LE ROT-BRUN
dû au Monilia ou Sclerotinia cinerea, S. america WORM. |
Ce champignon parasite, qui fréquente tous les arbres fruitiers à noyaux, se rencontre sur divers organes du sujet qui nous intéresse : rameaux, pousses, fleurs et fruits. Ce sont surtout les fruits mûrs qui sont les plus frappés. En Europe l'espèce la plus fréquemment rencontré est le Sclerotinia cinerea, var. Scl. pruni, WORM, tandis qu'aux U. $. A. c'est le Scl. americana.
Sur les rameaux et les feuilles c'est la forme conienne du parasite qui est la plus souvent rencontrée. Il pénètre ordinairement, par une feuille ou par une fleur, dans le rameau, parfois par le fruit encore vert, d’où il gagne la pousse et le reste des tissus dont il provoque la mort à plus ou moins brève échéance. De là peuvent partir les conidies qui infecteront l’arbre l’année suivante.
Sur les branches âgées on constate que l'infection gagne peu à peu tout le pourtour de l’organe, sous la forme classique de chancres valvaires, d’où partiront, plus tard, des spores... aptes à infecter les organes voisins.
Au printemps ce sont les organes floraux qui seront frappés, concuremment avec les gelées de cette saison critique, et qui ne tarderont pas à se flétrir et dépérir : c’est ce que les Anglais dénomment : « Blosson wilt »… les Américains, également.
Quant aux fruits, il n’est pas rare de les voir envahis, dès leur apparition, surtout par temps pluvieux, si
Lo
favorable à l'extension du parasite. Les fruits mûrs sont les plus atteints, dans les mêmes conditions d’humidité : favorables à leur éclatement prématuré ou à l’attaque d’autres parasites animaux.
On remarque sur les fruits, mûrs ou verts, une tache arrondie, de ton brunâtre, qui gagne rapidement en largeur et en profondeur, jusqu’à envahir l’ensemble tout entier. Les tissus internes malades sont ramollis et de même ton brun, puis apparaissent, en surface, des conidies grisâtres, en touffes nombreuses, qu’il ne faut pas confondre avec celles du Sclerotinia fructigena, qui sont fauves. (Fig. 50.).
L’infection se fait d’une année à l’autre et d’un sujet malade à un arbre sain par les conidies des fruits momifiés et persistants sur les rameaux ou par les apothécies, qui abondent sur les fruits parasités et pourris, qui jonchent le sol, si l’on n’a la précaution de les ramasser et de les incinérer, en temps opportun. Comme ces organes de reproduction, se développent principalement en terrains humides et que leur maturité coïncide avec la floraison des arbres qui nous intéressent, ici, il est aisé de se rendre compte de l'importance des traitements anticryptogamiques à metfre en œuvre.
Contre les formes hivernales du parasite, on agira sagement en incinérant ou en enfouissant Les fruits momifiés, tombés ou demeurés sur l’Arbre. Contre les formes printanières et estivales, on aura recours à la bouillie bordelaise simple, en mars, avant le départ de végétation, puis, à la bouillie bordelaise composée (Wicotinée ou arséniée) dès l’étalement des premières feuilles, en avril. Un troisième traitement sera indiqué en cas de temps humide, à la fin du printemps ou au début de l'été, contre la « pourriture des fruits (V. Calendrier).