‹ Contribution à l'étude des ruptures traumatiques des hydronéphrosesChapitre 16 sur 27 · ÉVOLUTION ET PRONOSTIC · texte numérisé non relu

ÉVOLUTION ET PRONOSTIC

L'évolution et le pronostic sont variables avec les formes cliniques de la rupture traumatique de l’hydronéphrose. Plusieurs éventualités peuvent en effet arriver; nous en envisagerons cinq. Paie

1°) Tout d’abord nous sommes en présence d’une. hémorragie abondante, le malade est pâle, il a des syncopes; le pouls est petit, la tension artérielle est basse. Seule une intervention d'urgence peut sauver le malade. |

2°) Dans les cas où une hémorragie est moindre ou peu importante, les observations publiées montrent que le malade guérit rarement sans intervention.

3°) Si l’infiltration urineuse pénètre dans le péritoine, même si l'urine est aseptique, le pronostic est très réservé; la guérison spontanée ne s’observe jamais.

4°) Une intervention est également nécessaire pour obtenir la guérison lorsque l'urine qui s’est répandue dans le tissu périrénal est septique; il se forme, en effet, en général, un phlegmon périnéphrétique que

l'on a observé deux fois (Observ. de Divreuks et Brentano 1913).

5°) Les cas les plus favorables sont ceux où il y a dans le:tissu périrénal un épanchement urineux aseptique. A NE

En résumé on n'observe rarement de guérisons spontanées.

Lepoutre affirme que les cas où l’on n’est pas intervenu, le plus souvent parce qu’on n'avait pas fait de diagnostic, se sont terminés par la mort. Nous avons pu observer que dans 4 cas où l’on n’était pas intervenu la guérison n'a été observée qu'une seule fois.

Dans les trois autres cas ce fut la mort.

Gérard a la même opinion; il fait remarquer que les ruptures d’hydronéphrose laissées à leur évolution naturelle aboutissent le plus souvent à la mort.

Mais même lorsque l’on est intervenu la mortalité est assez grande. Elle est de 30 % pour Herman. Butin rapporte dans sa thèse 46 cas avec 16 morts.

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| Nous avons dit que la rupture traumatique d’une hydronéphrose entraînait une néphrectomie. Si donc quelqu'un subit la perte d’un rein à la suite d’une rupture traumatique d’une hydronéphrose au cours de son travail, son assurance- accident devra- t-elle lui donner l'indemnité accordée à tout individu perdant un rein sain accidentellement ?

Nous ferons tout de suite remarquer. que les Compagnies d’ assurances accordent le taux de ka .néphrectomie à tous les cas d’hydronéphroses traumatiques (Gérard).

C’est donc qu'elles considèrent un rein hydronéphrotique sans aucune valeur fonctionnelle; de cette affection il résulte pout elles la suppression — du moins physiologique —— d’un rein.

La rupture de ce rein hydronéphrotique n’est donc: pas une perte pour l'individu et celui-ci n’aura par suite aucun droit à une indemnité.

L'erreur des Compagnies d’assurances est d’avoir voulu assimiler la Science médicale à des mathéma-

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tiques. Il est impossible de condenser la Science médicale en équations.

On ne doit pas dire hydronéphrose égale rein sans

aucune valeur fonctionnelle. En effet, si parfois le rein

hydronéphrotique est féduit à une simple poche, il est d’autres cas où du parenchyme rénal existe encore,

et la sécrétion urinaire persiste; nous ne citerons que

le cas observé par Cottalordo : après avoir fait un drainage lombaire, on met une sonde ureterale à

demeure, et par cette sonde 100 cc. urines purulentes s’écoulent par 24 heures; ajoutons qu'il y avait un écoulement uro-purulent abondant par la plaie. La, valeur fonctionnelle d'un rein peut être plus ou moins altérée, en cas d’'hydronéphrose. Et l’indemnité due à l’accidenté devra, pensons-nous, être pro: portionnelle à la diminution. de cette valeur fonctionnelle qui devra être fixée par l'examen de la pièce opératoire, quand il aura été impossible de la déter-

miner avant l'intervention. . ë

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