‹ Contribution à l'étude des ruptures et désinsertions de la longue portion du biceps brachial et de son tendonChapitre 36 sur 47 · TYPE CHIRURGICAL · texte numérisé non relu

TYPE CHIRURGICAL

Décrit par quelques auteurs sous l’appellation de « traumatique » ou « aigu ». Si le type médical est l'apanage des « malades », le type chirurgical est celui des « blessés ». C’est surtout cette forme que le chirurgien a l’occasion d’observer, car les sujets atteints

MN Rire

sont des accidentés dont la douleur et la gêne fonctionnelle est telle qu'ils consultent d'urgence.

Nous ne reviendrons pas sur le mécanisme des ruptures traumatiques ni sur les observations qui nous ont servi à en justifier l'existence. Nous pensons nous y être assez étendu au chapitre pathogénie. Nous ne traiterons ici que les symptômes de l'affection. Ces symptômes varient selon la cause et le type anatomique de la rupture.

I s’agit, dans la règle, d’un homme vigoureux bien .musclé, âgé de 40 à 50 ans, dont les articulations sont absolument saines. Quelquefois on peut mettre en évidence une prédisposition telle qu’un métier (charpentier, menuisier, mineur, etc...) ou fatigue musculaire au cours du travail qui a précédé la rupture. Le début en est toujours accidentel, soit que l’épaule ait été directement ou violemment traumatisée, soit, au contraire, qu'il y ait eu, par surprise, contraction musculaire intense et réflexe.

1° SIGNES FONCTIONNELS : Au cours de l’accident le blessé a ressenti dans l'épaule une douleur plus ou moins vive, souvent d’une acuité considérable, qu'il - compare à un coup de fouet, de poignard, de matraque. Cette douleur a été accompagnée d’une sensation de déchirure profonde. Parfois un claquement est ressenti par le blessé ou même entendu par son entourage (observation de Jeanneney ; observation personnelle).

L'impotence fonctionnelle est immédiate, le bras est comme paralysé ; impotence dépendant surtout de Ja douleur.

Une tumeur siégeant au tiers inférieur de la face antérieure du bras traumatisé est constatée par le malade.

2° LE SYNDROME « LONG BIGEPS DÉTENDU » caractéristique des élongations, ruptures et désinsertions du biceps ou de son tendon, est mise en évidence par le chirurgien. Les signes en sont :

a) Tumeur siégeant au tiers inférieur de la face antérieure du bras, sur le trajet du long biceps, de dimension variant entre un petit œuf de poule et une crosse orange. Cette tumeur est sous-cutanée, mollasse, mobile, et peu douloureuse si le bras est en extension, position de relâchement du biceps. Dans la flexion passive elle durcit, descend légèrement, puis s’immobilise : en outre, elle est très douloureuse. Ces signes sont encore exagérés si on commande au blessé de tenter une flexion active et que l’on s'oppose à celle-ci.

Au cours de la contraction la masse est déjetée en dedans, attirée par l’action du court biceps (Bernardbeig). Cette tumeur correspond à la portion musculaire du long biceps.

b) Immédiatement au-dessus de cette tumeur la palpation décèle une dépression sous-deltoïdienne dans laquelle on peut sentir la diaphyse humérale, qui n’est plus cachée par le corps musculaire du long biceps.

c) Perception anormale du tendon de la longue portion. Celle-ci n'est pas constante et trois cas sont à envisager :

— Si la rupture est intra-capsulaire et que le tendon est resté dans la coulisse bicipitale, on le perçoit dans la dépression deltoïdienne sous forme d’un cordon plus ou moins détendu, allant du pôle supérieur de la tumeur, en bas, à la coulisse bicipitale, en haut. Sous l'influence de la contraction ce cordon se tend.

:— Si la rupture est intra-capsulaire et que le tendon a quitté la coulisse et repose au pôle supérieur du muscle, on peut le sentir sous forme d'une petite

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tuméfaction mollasse située juste au-dessus de la tumeur musculaire. Cet examen est difficile et d'interprétation trompeuse.

— Si la rupture est extra-articulaire le tendon, trop court et non retenu dans la coulisse, n’est pas palpable.

3° Des EcCcHYMOsEs apparaissent à la face antérointerne du bras ; elles sont peu importantes en cas de rupture intra-capsulaire. Quelquefois une tuméfaction occupe la partie antéro-interne de la dépression sousdeltoïdienne : c’est un hématome.

4° L'ÉTUDE DES MOUVEMENTS est difficile, le blessé s’y prêtant mal par suite de la douleur.

La flexion de l’avant-bras sur le bras est impossible. Cependant, Hueter affirme que la flexion de l’avantbras en pronation peut être exécutée, car c’est le coraco-brachial qui la provoque, le biceps n’aidant ce dernier que dans les mouvements extrêmes et forcés. Pour cet auteur, c’est la flexion de l’avant-bras en supination qui est commandée par le biceps, donc irréalisable si ce muscle est rompu.

Yergason décrit un signe : le coude est fléchi à 90°, avant-bras en pronation. Si le chirurgien, s’opposant à ce mouvement, commande au patient de mettre son bras en supination, celui-ci ressent une douleur localisée à la coulisse bicipitale lorsque le tendon de la longue portion est rompu. C’est également un signe de synovite de la gaîne du tendon.

Rien d’anormal n’est découvert à l'examen radiologique pratiqué dans le but d'établir le bilan des lésions ostéo-articulaires.

Tel est le tableau de la rupture traumatique dans sa forme la plus classique.

— Di

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