‹ Contribution à l'étude des rosacées-prunées-amygdaléesChapitre 98 sur 149 · VANESSE POLYCHROME · texte numérisé non relu

VANESSE POLYCHROME

ou Grande Tortue : Vanessa polychloros L.

Ce charmant papillon, aux ailes multicolores, où domine le vermillon-orangé, ponctué de taches noires et irrégulières (1 sur les postérieures et 6 à 7 sur les antérieures) avec une bordure crénelée, noire et à liseré bleu, est difficile à confondre, parmi les insectes diurnes des arbres fruitiers. Leur envergure est de 55 mm. environ. Les antennes à massues sont de ton noir. Leur chenille peut atteindre 40 mm. environ. Sa robe est de ton gris-bleu ou gris-brun rayée, rayée de 3 bandes jaunes (2 latérales et 1 longitudinale, sur le dos) avec des épines fauves et hérissées sur tout le corps. (Fig. 69).

Ces Vanesses fréquentent les Arbres fruitiers et les Arbres feuillus et sauvages de l’Europe entière et de l’Afrique du Nord.

En France les papillons voltigent, en été et en automne et les chnilles se groupent dans le repli du feuillage, dès mars et avril, dans des bourses soyeuses mais ne causent pas de graves dégâts aux arbres fruitiers de nos régions. En mai, on rencontre leurs chrysalides à l'état nu, suspendues aux branches de l’hôte, par l’abdomen, jusqu’en juin, lors de l’éclosion des adultes. Ce sont les chenilles qui hivernent en France et en Algérie. On peut intervenir contre elles au moment où elles sont le plus vulnérables, au printemps, à l’aide de bouillies arsénicales.

Autres Vanesses. — Les plus connues sont : Vanessa urticæ L ou Petite Tortue; Vanessa antiopa L.; Vanessa C. album L. Aucune d'elle ne cause de dégâts sérieux aux arbres fruitiers qui nous intéressent.

LEPIDOPTÈRES PIERIDÉS Piéride de l'Aubépine & des Rosacées

PIERIDE GAZEE :

Aporia cratægi L. ou Leuconea cratægi

L’insecte adulte est un papillon de ton blanc très pur, sur les deux paires d’ailes, de tailles sensiblement égales, avec quelques nervures noires, terminées par de petites écailles de. même couleur. Son corps, parsemé de pilosités humides, est de ton noir foncé, et la tête, noire également, porte de longues antennes à massue terminale, qui diffèrent selon le sexe : tandis que chez la femelle, les quatre dernieres articles sont blancs et que tout le reste est noir, chez le mâle, le dernier article, seul, est blanc. Les yeux sont très saillants; la trompe est enroulée, et le dessous des ailes est blanc-verdâtre. Les femelles sont plus fortes que les mâles : leur envergure atteint 56 mm., celle des mâles est de 44 mm. seulement. Ces papillons vivent une quinzaine de jours. La femelle pond des œufs piriformes, de ton jaune, par groupes de 54 à 142, sur les feuilles de nombreux arbres fruitiers : Aubépine, Abricotiers, Amandier, Pêcher, Prunier, Prunellier, Pommier, Néflier, etc.

On ne les rencontre que sur la face supérieure des feuilles. Mais chaque pondeuse, en trois ou quatre fois, est apte à donner 200 à 250 œufs, au cours de sa brève existence. KRAMSNIOUK prétend même qu’elle peut aller jusqu’à 800 œufs, d’après le contenu de ses ovaires !

Les jeunes chenilles, qui éclosent 15 jours après la ponte, vivent en groupes, sur la face supérieure des feuilles, dont elles dévorent la cuticule, sans toucher aux nervures. Elles muent trois fois en cours de l'été et leur activité ne dépasse guère une vingtaine de jours. Elles s’enferment alors dans un léger cocon de soie, pour effectuer leur diapause larvaire, qui est assez longue... En cet état, l’insecte ne cause naturellement aucun dégât! (Fig. 70 à 71).

Les chenilles hivernantes des quatrième et cinquième stades sont plus voraces que celles d’été ou de printemps. À leur complet développement, elles ont 5 mm. de diamètre sur 35 à 40 mm. de long. Leur corps, recouvert de soies raides et de poils couchés, est de ton sombre, avec deux bandes brunes et luisantes longitudinalement et deux lignes étroites, de même ton, sur le dos, où se distingue une cuticule grasse, noire. Le ventre est d’un ton blanc sale tirant sur le jaune. Pour se nymphéoser, l’animal s’immobilise sur le branchage, se contracte et se fixe à l’aide de quelques fils de soie agglutinés, mais sans bourse ni cocon. C’est donc une chrysalide, toute nue, effilée et anguleuse, comme toutes celles des Piérides. Son ton est jaune-ocre, le plus souvent, avec des points noirs; parfois elle est de nuance bleutée et à ponctuation noire.

Les cocons, (qui sont plutôt des bourses), restent suspendus aux branches et affectent une forme allongée et tarabiscotée, ou celle d’une crosse, tout au bout d’un rameau. (Fig. 67).

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