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L’utérus n’était pas douloureux, le fœtus en sommet et l’état général de la gestante en parfait état. Une bougie de Krause est introduite le 16 octobre 1922. Les contractions utérines apparaissent dans la nuit, légères et espacées ; elles s’accusent le 17 dans l’après-midi. À 15 heures, la dilatation est complète, l’état général de la malade parfait : il n’y a dans l’intervalle des contractions aucun phénomène douloureux suspect du côté de l’utérus. L’interne de la Maternité se dispose à faire une application de forceps prévue, pour éviter les contractions expulsives, lorsque pendant les préparatifs, la malade pousse deux ou trois fois et accouche rapidement d’un fœtus vivant, pesant 2.150 grammes.
Tout incident paraissait donc écarté ; la malade n’accusait aucun symptôme particulier. Mais un quart d’heure après l’accouchement environ, on constate chez la malade un peu d’agitation ; le pouls est à 100. Une légère pâleur se dessine, en même temps qu'une hémorragie assez abondante se produit par la vulve. Ces phénomènes s’accusant assez vite, l’interne introduit la main dans l'utérus, et constate que le placenta en partie décollé est inséré sur la face antérieure de l’utérus, en pleine cicatrice opératoire. Le décollement placentaire est terminé avec précautions, mais en réintroduisant la main dans l’utérus, l’interne constate sans discussion possible une brêche de 6 à 8 centimètres, siégeant sur la face antérieure de l’utérus au niveau de la cicatrice.
Prévenu aussitôt, je fais transporter la malade à l’infirmerie de porte, pour pratiquer une laparotomie qui est exécutée trente-cinq minutes après l’accident. A mon arrivée, la malade est dans un état d’anémie extrême, le pouis est incomptable. Pendant qu’un aide fait une injection intraveineuse de sérum artificiel, je pratique rapidement l’opération de Porro. L’abdomen plein de sang est ensuite nettoyé avec soin. Un demi-litre de sérum est encore versé dans la cavité abdominale et malgré l’état précaire de I1 malade, il est manifeste que tout danger immédiat est conjuré. Les suites opératoires furent normales et la malade est aujourd’hui rétablie entièrement. Sa guérison totale n’a été retardée que par une phlébite du mollet droit qui a retardé sa sortie de J’hôpital.
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