoires, par augmentation de la tension veineuse et par les altérations nutritives qui peu-