‹ Contribution à l'étude des rosacées-prunées-amygdaléesChapitre 35 sur 149 · C3 HR · texte numérisé non relu

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RÉGION PARISIENNE ,ET SÉQUANAISE. — Dans la région parisienne, on peut cultiver le Pêcher en plein vent, ou en espalier. C’est ce dernier mode de culture qui est le plus souvent adopté, surtout aux environs immédiats de la capitale : à Montreuil en particulier.

Dans cette coquette commune de la banlieue parisienne,

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la culture du Pêcher remonte, au moins au xv° siècle; elle n’a fait que se développer depuis... notamment sous le Règne du Roi-Soleil.

La culture du Pêcher en espalier carré, date de l'an 1825 : elle fut imaginée par Ch.-Et. BAUSSE, et cette forme est venue compléter, fort opportunément la méthode dite « de Montreuil »… Méthode à laquelle le grand arboriculteur Alexis LEPÈRE, réussit à donner une extension scientifique perfectionnée dont la renommée s'étend sur le monde entier.

À Montreuil et dans la région de Thomery et de Conflans-Sainte-Honorine on cultive les Pêchers sur une vaste échelle, soit en espaliers, soit en plein vent, seuls ou mêlés à d’autres essences fruitières telles que : cerisiers, abricotiers, pruniers, etc On les sélectionne parmi les variétés les plus fertiles et les plus rustiques et on les conduit en forme de buissons ou de demi-tiges, sur les côteaux bien exposés de l’Ille-de-France, ou dans des clos particuliers.

Disons à ce propos que, vers 1908, on évaluait, déjà, à 1.000.000 de mètres carrés la surface des murs d’espaliers des pêchers de Montreuil, occupant une superficie de 500 hectares (selon Ch. BALTET).

Ce sont, bien entendu, les expositions de l’Est et du Sud-Est qui sont les plus recherchées, comme étant les plus favorables aux Pêchers. Viennent, ensuite, les expositions du Couchant et du Midi, bien que dans les” deux cas, elles ne soient pas sans inconvénients : au:

couchant les arbres sont exposés aux pluies de prin-

temps (favorable à la cloque) et au Midi, il y a toujours quelques fâcheux coups de soleil à redouter.

Te, comme ailleurs, le choix du terrain n’est point négligeable. En sol humide et dans ee vallées brumeuses, on greffera sur Pruniers.

Dans les sols caillouteux et silico-argileux, à soussol calcaire, mieux vaut greffer sur Amandier amer (c’est le cas de la région de Montreuil). On sèmera les

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noyaux en pépinières (après stratification — en milieu sablonneux et léger —) sinon on repiquera en pépinière, au mois d’avril et on pourra écussonner les plants la même année, en août-septembre.

Les plantations seront faites, en terrains sains et convenablement préparés, dès l'automne — vers novembre — pour les sujet greffés sur franc ou sur amandiers. Il est préférable de planter, au printemps seulement, les sujets greffés sur pruniers, ou qui doivent vivre en sols humides. Dans les formations en espalier, la distance entre deux branches de charpente, peut varier de O0 m. 75 et 1 m. 50 (formes obliques simple ou double) à 1 m., 1 m. 50 et 2 m. (en palmettes à 2, 3 et 4 branches).

La taille de première année de plantation, ne sera point négligée, car il est essentiel que le Pêcher soit taillé et rabattu l’année même de sa plantation. La taille de prolongements, destinée à former la charpente, par les coursonnes, est une opération indispensable. Quant à la taille fruitière, destinée: à provoquer, chaque année, le départ de pousses nouvelles et des rameaux de remplacement, il sera bon, d’avoir recours à des spécialistes avertis, qui ne confondent point les divers rameaux entre eux : rameau à bois, rameau anticipé, rameau gourmand, rameau mixte, rameau chiffon, bouquet de mai, branche coursonne et bouton à fleur. En temps opportun, au cours de l'été, les rameaux fruitiers devront subir quelques opérations indispensables : ébourgeonnement, pincement et taille en vert, suivi du pellissage en vert.

