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ture du radius, la main se porte en hyperextension forcée sur l’avant bras.
Dans cette position la main fait avec l’avantbras un angle ouvert qui tend à devenir aigu
Pour Coener, l'extenseur du pouce qui se contracte au maximum à ce moment, se déchire par élongation, et aussi par sa réflexion sur le bord distal du ligament annulaire du carpe sur lequel il passe à angle droit. Il se coupe sur ce ligament. La rupture n’est pas complète, mais se complète dans les semaines qui suivent.
Stendel et Werth adniettent également ce mécanisme de la rupture partielle, complétée secondairement, mais pour eux l'arête tranchante peut être :
soit le ligament dorsal du carpe,
soit d'arête dorsale inférieure du radius.
Frœlich suggère que rien n'empêche d'admet- Lre que dans cette position d’hyperextension de la main, le tendon est étiré au maximum et fixé dans sa coulisse ostéo-fibreuse du dos du radius. Lorsque l'os se fissure transversalement, il vient trancher partiellement le tendon, puis rentre dans l'alignement.
On peut attribuer la même action au rebord
articulaire du radius, qui subirait une luxation temporaire et reprendrait sa place dès la cessation du choc sur le sol.
Mais ces explications ne sont plus valables lorsqu'il s’agit d’une chute sur le dos de la main. Dans ces cas, il ne peut s'agir d’élongation du tendon, et Frœlich attribue la rupture à l’attrition directe du tendon entre le sol et le radius ; cette attrition n'est pas complète et la déchirure se complète plus tard.
A l’ensemble de ces explications par rupture partielle du tendon se complétant ultérieurement, Hauck objecte qu'une rupture du tendon sur arête amènerait une nécrose bien délimitée du tendon au point de section lui-même ; or, les constatations anatomo-pathologiques montrent, qu'au lieu d’une démarcation nette, on trouve une transition lente. La zone nécrotique et inflammatoire s'étendant plus ou moins loin sur chacun des deux fragments du tendon, principalement sur le bout proximal.
3) Nécrose progressive du tendon par lésion de ses vaisseaux nourriciers
Cette explication fut proposée d’abord par Wei-
HeNT Pen
geldt, et depuis de nombreux auteurs s’y sont ralliés.
Le traumatisme provoquerait un étranglement du tendon dans sa gaine, et une déchirure des vinculae tendinum contenant les vaisseaux nourriciers. Mal nourri, le tendon dégénère, se nécrose, et, à l’occasion d’un léger mouvement, se rompt.
Cette conception rend mieux compte de la nécrose étendue, et mal limitée du tendon.
Elle est également valable quelle que soit l’attitude de la main au moment de la chute, les vaisseaux nourriciers du tendon étant lésés selon les cas,
soit par les arêtes tranchantes osseuses ou aponévrotiques,
soit par l’attrition directe entre le sol et l'os.
D'autre part, on a vu que des lésions inflammatoires de la gaine sont fréquemment constatées au cours des ruptures spontanées sans traumatisme préexistant (Trommlerlähmung).
On peut admettre que cette inflammation de la gaine s'accompagne d’altérations vasculaires et réalise la nécrose progressive du tendon, aboutissant à la rupture.
Au total, il semble que ce facteur vasculaire joue un rôle. Mais il n’est pas douteux que la dis-
position anatomique du canal ostéo-fibreux où glisse le tendon du long extenseur du pouce ne soit aussi un élément important : c’est toujours à la sortie de cette gaine, au point où le tendon se dirige en dehors, et où il subit le maximum de frottement qu'il se rompt.
11 faut, en outre, signaler certains facteurs déterminant une mauvaise irrigation du tendon, et que la clinique montre jouer nettement le rôle de causes prédisposantes.
La rupture survient presque toujours chez l’adulte ou le vieillard.
La vascularisation du tendon, déjà parcimonieuse normalement, devient de plus en plus insuffisante à mesure que le sujet avance en âge.
De plus, toutes les causes de sclérose vasculaire, et en particulier la syphilis, et l’artério-sclérose sont sans doute autant de facteurs facilitant la rupture,
Enfin, le rôle de la profession est mis en évidence par l'existence de la « Paralysie des joueurs de tambour ».
ST
Chez ceux-ci, l'extension du pouce est un mouvement constamment répété. L’exagération de fonctionnement du tendon entraîne un état inflammatoire de la gaine, parfois perceptible cliniquement, le plus souvent constaté à l'intervention.
Cette inflammation chronique semble, on l’a vu, être un des éléments déterminants de la rupture spontanée en l’absence de tout traumatisme.