CHAPITRE L
LES PYRETHRES & LES PYRETHRINES
Les Pyrèthes appartiennent à la vaste famille des Synanthérées :
Les trois plus employées comme insecticides sont :
Les Pyrèthres de Dalmatie : Pyrethrum cinerarifolium.
Les Pyrèthres rosés : Pyrethrum roseum.
Les Pyrèthres carnés : Pyrethrum carneum.
Ces plantes, originaires du Caucase, sont cultivées surtout dans les Balkans, mais elles poussent fort bien en Europe et en Afrique du Nord. En France quelques agriculteurs intelligents commencent à cultiver ces plantes intéressantes à plus d’un titre, notamment dans la Drôme : Canton de Suze-la-Rousse, près de Tulette. On les cultive, aussi, dans le Vaucluse et dans l'Hérault.
Depuis le xix° siècle on les utilise comme insecticides. On connaît les travaux de l'Américain GNADINGER sur les « Pyrethrum flowers » et ceux de A. JUILLET, qui font autorité en France.
C’est le Japonais YAMAMOTO qui a signalé, le premier, l'existence, dans les canaux sécréteurs et poils glandulaires de ces plantes, d’Oléo-résines, auxquelles fut attribué le nom de Pyréthrines.
Peu après, deux chimistes suisses : STAUDINGER et
RUZICKA, y découvrirent deux types de Pyréthrines, dérivées de la Pyréthrolone : la Pyréthrine À et la Pyréthine B (ou acides chrysanthémiques mono & bicarboniques).
La valeur insecticide des poudres de Pyrèthres dépend de leur teneur en Pyréthrines. Elle varie avec l'origine des fleurs et leur état de maturité. D’après A. CHE- VALLIER cette teneur oscille entre 2 et 5 gr. par kilo de fleurs sèches. Les fruits de pyrèthres seraient plus actifs que les fleurs selon de récentes expériences. 6
Depuis lors des communications intéressantes ont paru, sous les signatures de divers auteurs, tels que CHEVALLIER, J. RIPERT et ROBIN. « Quand on parle du Pyrèthre, déclare ce dernier, 2 est utile de préciser s’il s’agit de produits liquides ou pulvérulents ». Il serait sans doute, utile de préciser aussi leur teneur en principe actif, car on trouve dans le commerce .des produits dans l’activité insecticide est bien problématique, sous forme de poudres, extraits, émulsions et même de savons insecticides... ces derniers étant totalement à rejeter comme représentant une hérésie chimique !
Les solutions alcooliques de Pyréthrines sont peu stables et sont, d’ailleurs, fort peu usitées. Une bonne formule, consiste à faire dissoudre, dans 10 litres d’eau de source, 3 kgr. de Savon, puis à ajouter 1.500 gr. de poudre de Pyrèthre et compléter avec de l’eau froide, pour obtenir 1 hectolitre de bouillie. Ces émulsions doivent être préparées, au moment des besoins, peu de temps avant de S’en servir sinon elles perdraient de leur efficacité.
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Action des Pyréthrines, sur les végétaux, sur les animaux à sang chaud et à sang froid : Les Pyréthrines et les poudres qui en renferment sont extrêmement toxiques, pour les animaux à sang froid, tels que les Insectes et les Poissons : il suffit d’une quantité infime de
1/20.000° à 1/10.000° pour tuer un insecte. Par contre elles sont sans effet sur les animaux à sang chaud (vertébrés) ainsi que sur les végétaux. Leur toxicité s'exerce en raison inverse de l’ascension des divers êtres dans l’échelle animale.
Mais cet insecticide parfait et inoffensif pour les opérateurs et les consommateurs présente quelques inconvénients. M. le Professeur A. GUILLAUME nous les signale dans son livre sur les « Ennemis des cultures : Procédés des destructions », à propos de cet insecticide. Il leur reproche, entre autres choses » : a) iné-. galité d'action selon le procédé d'extraction des pyréthrines; stabilisation mal assurée de ces préparations; décomposition rapide en milieu alcalin et en solution aqueuse; b) méthodes de dosage chimique et biologique non officiellement standardisées; c) prix élevé : d’où insecticide coûteux par rapport à la Nicotine et aux arsenicaux, dont la stabilité est infiniment supérieure.