‹ Contribution à l'Étude des RhinolithesChapitre 10 sur 36 · RASE ER · texte numérisé non relu

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où se trouvait une sorte de matière croûteuse, allongée dans le sens antéro-postérieur, ressemblant à un petit caillot sanguin desséché autour duquel se développe l’incrustation calcaire.

Le malade fit pendant quelques jours des injections d'eau boriquée et revu tout dernièrement il m'a affirmé avoir sa gorgeen. meilleur état. La sécrétion naso-pharyngienne à presque tout à fait disparu.

Les deux fosses nasales sont normales.

Voici maintenant le résultat de l'examen clinique pratiqué par

M. le professeur agrégé Denigès qui m'a remis la note suivante :

Analyse clinique.

Poids de la matière remise 0 gr. 937,

COMPOSITION CENTÉSIMALE.

EN AE ER AN PT TP SE PEER NL UE Phosphate tricaltique 2 7200 nas Deaiae 2 )t 42,55 Phosphite magnesie ne ua eurent del. 1.40 CHUTES ARR ATE RE CRE ere ta 2e traces x 22.05

Matières o1paniquese "tu 00 8e 002 «5e eee ae Traces de carbonate de chaux.

L’examenhistologique a été fait par M. Sabrazès, chef du laboratoire des cliniques de la Faculté de Bordeaux, qui nous a remis

la note suivante.

« La rhinolite soumise à notre examen, avait le volume d’une

aveline, Elle était oblongue, de couleur gris-noirâtre à la périphérie qui présentait quelques inégalités peu marquées ; en aucun point ce calcul n’était ni mamelonné ni hérissé non plus que lisse

et lustré.

La coque était très mince, pulvérulente par le raclage qui déta-

chait des ‘particules phosphatiques mélangées de pigment héma-

tique.

À la coupe, masse blanchâtre, compacte, finement grenue, rappelant un peu le tissu de Ja chataîgne. Stratification apparente, mais sans régularité dans sa superposition. Ces diverses parties traversées de stries jaunes ou brunâtres ont une consistance uniformément dure, non élastique ; on les pulvérise finement par le grattage, elles s’effritent partiellement lorsqu'on les baigne longuement dans un liquide.

D'autres fragments ont été ramollis par la solution saturée d'acide picrique, lavés à grande eau pendant vingt-quatre heures passés par les alcools, colorés en masse au picro-carmin et montés dans la paraffine.

L'’exploration de la totalité du calcul n'a pas décelé la présence d'un corps étranger.

Sur les coupes microscopiques colorées en rouge vif par le carmin, on ne voit à l'œil nu aucune disposition nettement concentrique des couches composantes dont les contours sont très irréguliers.

A un faible grossissement blocs anhistes représentant les concrétions disposées côte à côte, ou bien anastomosées entrecoupées de bandes à distribution irrégulière. Par places, lames sinueuses formées de lamelles concentriques vivement colorées au point d’adossement, étroitement emboitées. Tous les ponts de sels phosphatiques jetés pêle-mêle ne présentant aucune trace d'éléments cellulaires. Quelques-uns sont creusés de petites lacunes ovalaires plus nombreuses et rapprochés, hyalines réfringentes ressemblant à des vésicules graisseuses. Ces trainées salines circonscrivent des espaces ronds, ovales ou encore canaliculés plus ou moins voisins, parfois comme caverneux; ils sont vides ou remplis d’une substance grenue jaune brunûtre.

Le pourtour-du calcul a la même structure, maïs sa teinte brune est due à des dépôts de pigments hématiques.

À un fort grossissement on constate que la substance phospha-

tique de cette rhinolithe est ça et là orientée par rapport aux ilôts S A à F Q . Q # .

jaunâtres granuleux légèrement fibrillaires munies de longs diverticules à contenu identique.

Ces ilôts ont, à première vue, l’aspect de vieux foyers hémorragiques. Ils sont sur les préparations du picro-carmin, jaunes brunâtres, granuleux aréolaires.

Les aréoles sont limitées tantôt par des travées salines, tantôt par des fibrilles fibrineuses. Celles-ci semblent diriger le processus d'imprégnation par les sels de chaux et de magnésie,

Dans ces aréoles on trouve : 4° de petits amas pulvérulents, jaunârres, très denses constitués par de la fibrine granuleuse ; 2° des corpuscules de pigment hématique à divers degrés d’évolution ; 3° des cristaux typiques d'hématoïdine. Ces éléments tranchent sur un fond coloré en jaune par l’acide picrique.

Des préparations ont été traitées par la méthode de Weigert.

Les granulations et quelques fines travées se colorent en violet pâle par cette méthode. Au milieu de cette zone fibrineuse se trouve une prodigieuse quantité de microbes variés, microcoques, ‘bacilles de toutes formes, tassés en colonies ; on les dépiste dans tous les canalicules qui sillonnent la rhinolithe et même jusque dans l’interstice des stratifications phosphatiques.

En résumé, cette rhinolithe est un mélange de détritus hémorragiques et de zones phosphatiques. Les premiers représentés par de la fibrine granuleuse et fibrillaire envahies par un grand nombre de micro-organismes semblent avoir présidé à l'évolution du calcul:

Ce fait explique l’irrégularité extrême des stratifications qui découpent dans tous les sens le caillot primitif sur lequel sont venus se concréter les phosphates de chaux et de magnésie qui

composent la rhinolithe.

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