SIGNES URINAIRES
Diverses éventualités peuvent arriver. Parfois il s’agit de rétention d'urine, d’autres fois il s'agit de polyurie; tel autre malade a présenté de l’oligurie ou même de l’anurie, celle-ci précéde d’ailleurs parfois un autre signe qui pour les uns est fréquent, et pour d'autres au contraire assez rare, c’est l’hématurie.
En général l’hématurie apparait dans les heures qui suivent le traumatisme. Elle peut être constituée soit par une urine légèrement teintée de sang, soit par une urine franchement sanglante. Le Professeur Lenormand a présenté à la Société Anatomique de Paris en 1911 une observation où l'urine sanglante, très foncée, a été émise en télle quantité que la gravité de
l'hémorragie l’a obligé à intervenir immédiatement.
Très souvent cette hématurie est absente. On a cherché l'explication de ce phénomène.
Butin et Lepoutre pensent que l’uretère coudé ou comprimé par l'épanchement met obstacle à l’écoulement du sang vers la vessie.
op ci
Lazarus pense que ce mécanisme n’est pas suffisant pour expliquer un tel fait, il croit en plus que le coagulum qui se forme dans lé$ tubilis collecteurs du parenchyme rénal empêche l'entrée du sang dans le bassinet et dans l’uretère.
Dans le cas que nous avons observé nous n'avons pas d’hématurie par la verge. L’explication en est simple : la bümière de l’uretère étant disparue du fait de la compression par le vaisseau anormal du rein, l’hématurie s'était répandue dans la loge périrénale.
Voici quelques statistiques des signes urinaires d’après les 45 cas que nous avons pu nous procurer.
FICMANrIC TS Anurie 1 Polyurie . 2 Meteo him: 3 Urines purulentes...... 3
® = Butin dans sa thèse a rencontré l’hématurie 18 fois
sur 46 cas. |
Lardemois, par contre, prétend qu'elle existe dans
95 % des cas de rupture traumatique, d'hydronéphrose. . Tous ces signes urinaires attirent l'attention vers le rein.
L'inspection à elle seule peut parfois montrer une voussure de la région traumatisée. La palpation y réveille une douleur violente.
En général, l'augmentation progressive de cette tuméfaction lombaire décide de l'intervention opéra-
toire.
. Sn
Le plus souvent cette tuméfaction n’est pas perceptible dans la région lombaire, elle bombe généralement dans l'hypocondre ou le flanc. Ra pe À
Voici notre SHORONRE à ce sujet, toujours sur
17 Cas :
Tuméfaction fluctuante dans le flanc. 18 Tuméfaction lombaire... re + : 4
Pas de tuméfaction cette. a ; | 25.
Maïs la disparition de l’état de choc permet d’éliminer l’existence d'une hémorragie interne et de conclure à la possibilité d’une poche urineuse. La rupture traumatique d’une hydronéphrose peut en effet s'accompagner de phénomènes généraux assez marqués. Ensuite, après le traumatisme le malade est très choqué, le malade d’une pâleur livide est immobilisé, figé, a les extrémités froides: il est dan un état de torpeur subcomateux: il répond difficilement et faiblement aux questions qu’on lui pose. Sa température est à 36°5, son ‘pouls à 120; sa respiration est rapide et superficielle.
Maïs en soumettant le malade au traitement habi- tuel du schock tous ces “Dim s'atrenuenr assez
rapidement. cs | Tel est en général l’aspect classique d’une rupture traumatique d’une hydronéphrose. Très souvent les chôses ne se présentent pas ainsi. Notre malade, en effet, : etnombreuses sont les observations qui mentionnent un. tableau clinique semblable à celui présenté par notre
jeune homme, s’offrait à nous comme porteur de lésions d’un viscère autre que le rein. Chez lui on pouvait observer la forme pseudo-péritonéale bien décrite par Lepoutre; syndrome mixte d’occlusion intestinale et de péritonite constitué par des vomissements, arrêt des matières et des gaz, défense musculaire presque généralisée, que nous avons constaté 9 fois sur 45 cas. ,
Plusieurs hypothèses ont été émises pour expliquer ce syndrome pseudo-péritonéal.
Pour Von Saar cette réaction péritonéale est due à l'irritation des filets nerveux sensitifs et moteurs qui se trouvent dans le tissu conjointif rétro- péritonéal, influencés par l'infiltration urineuse.
Gérard a émis une hypothèse un peu différente :
« Dans les ruptures hydronéphrotiques il y a irru ption
brusque d’une notable quantité d'urine plus sanglante que dans le tissu périrénal, formation quasi immédiate d’un kyste urineux sous-péritonéal. La distension brutale d’une partie du péritoine par un PU irritant provoque la vive réaction que l’on sait.
Enfin quand l’hydronéphrose s’est infectée, sa rupture s’accompagne de signes généraux d'infection avec des urines troubles. Nous avons observé ce cas seulement trois fois comme nous l’avons dit plus haut.