LORS
Je l'ai retiré chez une jeune fille de vingt-quatre ans, soignée depuis longtemps pour un catarrhe purulent avec carie osseuse,
Mademoiselle X... vint à ma consultation il y a huit jours, se plaignant d’avoir une mauvaise odeur dans le nez et de moucher du pus du côté gauche. La respiration de ce côté était impossible, et la malade venait me prier de l'examiner, pour voir s'il n'y aurait rien à faire.
L'interrogatoire m'apprend que depuis deux ans environ, la narine s’est bouchée et qu’une sorte de coryza purulent s’est déclaré, sans qu'aucun remède ait pu l’enrayer. Pas de douleurs dans le nez, pas de maux de tête, pas de névralgies réflexes, aucun symptôme douloureux, sauf cette gêne respiratoire et cet écoulement purulent dont j’ai parlé.
À l'examen, je vis tout d’abord la muqueuse de la cloison et du cornet très rouge, très hypertrophiée, granuleuse venant au contact l’une de l’autre et adhérentes par place l’une à l’autre. Le méat inférieur était rempli de pus fétide. Avec un stylet j'explo= rai tous les points de la muqueuse, cherchant un passage jusqu'aux choanes, Je trouvai le méat inférieur libre, mais le méat moyen était absolument obstrué par des adhérences muqueuses et par un corps dur, criant sous l'instrument, masqué sous la sécrétion, enseveli au milieu des granulations et absolument immobilisé par des bourgeonnements muqueux qui le sertissaient de toutes parts.
Après application de cocaïne pour permettre un examen plus minutieux, je vis qu'il s'agissait d’un gros rhinolithe, enclavé en dehors sous le cornet moyen, et en dedans emplissant une concavité due à la déviation de la cloison, déviation probablement formée par la pression exercée par l’accroissement du rhinolithe, et qui correspondait à une convexité dans la fosse nasale droite.
Au moyen d’une petite cuiller mousse, spécialement destinée à cet usage, j'exerçai des poussées de haut en bas et de bas en haut, pour arriver à désenchâsser le corps étranger et àle mobiliser ; puis, à l’aide d’une curette coupante, je le débarrassai de toutes les adhérences muqueuses qui l’étreignaient. Enfin, par des trac-