OBSERVATION GRADENIGO
Annales des maladies de l'oreille, du larynx, du nez et du pharynx
Il s’agit d’une femme âgée d'environ trente ans, souffrant depuis une dizaine d'années de douleurs de tête intenses, surtout dans la région frontale, qui ont résisté jusqu'alors àtous les modes de traitement. |
Dans ces derniers temps les douleurs augmentèrent, et se
propagèrent du front aux oreilles et à l’occiput; le nez ne présentait aucun symptôme subjectif particulier, à part une abondante sécrétion de la narine droite.
L'examen objectif révèle une obstruction complète de cette narine, causée par une masse de granulations provenant de la région moyenne du cornet inférieur et moyen ainsi que de la portion correspondante de la cloison. \
À l’aide du spéculum mis au contact des granulations qui donnent aisément issue à du sang on découvre la présence d’une masse pierreuse., La cocaïnisation ne fait gagner que peu d’espace pour la vue; on ne réussit, par un examen attentif, qu'à
découvrir que le corps dur présente une surface convexe et qu'il est coloré en noir.
Au moyen des pinces on ne réussit à extraire qu'un fragment
de substance dure, noirâtre, friable, mais on n’a aucune prise sur
la masse principale eton doit bientôt renoncer à se servir de l'instrument, car on s'aperçoit que le corps étranger est repoussé plus en arrière par les pinces.
C’est seulement à la deuxième séance et à l’aide des crochets boutonnés introduits entre la masse et les paroïs nasales jusque derrière celle-ci que l’on réussit par d'assez fortes tractions à mobiliser le corps étranger de la masse granuleuse dans laquelle il est renfermé et à l'extraire. |
Depuis l’ablation, la malade ne ressent plus ni maux de tête ni écoulement purulent. : \
Le corps étranger semblait être un calcul. Dean aimable-
ment pratiqué par notre confrère le Professeur Carbone lecteur
à l’ hôpital Moricien de Turin donna les résultats suivants.
Le calcul a une forme régulièrement conique, sa base est convexe ; sa surface présente de légères aspérités. Il est formé d'un noyau central recouvert d'une mince écorce de couleur verdâtre ; aux endroits où celle-ci est déchirée on aperçoit le
noyau couleur de liège ; en sciant le calcul dans son axe principal on constate qu'il est composé d’un noyau de cerise, recouvert de: sels inorganiques. L'analyse qualitative de l'écorce nous a fait
connaître qu’elle renfermait du carbone et du phosphate de magnésie avec des traces de fer.
On remarquera que la malade ne se souvient nullement à quelle occasion ce noyau de cerise peut avoir pénétré dans sa fosse nasale; selon toute probabilité cette pénétration est survenue dans l’enfance ou dans la première jeunesse.
à OBSERVATION RIPAULT
Annales des mal. de l'oreille, etc., 1895, XXI ; p. 520.
La — Marie, huit ans se présente à la consultation du Dr Gougenheim pour obstruction de la narine droite.
Il est en effet facile de constater que la narine droite est beaucoup moins perméable que la gauche, elle est de plus le siège d’un écoulement muqueux plutôt que franchement purulent. |
À la rhinoscopie antérieure, on aperçoit à deux centimètres à peine du vestibule, un corps grisâtre, irrégulier, très allongé dans le sens antéro-postérieur, reposant sur le plancher et remplissant l’espace qui sépare la cloison du cornet et du méat inférieur. - v
Au stylet sensation très nette de dureté et rugosité ; à peine de mobilité.
Muqueuse du voisinage normale.
Le corps étranger, à cause de son volume considérable, ne Eire être extrait ; on commence par le broyer à plusieurs reprises avec une pince nasale et on extrait ainsi plusieurs fragments ;
puis la tumeur réduite et devenue mobile est accrochée par der-
rière avec un crochet mousse et attirée en avant ; à l’aide de la pince on peut enfin saisir le calcul et l’amener au dehors en forçant un peu le méat nasal ; hémorragie médiocre.
Le stylet et la vue permettent de constater alors une fosse nasale tout à fait normale.
Le calcul sectionné à la scie permit de retrouver à son centre un noyau de cerise, qui avait été introduit dans la narine depuis plusieurs années ; car l’obstruction nasale remontait à une date déjà fort éloignée. ;
| CONCLUSIONS. à Re
4° La rhinolithiase est une affection moins rare qu'on 1 SA
ne le croyait autrefois. Par suite de la vulgarisation | GTS dela rhinoscopie, les observations se sont multipliées et de soixante-dix qu’on en comptait en 1894, leur nom-
bre atteint aujourd’hui cent cinquante environ. à 2Nous ne croyons pas nécessaire de conserver la division en rhinolithes primitifs etsecondaires, persuadé que nous sommes de la nécessité d’un noyau quel- | Ke conque(corps étranger, mucus concrété, amas micro- a bien, etc.) comme point de départ de la précipitation LL Ë à des sels minéraux contenus dans le mucus nasal et dans ch les larmes. : 14 ? Quant à la cause de cette précipitation, nous pensons ‘440
qu’il faut l’attribüuer aux facteurs suivants : 1 2