LUE
peut se présenter sous deux formes bien distinctes: la forme intra-osseuse enkystée, et la forme intra-osseuse infiltrée. Dâns la première de ces formes, la tumeur constitue une masse unique nettement limitée contenue dans une coque osseuse plus ou moins complète, et proémine plus ou moins vite soit du côté de la joue, soit du côté de la cavité buccale ou nasale; en perforant tôt ou {ard la paroi amincie de l'os. Dans la forme intra-osseuse infiltrée il n’existe pas de coque osseuse et on n'observe pas de ligne de démarcation nette entre le tissu sain et le
tissu malade.
Le sarcome périostique appelé encore sarcome périphérique, constitue habituellement à la surface externe du : maxillaire supérieur une masse arrondie et aplatie, plus ou moins volumineuse, recouverte par un périoste épaissi, et recouvrant elle-même un os plus ou moins profondé-
ment altéré. ke
Au point de vue de leur structure, le plus souvent les sarcomes centraux des mâchoires sont des sarcomes myéloïdes encore appelés sarcomes à myéloplaxes, par Eug. Nélaton qui en a donné dans sa thèse d’agrégation une excellente description. Ils ont habituellement une coloration rouge lie de vin que l’on a comparée à celle de la rate ou du poumon hépatisé.
Leur consistance est tantôt ferme, tantôt au contrairé
molle et friable.
Les sarcomes myéloïdes sont constitués, essentielle-
ment par des myéloplaxes comme leur nom lindique ; et
accessoirement par des cellules arrondies petites ou cel-
NE va
Van Are
lules embryonnaires, et quelquefois aussi par des cellules allongées fusiformes.
Lorsque ces éléments accessoires viennent à prédominer, on n’est plus en présence d’un sarcome myéloïde ; mais, suivant que les cellules embryonnaires ou fusiformes sont en majorité, on a affaire à un sarcome encéphaloïde ou à un sarcome fasciculé.
Les sarcomes myéloïdes s’observent surtout au niveau de l’arcade alvéolaire, tandis que les sarcomes du corps du maxillaire supérieur appartiennent de préférence au groupe des sarcomes encéphaloïdes ou à celui des sarcomes fasciculés. Ces derniers néoplasmes qu’on confon-. dait autrefois presque toujours avec les cancers atteignent quelquefois des dimensions énormes. |
Parmi les transformations que peuvent subir les sarcomes centraux, de la mâchoire supérieure, il faut citer la formation de kystes dans leur intérieur (kysto-sarcomes), et surtout leur vascularisation exagérée donnant lieu pendant la vie à la production de battements et de souffles pouvant faire croire à un anévrysme.
Quant aux sarcomes périostiques, ce sont presque toujours des sarcomes encéphaloïdes ou fasciculés. L’ossification est fréquente dans cette variété de sarcomes (sarcomes ossifiants, sarcomes ostéoïdes) ; on voit alors des aiguilles osseuses partir de la surface de l’os et pénétrer dans la tumeur. Dans d’autres cas, il ne s’agit que d’une simple calcification. La transformation kystique est ici excep-
tionnelle.
Lechaux 2
ETIOLOGIE
Les sarcomes de la mâchoire supérieure, comme {ous les sarcomes, s’observent de préférence chez les individus relativement jeunes. D’après E. Nélaton, les sarcomes myéloïdes se développent en général à un âge moins avancé que les autres sarcomes, entre quinze et vingtcinq ans. Toutefois, cette règle est sujette à de nombreuses exceptions, .et le malade dont il s’agira tout à Pheure dans notre observation personnelle, quoique âgé de 44 ans, avait un sarcome myéloïde du maxillaire supérieur gauche. $
D’après Estlander les hommes seraient exposés trois fois plus que les femmes à l'affection qui nous occupe, sans qu’il soit possible d'expliquer scientifiquement cette prédilection marquée pour le sexe masculin.
Terrillon (1) a montré que dans certains casle sarcome peut prendre naissance autour d’une dent incluse ou déviée ; comme le prouvait d’une façon irréfutable une observation qu'il avait rapportée.
L'influence du traunatisme et du refroidissement mise en doute par de nombreux auteurs semble cependant
indiscutable dans certaines observations. ?