‹ Contribution à l'étude des Ruptures Utérines après Opération CésarienneChapitre 31 sur 40 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

Des accouchements Spontanés ou provoqués sans accidents après opération césarienne.

Une femme ayant eu une opération césarienne peutelle, malgré la présence d’une cicatrice, accoucher par les voies normales ? De nombreuses observations le

prouvent.

Il faut distinguer deux catégories :

1° Quand la cause de la césarienne a été une tumeur des parties molles, kyste ou fibrome, l’éclampsie, un placenta prævia, une présentation anormale, on peut voir survenir dans la suite un accouchement normal. Mais en somme ces indications sont relativement rares, si on les compare aux lésions des os du bassin.

2° Quand la cause de la césarienne «a été une dys- tocie pelvienne (1.040 cas contre 80 pour d’autres causes, suivant Cathala) il faut conclure en cas

d'accouchement spontané ultérieur :

PEN TOR ee

a) ou que le fœtus ait été assez petit pour franchir les voies naturelles — mais le poids des fœtus, en général, va en augmentant avec le nombre des gros-

sesses ;

b) ou bien les indications à la césarienne, tirées de la dystocie, n’étaient pas absolues. |

Par conséquent, on ne doit conclure à la possibilité d’un accouchement normal spontané par les voies naturelles après une césarienne que dans les cas où la dystocie était due à une tumeur des parties molles, ou quand l'indication n’était pas absolue, ou quand il y a eu accouchement prématuré.

Nous avons trouvé dans la littérature les cas de :

Grosse : D’une femme ayant subi une opération césarienne à sa première grossesse, pour dystocie de l’ovaire et qui, depuis, accoucha trois fois spontanément.

Anderodias : Cas d’une malade qui accouche spontanément après une césarienne -dont la cause était, dit-elle, « une dilatation du col lente à se faire ».

Balard signale une observation de rachitique chez laquelle on pratique l'extraction d'un enfant moyen.

Paquet : À propos d’une de ses deux observations de rupture, rapporte un cas de bassin coxalgique, asymétrique, chez une césarisée antérieure et qui permit le passage d’un enfant vivant de 2 kil. 600.

Williams rapporte, dans l’Am. J. of Obst. qu'il a publié deux observations d'accouchement par les voies naturelles chez les césarisées et il ajoute deux obser-

vations nouvelles :

CH Yy 1; VS

1° Bassin normal. Césarienne pour défaut de dilatation du col, trois accouchements spontanés ultérieurs, deux fois avec délivrance artificielle.

2° Opération césarienne pour bassin du type juxte minor. Deux gestations ultérieures, terminées l’une par un forceps, l’autre spontanément.

Williams rapporte 3 observations du docteur Godman (de Columbus) d’accouchements par les voies naturelles chez des césarisées opérées.

La première pour placenta prævia.

La deuxième pour éclampsie.

Pas de détails sur la dernière.

Le Professeur Couvelaire, dans son rapport récent, signale que sur 6 femmes ayant subi une césarienne pour dystocie pelvienne,

1 a eu quatre gestations terminées par un accouchement normal;

1 en a eu trois;

4 en ont eu une.

Cet auteur fait remarquer à ce propos que la restriction volontaire est moins accentuée chez les femmes opérées pour dystocie accidentelle.

Plusieurs observations ont été présentées à Lyon ces dernières années :

M. le professeur Commandeur a présenté le 17 décembre 1920, l'observation d’une femme ayant subi en 1905 une opération césarienne, Deuxième grossesse : D. R. fin septembre 1919. Mise en travail le 11 juin par une bougie de Krause n° 26. Le 15, naissance d’un garçon de 3.300 grammes. Mais présentant

malgré son poids des diamètres céphaliques « sensiblement plus petits que la normale ».

La mère avait un rétrécissement transversal du bassin. Faux promontoire à 10 centimètres, promontoire vrai moins saillant et surélevé à 11,5. Arc antérieur redressé des deux côtés.

M. le docteur Rhenter a présenté cinq observations d’accouchements prématurés provoqués représentant en tout neuf accouchements pratiqués chez des malades antérieurement césarotomisées pour rétrécissement du bassin : « Aucun de ces accouchements ne fut troublé dans son évolution et huit enfants sortirent vivants du service, la mort du neuvième trouvant dans la syphilis certaine de la mère une explication suffi-

sante ».

M. le docteur Plauchu a présenté le 1” mai 1922 le cas suivant :

Bonn, secondipare, 39 ans : première grossesse normale en 1920, terminée par une césarienne pour défaut d'engagement de la tête et de dilatation du col. Lors de cette première grossesse « l’examen pelvimétrique interne avait montré l’existence d’un bassin légèrement aplati : P. S. P. II 2 avec un arc antérieur à grand rayon et des sinus sacro-iliaques vastes, d’un pronostic très favorable ».

Nouvelle grossesse de sept mois en janvier 1922, Le 2 mars, mise en place d’une bougie de Krause. Au quatrième jour, extraction par le siège d’un enfant de 3.890 grammes, dont la tête franchit facilement le détroit supérieur.

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