‹ Contribution à l'étude des rosacées-prunées-amygdaléesChapitre 113 sur 149 · CHAPITRE XLIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLIV

HEMIPTERES — HOMOPTERES

APHIDES OU PUCERONS

PUCERON NOIR DES ARBRES A NOYAUX ou PUCERON NOIR DU PÊCHER

Anuraphis persicæœ FoNsc. var. Aphis ou Anuraphis amygdali THEOB. Aphis cerasi SCHR., Brachycaudus amygdali V. de G., Anuraphis-niger persicæ SMITH, Anuraphis prunicola KALT, An. prunavium NEWKY,

Le puceron noir du Pêcher, se rencontre sur toutes les Rosées-Prunées et Amygdalées de l'Ancien Continent. Il existe une variété américaine de puceron noir : Anuraphis persicæ-niger, (ainsi baptisé, dans le Nouveau-Monde, par SMITH), que l’on rencontre dans la vallée du Rhône et sur la Côte-d’Azur, depuis l’an 1933.

A l'inverse de ceux d'Europe ce puceron américain semble affectionner plutôt les racines et le collet des arbres à noyaux, que leur feuillage. Mais les uns et les autres se montrent néfastes à tous ces arbres fruitiers de la famille des Rosacées-Prunées-Amygdalées, des deux continents, dès le retour du printemps : aux Pêcher et Prunier principalement.

Les adultes, comme on sait, différent, selon le sexe, par la présence ou l’absence d'ailes : les mâles sont ailés et les femelles sont aptères. Les premiers, qui ne sont point uniformément noirs, ont la tête et le thorax de cette couleur, mais l’abdomen est de ton orangé avec des bandes transversales de ton plus sombre, et des antennes enfumées alors que les cornicules ét la queue sont de ton brun. (Fig. 100, 102, 103).

- es DAS | Ps 28 Lu

Planche XVIII

PARASITES DES PECHERS : Hémiptères (Aphides)

HOMOPTERES-APHIDIDES : Pucerons

PUCERON du PECHER PUCERON VERT du PECHER (puceron noir )

Anuraphis persiczæ (aptère)

, 2 { la ÉROPRCES Pere R MEN Hyslopterus arundinis F.(fem.sexuee)

Fig. 100 Fig. 101 PUCERON NOIR du PECHER

Aphis persicæ FONSC.

- Adultes:1)ailé;2 )aptère Fig. 102-103

PUCERON du PECHER & de Ll'AMANDIER

Mysodes persicæ (fondatrice)

Anuraphis persicæ F.

= Aphis cerasi d'apres BALACH.& MESM.

Fig. 104 Fig. 105

Les antennes — sensiblement égales à la longueur du reste du corps — sont pourvues de sensoria sur les troisième et quatrième articles : on en peut compter, jusqu’à 25 ou 30, sur le troisième et une dizaine sur le quatrième; chez les femelles, les cinquième et sixième articles sont enfumés, tandis que le reste est de ton jaune, avec une zone plus claire sur la cuticule. La queue, courte et arrondie, est de ton sombre. L’ensemble est de ton brun-noir ou chocolat foncé, avec des bandes jaunâtres ou blanc ivoire qui sillonnent le corps.

Les femelles aptères ont un corps plus globuleux que les mâles : elles mesurent 2 mm. 5 tandis que les seconds ne dépassent pas 2 mm.

Sur ces arbres on voit apparaître, dès le printemps venu, les premiers de ces Aphides ailés, tout autour des bourgeons, où de pratiques fourmis les ont transportés pour s’en servir, comme de « vaches à lait » ou plutôt de « vaches à miellat »… Les insectes aptères se contentent du collet des racines, qu’elles parasitent, à l’abri des tunnels édifiés par les mêmes fourmis. Les feuilles ne tardent point à recevoir la visite de ces miniscules bestioles, qui demeurent, en colonies nombreuses et affamées, à la face inférieure de l’organe : cellesci se boursouflent, se couvrent de cloques et se roulent en paquets, sous l’action de toutes ces multiples piqûres, ce qui entrave fort leur développement.

La chute de ces feuilles ne se produit point avant l’année suivante, mais les pousses restent stériles et affectent la forme dénommée : « tête de saule ». Fréquemment l’on voit des Scolytus rugulosus, succéder aux pucerons sur ces branches de Prunus ainsi affaiblies, tandis que les premiers auteurs des dégâts ont déjà émigré sur les Cardus et autres synanthérées des environs. On ne rencontre jamais d'œufs d’hiver sur les Prunus, bien que ce soit là la forme hivernante de ces sortes d’Aphides.

PUCERON VERT DES ARBRES A NOYAUX ou PUCERON VERT DU PÊCHER

Hyaloptérus arundis F. var.

Hyalopterus persicæ et pruni F.

. Cet Aphide se rencontre sur tous les arbres à noyaux du monde entier. Les Pruniers, Pêchers, Abricotiers, Amandiers sont fréquemment atteints en France, dans la vallée du Rhône et sur la Côte d'Azur; on cite l’année 1934, comme l’une des plus funeste, aux Prunus de la région parisienne du fait de l’attaque massive de ces parasites.

Sa biologie est encore assez mal connue, malgré de nombreuses études des Entomologistes, de divers pays : BALAKOWSKY (1932), GAUMONT (1922) et NEWSKY qui se sont attachés, jusqu'ici, à l’élucider sans y parvenir complètement. Comme tous les aphides, les mâles sont ailés et les femelles aptères : seules les femelles sont de tonalité vert-amande, assez pâle, avec pruinosité fa- - rineuse et blanchâtre, sur un corps de forme allongée et ovale, des yeux rouges et de longues antennes (égales à la moitié du corps) et de courtes cornicules (à peine la vingt-cinquième partie). Les mâles ailés n’ont de noir que le thorax et la tête : l’abdomen est de ton vert-clair et pâle, tandis que sur les trois-quarts de leur longueur, les antennes sont sombres. On remarque une douzaine de sensoria sur le troisième article, sensiblement plus long que le processus terminalis. (Fig. 101). :

Dès le mois de mars, l’on peut rencontrer les fondatrices de ces Aphides sur les premiers bourgeons de Prunus, mais ce n’est pas avant la deuxième quinzaine de mai qu’on voit apparaître les femelles aptères, sur le tronc et les rameaux dont elles tentent l'escalade ! Les feuilles piquées se recroquevillent, tandis que leur

limbe s’épaissit et se décolore prématurément, avant de chuter sur le sol. Les fruits en font, souvent, autant avant leur maturité, sous l’attaque, et les piqûres de ces redoutables suceurs de sève; qui pulluent tout le printemps et une partie de l’été, en colonies nombreuses et affamées... qui émigrent pourtant, pour un temps, pour de frêles Roseaux et autres Graminées des environs. Les femelles sexupares, réintègrent, pourtant, vers la mi-octobre, les parties souterraines des Prunus, pour y effectuer leurs pontes, sans se soucier des autres organes aériens de l’hôte. Ce n’est en effet que sur le collet et les racines de ces arbres qu’on peut rencon-

trer les œufs d'hiver de ces parasites (forme ‘hivernante de l’espèce). Selon BALAKOWSKY, « l’envahissement des Prunus se fait par migration des aptères au printemps, et non par dépôt des colonies par les ailés : il y a tout lieu de croire que les œufs sont déposés sur les parties souterraines des plantes ».

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