‹ Contribution à l'Étude des Salpingites chez les ViergesChapitre 8 sur 19 · OBSERVATION II · texte numérisé non relu

OBSERVATION II

Femme de 33 ans, vierge, entre le 29 juin 1909, pour appendicite à répétition, à l'Hôpital St-André.

L'intervention montre, en effet, un appendice malade, mais d’une simple appendicite folliculaire ou pariétale, sans péri-appendicite ; il n’est pas en contact avec les annexes. Celles-ci étaient cependant transformées en deux pyosalpinx, du volume d’une mandarine, et le chirurgien fut obligé de faire la castration utéro-annexielle.

La guérison se fit sans incident. La malade avait, avant Sa maladie, des pertes blanches.

1e pus, examiné par le professeur agrégé Sabrazès, ne contenait pas de microbes (aérobies du moins), et la paroi des trompes ne présentait aucune lésion tuberculeuse.

Bien qu'aujourd'hui, plus d’un an après l’opération, Mile Louise M... jouisse d’une excellente santé, et que rien chez elle ne fasse soupconner la tuberculose je n’affirmerai pas l’existence du pyosalpinx non tuberculeux chez les vierges, si je ne pouvais vous rapporter que ce seul cas, des inoculations n’ayant pas été faites, ni es coupes histologiques multipliées de la paroi ; mais j'ai eu l’occasion d’en observer un autre, qui me paraît plus probant.

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Jeune fille de 16 ans, vierge, atteinte en mai 1909 d’accidents aigus fébriles, d’abord rapportés à une entérite, puis à une pelvipéritonite.

Le palper abdominal, combiné au toucher rectal, dans le petit bassin, en arrière de l’utérus, montre une masse arrondie du volume d’un gros poing, qui est rénitente et entourée d’une couronne de péritonite adhésive.

La jeune fille étant vierge et d’une santé florissante,

qui, ainsi que ses antécédents, éloignait l’idée de tubereulose, M. Bégouin fait le diagnostic, non de pyosalpinx, mais de kyste dermoïde de l’ovaire à pédieule tordu. La inalade avait des pertes blanches.

. Les accidents fébriles disparus, intervention. Au lieu d’un kyste de l’ovaire, on rencontre un double pyosaïpinx banal, semblable à celui que l’on rencontre chez les femmes ; castration utéro-annexielle obligée, après évaeuation au Dieulafoy du pus des poches salpingiennes. Fopération fut un peu laborieuse; quelques gouttes de pus souillaient les serviettes protégeant le champ opératoire, et la jeune malade fut dans un état très grave pendant:la fin du deuxième jour ; puis tout s’arrangea, et la guérison survint dans le temps accoutumé. En 1910, plus d’un an après, la santé de la jeune fille était parfaite.

Le pus fut examiné par le docteur Brandeïis ; il ne contenait pas de microbes aérobies, mais des microbes anaérobies en grand nombre.

La paroi des poches purulentes, examinée en plusieurs points, ne présentait aucune lésion tuberculeuse, ni aucun bacille de Koch. |

Ce fait semble probant : le pyosalpinx bilatéral peut done exister chez les vierges en dehors de la tuberculose.

Dans les recherches que j'ai faites dans la littérature médicale, jé n'ai trouvé aucun cas semblable, mais j'ai trouvé des faits de péritonites à la suite de salpingite suppurée chez des petites filles où chez des jeunes filles plus

âgées et vierges.

Riedel a, en effet, publié dans les Arch f. Clin. Chirurg. qu’au cours de 49 laparotomies entreprises pour des -appendicites aiguës sur des filles de moins de 10 ans, 9 fois au lieu d’une appendicite, il à trouvé une salpingite purulente comme cause de la péritonite ; dans deux cas, où le pus fut examiné, il contenait des streptocoques.

Et sur 348 laparotomies faites pour péritonites chez des

gées, il rencontra deux fois

(en

femmes ou jeunes filles plus à chez des jeunes filles vierges cette même salpingite suppurée comme cause de la péritonite.

Riedel considère que chez ces 9 petites filles et chez deux Jeunes filles, l’infection s’était faite par le vagin et l’utérus. | [Fest bien probable que chez mes deux dernières mala- ‘des, l'infection a été également ascendante : toutes les deux avaient des pertes blanches abondantes, et la seconde avait remarqué que depuis plusieurs mois ses pertes avaient pris une couleur brunâtre et une odeur souvent -très forte qui la préoccupait.

Chez les malades de Riedel, l'infection avait pu arriver Jusqu'au. péritoine et déterminer une péritonite suraiguë qui, dans tous les cas, à été mortelle ; mais on comprend qu’une infection moins onlbates puisse se localiser à la trompe et créer un pyosalpinx. La fréquence de ces pyosalpinx fermés bilatéraux non tuberculeux chez les vieres, est peut-être moins rare qu’on ne le croit généralement.

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