‹ Contribution à l'étude des ruptures et désinsertions de la longue portion du biceps brachial et de son tendonChapitre 32 sur 47 · À. — TRAUMATISME DIRECT · texte numérisé non relu

À. — TRAUMATISME DIRECT

I s’agit soit d’une chute sur l'épaule, soit d’un coup sur le bras sans qu'il y ait eu contraction violente du biceps. Dans sa série, Gilcreest donne 19 cas résultant de violence directe contre 88 cas de violence indirecte. Nous n'avons pas été si heureux et nous n'avons trouvé que 2 cas où l’on peut affirmer que le traumatisme direct a joué seul : c’est celui d’un blessé vu par Panis, qui avait fait une chute sur la voie ferrée, le moignon de l'épaule ayant porté sur un rail au niveau même de la région sous-acromiale. Le deuxième est celui rapporté par Alexander d’un homme de 53 ans qui, en tombant, heurte une machine de son épaule droite et ressent sur le coup une violente douleur avec sensation d’arrachement dans son épaule.

B. — DiscocATion DE L'ÉPAULE.

On conçoit facilement que le tendon bicipital puisse être déchiré lorsqu'il existe de graves lésions ostéo-articulaires au niveau de l’épaule. Il n’y a À rien de particulier au tendon du biceps.

Bien plus intéressants sont les cas de rupture par :

EC. TRAUMATISME 1 à —— 1 RAUMATISME INDIREC“.

La majorité des ruptures traumatiques sont d’origine indirecte. On les observe chez des sujets relativement jeunes, musclés, «young athletic person », dont l'articulation scapulo-humérale est parfaitement saine. Le mécanisme en est variable.

1° John Hunter croit que la rupture se produit lorsqu'une cause extérieure s'oppose à la contraction du muscle.

— C'est le blessé de Bazy faisant un effort pour soulever un sac de 80 kilogs. À l'effort s’opposait le poids du sac. +

— Le blessé de Pagenstecher soulevait un gros quartier de viande lorsque son biceps se rompt.

-— Un blessé de Loos soulevait une lourde poutre.

— Celui de Porges poussait vers la droite une lourde caisse de son bras gauche fléchi.

— Celui de Keen levait un seau pesant.

— Un blessé de Muller tentait de soulever de terre un sac de 180 livres.

—— Celui de Michel, cité par Husson, soulevait une lingotière de 100 kilogs environ.

2° Sans nier ce mécanisme, Baumgartner pense que certaines ruptures dépendent d’une « contraction brutale, instinctive, non prévue, donc incoordonnéé du muscle distendu, appelé non seulement à exécuter

son mouvement de flexion normale, mais agissant aussi par sa fonction anormale de supination ».

Effectivement, il est de nombreuses observations où la rupture s’est produite au cours d’une contraction violente et réfiexe dans le but d'éviter la chute d’un objet parfois extrêmement lourd, le biceps ayant Joué son rôle de fléchisseur et de supinaieur. (Il semble que le tendon, bridé dans la coulisse bicipitale, soit tendu au maximum et dans les conditions mécaniques les plus favorables à Ta rupture, lorsque le coude est en flexion légère et adduction, et le bras en rotation externe.)

Entrent dans cette catégorie les blessés de :

—— Hoffmann, homme de 48 ans, qui rompt son biceps droit en posant à terre une roue très lourde que ses camarades laissèrent échapper avant lui.

— Lapointe observe une rupture chez un homme de 34 ans qui, trébuchant, fait un effort violent du bras droit pour retenir un sac de 50 kilogs qu'il portait ‘ sur sa tête.

— Celui de Souligoux, pour se garer d’un train, fait un brusque et violent effort en se raccrochant à un chariot.

— Il en est de même du blessé de Baumgartner.

— Celui de Barthélemy avait été victime d’un retour de manivelle ayant occasionné une fracture de l'extrémité inférieure du radius en même temps qu’une rupture du biceps à l’insertion tendon-muscle, vraisemblablement causée par une contraction réflexe.

— Enfin notre cas est absolument typique : contraction bratale et instinctive pour éviter la chute d'une plaque de 1.200 kilos, coude en flexion légère et adduction, avant-bras en supination.

En résumé les ruptures du chef proximal du biceps et en particulier de sa longue portion ou de son ten-

AE

don sont sous la dépendance de causes pathologiques, physio - pathologiques, prédisposition anatomique, prédispositions dues au mêtier ou à la fatigue. Enfin il en est un grand nombre qui résultent de traumatismes, le plus souvent indirects, sur des épaules parfaitement saines.

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