SIGNES ET PRONOSTIC DE LA RUPTURE
Le plus souvent on ne constate pas de signes bien spécieux à la rupture d’un pyosalpinx. Cependant la modificu. tion des symptômes présentés antérieurement par la malade peut faire songer à cet accident.
Quels sont ces symptômes?
Le plus souvent la malade accusait une douleur sourie, localisée dans la partie inférieure et latérale de l’abdomen. Cette douleur se calmait sous l’influence du repos, s’exagérait par le mouvement surtout au moment des époques ataméniales et s’irradiait vers les lombes, les flancs le siège. Les règles étaient douloureuses, abondantes et irrégulières, les troubles digestifs et nerveux étaient fréquents
Le ventre, à moins d’un pyosalpinx très volumineux ne présentait aucune voussure. Un écoulement pyométror- : rhée) s’était arrêté quelques jours avant. La palpation rivélait une région indurée, située au-dessus de l’arcale et constituée par l’agglomération sous l’effet des adhé er. ces, des annexes malades avec l’épiploon et la paroi.
Le toucher permettait de constater l’immobilité part'elle vu totale de l’utérus, sa déviation dans une direction 4re!-
—conque et la présence sur son côté d’une tumeur 1:durée :
Cel'e-ci ne donnait pas la sensation de fluctu:ticx mais
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plutôt une dureté ligneuse, la coque d’enveloppe étant le plus souvent résistante. Enfin les euls-de-sac étaient indu. rés et douloureux. Se
La rupture se produit alors : la femme peut la percevoiet en faire part au médecin. Celui-ci a même quelquefois senti la poche se crever sous ses doigts au cours de la palpation bi-manuelle. Ce qui frappe alors ‘immédiatement c’est le soulagement de Ja malade: une grande détente a lieu dans l’état général et une diminution notable dans les phénomènes locaux. Si l’on pratique alors le toucher on constate la disparition de la tumeur.
Plusieurs cas peuvent alors se produire suivant la direction qu’aura prise le pus. Si celui-ci a envahi le péritoine bre, cest dix minutes après cette sensation de bien-être (ce calme trompeur », comme disent les auteurs que se développe subitement une douleur brusque, poignante, syncopale, en un point fixe correspondant aux annexes malades. Ce point s'étend ensuite et la douleur, envahit peu à peu tout l’abdomen, on constate alors du météorisme généralisé, du hoquet, des vomissements porracés. La température monte à 40°, le pouls devient incomptable et la mort peut survenir très rapidement.
Si, au contraire, les adhérences ont limité une poche péritonéale, on ne constate qu’une recrudescence des douleurs abdominales, avec vomissements bilieux et fièvre modérée. Le toucher permet de constater non plus la dispari- , tion de la tumeur, mais une modification dans sa forme : elle est moins dure et plus étendue ; le vagin devient douloureux et chaud. |
Si enfin il y a évacuation dans un des organes pelviens, / l’état de bien-être peut se prolonger. Une heure ou deux après, la malade éprouvera deg élancements dans son basventre, dans son rectum ou dans sa vessie; on constatera
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alors l’écoulement du pus par le vagin, ou bien la présence du pus dans les selles où dans l’urine.
Il faut toujours songer à faire ces examens car prinei-
palement l’évacuation par le rectum peut passer inaperçeue. Dans quelques eas seulement, la diarrhée glaireuse, le ténesme, la rectite attirent l’attention du médéein. De même il est fréquent que l’évacuation par la vessie ne donne pas - de cystite. D'où nécessité de l’examen, d’autant plus que, comme l’a observé Delbet, l’évacuation peut se faire par l’urèthre sans aucune douleur.
Ja rupture dans la fosse iliaque et la cavité de Retzius donne les symptômes des phlegmons de ces régions. Par étude de ces derniers et disparition de la tumeur, on pourra songer à la perforation du pyosalpinx.
Quant à l’ouverture à la paroi abdominale, exception nelle du reste, elle a des signes assez précis. Le plastron dur se ramollit, la peau se soulève, rougit en un point plus ou moins localisé qui devient fluctuant : le pus ulcère alors la paroi en ce point et s'écoule au dehors, |
En somme, de toutes les directions que peut prendre le pus, une seule est vraiment à redouter la débâcle dans le péritoine libre. Lawson-T'ait prétendait que la mortalité de ces cas était de 50 0/0. Déjà Delbet avait réduit ce chiffre à 33 0/0 et l’on peut dire qu'aujourd'hui, vu la précocité des interventions ce chiffre peut encore être réduit.
IL faut aussi dans le pronostic faire intervenir la virulence des germes: une affection ancienne donne des accidents bien moins graves. Latzko signale un cas de rupture dans le péritoine libre qui guérit en quatorze jours; la collection étant stérile.
Enfin il faut, lorsque la péritonite ne se développe pas, tenir un grand compte de la dimension et de la situation de la brêche. Tout pyosalpinx, ouvert à sa partie inférieure et