‹ Contribution à l'étude des rosacées-prunées-amygdaléesChapitre 94 sur 149 · CE · texte numérisé non relu

CE

SCOLYTE DU PRUNIER

Scolytus ou Eccoptogaster pruni RATZ. Scolytus pyri R. Scol. mali BECHST. Scol. castaneus RATZ. Scol. nitidulus, CHARP.

Ce Scolyte moyen est plus développé que les autres : il mesure 3 à 4 mm. L'ensemble est de ton brun, brillant et de forme bombée, avec des élytres marron-foncé, peu luisants et ornés de stries nombreuses. Ses deux premiers segments abdomiraux font entre eux un angle obtenu, qui le distingue des autres espèces. On les rencontre pendant tout l’été (de juin à octobre) sur les arbres fruitiers de la famille des Rosacées-Pommées et Prunées : pommiers, poiriers, cognassiers, sorbiers, aubépines; abricotiers, cerisiers, pêchers, pruniers, etc... où ils nidifient dans le tronc et dans les branches maîtresses des arbres dépérissants. (Fig. 63-64.)

La femelle de ce Scolyte, aussitôt fécondée, perfore l'écorce de l'hôte, et se creuse entre l’écorce et le bois, une « galerie de ponte », où tout en cheminant, elle dépose ses œufs, par petits paquets, de place en place. Les jeunes larves, qui en résultent, s'empressent de se creuser à leur tour, des galeries alimentaires, tout d’abord perpendiculaires à celle de la mère, mais qui peu à peu, vont en s’éloignant, et en s’élargissant au fur et à mesure de la croissance de la larve : celle-ci passera l’hiver dans une logette arrondie ou au printemps suivant elle effectuera, tranquillement, sa nymphose... et d’où, au début de l'été, surgira l’insecte adulte... pour recommencer le cycle. et ses déprédations.

Les galeries larvaires, sont assez peu marquées sur les organes des arbres en pleine sève, comme si celle-ci constituait un obstacle ou était une sorte de répulsif

pour les larves. Au contraire chez les sujets dépérissants ou morts les galeries sont très apparentes dans toute la profondeur du bois. On y trouve, lors de l’abatage, deux sortes de galeries : l’une, qui est la « galerie maternelle » ou galerie de ponte qui est large de plus de 6 cm. et évolue dans le sens des fibres du bois; les autres, qui sont rectilignes, multiples, assez courtes et percées, perpendiculairement à la première, sont les galeries larvaires, d’où sont parties les jeunes larves, et d'où sont sortis les insectes parvenus en leur ultime évolution d'adultes. Il y a parfois une centaine de ces galeries de chaque côté de la chambre de ponte...

Les moyens efficaces de lutte contre ces Scolytes sont rares : tout au plus peut-on tenter de déloger les femelles et leurs œufs de leurs cachettes sous les écorces, en enlevant celles-ci avec une râclette; puis les insectes qu'elles abritaient, pour les détruire, en incinérant le tout. Après quoi les emplacements dénudés seront badigeonnés avec une solution alcoolique de goudron de bois. Mais l’opération ne vaut d’être tentée, que si l’on a à faire à des sujets encore sains et vigoureux, sinon mieux vaut abattre, sans tarder, tous les arbres atteints, qui sont d’ailleurs proches de leur fin, puisque les scolytes — ces amateurs de bois expirants — les ont envahis ! Bien entendu on devra y mettre le feu aussitôt.

TRAITEMENT, — Aucun traitement chimique ou végétal, n’est praticable contre ces trois Scolytes des arbres fruitiers, qui sont trop profondément logés dans leurs diverses galeries, pour pouvoir les atteindre.

Le seul moyen pratique consistera, longtemps encore, à sectionner les parties malades, par une taille soignée au début de l’hiver et à jeter au feu toutes les branches où ces peu intéressants insectes, ont songé à s’abriter pour prendre... leurs « quartiers d’hiver » !

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