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. Quelques soins culturaux supplémentaires sont, ici, nécessaires pour les Pêchers conduits en espalier : à l'époque des gelées blanches du printemps, quelques abris seront précieux, pour préserver les fleurs si précoce des Pêchers, mais il faut les supprimer pendant

l'été. -

Un paillis est nécessaire afin de maintenir une fraicheur opportune et constante autour des arbres et le pied de chacun d’eux devra être mis à l’abri des coups de soleil, éventuels, par une tuile ou une planchette de 0 m. 10 sur O0 m. 40 de haut.

L’éclaircissage des fruits est, aussi, une opération indispensable : elle peut commencer dès que les jeunes pêches atteignent la grosseur d’une cerise, mais on ne doit la terminer qu'après la formation du noyau, car c'est à ce moment-là que survient la chute spontanée de ces fruits, dans une assez notable proportion.

Des bassinages, pratiqués après le coucher du soleil, à l’aide d’une seringue, sur le feuillage, ont de bienfaisants effets sur la végétation et favorisent le développement des fruits, ainsi que leur coloris. Ils contribuent à l'éloignement des araignées rouges, qui n’aiment guère l’eau. Enfin l’effeuillage, à l'approche de la maturité permettra aux fruits de se parer d’une belle couleur vermillon, sans crainte de fâcheux coups de soleil, si l'opération est pratiquée, en deux ou trois fois, le soir, et en temps opportun.

Les fruits seront cueillis le matin, dès que la rosée est dissipée, un peu avant maturité complète, surtout s'ils doivent être transportés au loin; mais un transport supérieur à huit jours leur serait funeste, même dans des cajots appropriés : la pêche étant l’un des fruits de qualité qui supportent mal aisément le transport à distance. Exception faite, toutefois, pour les Pêches- Pavies.

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Dans notre région parisienne on cultive, principalement les variétés très hâtives ou très tardives, qui risquent moins d’être concurrencées par les pêches exotiques ou en provenance d’autres régions.

Parmi les premières, on doit citer, par ordre de maturité :

Amsden, Précoce de Hale, Grosse Mignonne hâtive.

RSA Parmi les secondes, citons : La France, Galande, Grosse Mignonne ordinaire, Alexis Lepère, Belle Beausse, Belle H. Pineau, Belle Impériale, Belle de Vitry, Vilmorin, Bonouvrier, Blondeau, Téton de Vénus, Che-

vreuse tardive, Baltet, Opoix, Salvey et Reine des Vergers.

Citons, enfin, parmi les Brugnons et les Nectarines : Early Rivers, Précoce de Croncels, Elruge, Lord Napier, Violet musqué et Galopin.

Comme on le voit la variété des pêches de qualité cultivées et récoltées dans la région parisienne, surtout parmi les espèces tardives, offre un certain choix aux amateurs, qui trouvent ainsi, s'ils sont parisiens, des fruits sains et fraîchement cueillis, au moment même, où les pêches sont les plus rares sur le marché parisien.

Dans la RÉGION SÉQUANAISE, tout autour de Paris et au nord de la capitale, on pratique la culture du Pêcher, par forçage.

Dans le département de la Seine-et-Oise, il y eut, naguère, de nombreuses « forceries de Pêchers », il n’en subsiste que quelques-unes aujourd’hui, notamment à Rueil, à Nanterre et près de Montfort-l’'Amaury, à Villiers-Saint-Fréderic.

Contrairement à ce qu’on pourrait, normalement, supposer, ce n’est pas dans le Midi, aux vastes luminosités, si néfastes aux cultures sous verre, que sont installées les forceries de fruits, maïs dans les régions du Nord, aux climats humides et brumeux, où les variations atmosphériques, brusquées sont moins à redouter et, où la période de repos de la végétation est plus prolongée.

Cette pratique de culture forcée date du temps de l'Empire romain. Pendant longtemps elle fut l’apanage des seuls potagers et vergers princiers, de plus ou moins

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