CHAPITRE PREMIER DES SALPINGITES CHEZ LES VIERGES
Pendant longtemps on a cru que les trompes des femmes vierges étaient exemptes de toute manifestation microbenne. Mais la pathologie générale et les faits démontrèrent que les trompes pas plus que les autres organes du corps humain ne sont à l’abri de l’atteinte des microbes pathogènes.
Pourquoi, en effet, les trompes occuperaient-elles dans lorganisme une situation privilégiée ? Dans tous les organes (rein, testicule, cœur, foie, poumons, vaisseaux, ete, ete.), nous constatons des infections, des localisations, des métastases soit cancéreuses, soit microbiennes, soit parasitaires ; pourquoi n’en aurions-nous pas aussi dans les trompes ?
Ces infections se font dans les différents organes par des voies diverses, qui peuvent se retrouver toutes pour un seul organe. Les agents animés pathogènes arrivent, soit par la voie sanguine, soit par la voie lymphatique, soit encore par continuité ou par contiguité de tissus. D'autres fois, l’organe est ouvert dans le milieu extérieur et des microbes ou des parasites pourront remonter jusqu’à lui, ou encore il est en communication avec le milieu intérieur : si ce dernier s’infecte, il n’y aura rien de surprenant à ce que l'infection gagne l’organe
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en relation avec le milieu infecté. Tels sont les modes d'infection les plus fréquents.
Or, nous les voyons réunis tous dans les trompes des vierges. Certaines voies sont plus fréquemment suivies que d’autres, mais on ne peut nier que toutes peuvent
être suivies. Nous allons étudier les principales.
Les différentes voies d’infection par lesquelles les microbes arrivent jusqu'aux trompes d’une vierge, peu-
vent — si l’on n’envisage-que les plus fréquemment suivies — se ramener aux deux suivantes 1° La voie sanguine ; =
2° La voie par propagation de proche ex proche.
1° SALPINGITES D'ORIGINE SANGUINE
Les plus fréquentes des salpingites d’origine sanguine chez les vierges sont les salpingites tuberculeuses.
Brouardel les signale dans sa thèse (Paris, 1865) : « De la tuberculose des organes génitaux de la femme ». Depuis, les études se sont multipliées. Conheim et Verueuil démontrèrent que dans certains cas la porte d’entrée des bacilles de Koch (1) pouvait être la voie extérieure (vulve, vagin, utérus). Mais Pozzi fait remarquer, dans son Traité de Gynécologie (tome IT, page 804), que les tuberculoses des annexes chez les vierges échappent à cette explication. Pour Pozzr il est probable que chez ies vierges le bacille introduit dans la cireulation par la voie
(4) Verchère. Thèse de Paris, 1884, Derville, Thèse de Paris, 1887,
pulmonaire ou digestive, s’est fixé ensuite sur les trompes.
Riedel (1) signale des salpingites chez les vierges et il leur attribue une origine externe, Nous ne croyons pas pouvoir nous ranger à son avis : 1° parce que dans les deux cas où l’examen fut fait, il trouva du streptocoque ; or, Revmond (2) pense que la voie que suit de préférence ie streptocoque est la voie sanguine ; 2° parce que, dans les deux cas signalés, il s’agit de fillettes au-dessous de neuf ans, non réglées, ét que, ainsi que nous essayerons de le démontrer plus loin, l’infection d’origine externe est fort improbable chez les filles impubères. C’est pour cela que nous rangeons les cas de Riedel dans la classe des salpingites d’origine sanguine. Il en est de même pour les deux cas de salpingites chez des vierges, cités lun par Kaltenbach (3), Pautre par Zweifel (4).
Les salpingites chez les vierges qui succèdent à une maladie générale, telle que rougeole, scarlatine, variole, ete., (5),-sont aussi d’origine sanguine.