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lulation dans le sang. Mais dans la forme commune une multiplication n’est guère vraisemblable ; le microbe est simplement véhiculé par le sang.
D'ailleurs Joseph Kock en 1908, qui avait étudié cette question au point de vue expérimental arrivait à la conclusion qu’une culture dans le sang n’est guère probable.
Gastinel et Reïlly dans leur rapport au Congrès de Médecine de 1927 se rattachent à la même opinion que la pullulation microbienne dans le sang n'est pas un élément constitutif obligatoire de l’état septicémique.
Ils expliquent l’augmentation possible du nombre des colonies du sang par des numérations bactériennes en série au cours de certaines septicémies graves ; Car, au niveau du poumon richement vascularisé, il existe très souvent des abcès, véritables amas microbiens, qui sous l'influence du brassage continu, peuvent mettre en liberté dans le torrent circulatoire de grandes quantités de bactéries et ils concluent :
« Hormis les septicémies suraiguës qui reproduisent exceptionnellement chez l’homme le processus observé chez l'animal, la multiplication sanguine des bactéries demeure essentiellement un phénomène terminal; elle ne peut dès lors être acceptée comme critère de l’état septicémique. »
Et attribuant surtout de l’importance au cortège de phénomènes infectieux et toxiques accompagnant la septicémie ; ils définissent la septicémie :
« Toute infection générale conditionnée par la présence constante ou passagère dans le sang, de bactéries pathogènes et de leurs poisons. Issue de foyers sep-
Lo
tiques, appréciables ou non, elle engendre des signes généraux graves tenant à la multiplication des microbes dans les organes, à l’action de leurs toxines, enfin aux effets nocifs des produits de désintégration cellulaire, tous symptômes laissant au deuxième plan le foyer infectieux initial. »
ETIOLOGIE
Les multiples habitats du staphylocoque expliquent la variété des portes d’entrée du microbe.
Les furoncles et anthrax tiennent un tout premier plan. En particulier l’anthrax du dos et celui de la lèvre supérieure qui en dehors même de sa complication classique : thrombophlébite de la veine faciale et des sinus, peut donner une septicémie. Mais parfois il s’agit de furonculose très banale. (Observation III.)
Toutes les lésions cutanées peuvent être la porte d'entrée du staphylocoque. Dans une de nos observations ce fut un panaris de l’index droit (obs. VI); dans deux autres (obs. I et IV) il s’agissait de plaies infectées du pied. Mais parfois une simple excoriation infectée suffit : varicelle, gale; et il faut noter cette opposition qui existe entre le streptocoque qui se généralise après des blessures profondes et le staphylocoque avec ses portes d'entrée superficielles.
Les lésions du tractus uro-génital contrairement aux opinions classiques qui en font la porte d’entrée élective du colibacille peuvent être l’origine d’une septicémie à staphylocoques. Dans notre observation II il s’agissait d’une pyélonéphrite avec volumineux calcul du rein droit. Les interventions et en particulier le sondage chez les rétrécis, suivi de fausse route, peuvent
LG res
être suivis d’une septicémie comme nous l’a montré notre observation V.
Nous n'insisterons pas sur les autre portes d’entrée : amygdalites, infection utérine, etc.
Dans certains cas, on ne trouve pas de porte d’entrée. On peut alors penser qu’elle passe inaperçue : lésions cutanées ou muqueuses minimes ou bien que le staphylocoque a traversé la muqueuse intestinale comme l’ont montré Calmette et Petit.
Mais il faut insister surtout sur le terrain qui joue un rôle primordial dans la genèse des septicémies à staphylocoques. On trouve toujours une tare : sujets débiles, cachectiques et par suite, résistant moins à une infection possible. Le rôle de l’hyperglycémie est classique et l’on sait l’importance de sa recherche chez les sujets atteints de staphylococcies, pour les traiter, si besoin est, par des injections d’insuline.
Dans nos observations nous avons relevé que dans quatre cas il s’agissait de jeunes gens surmenés avec état général mauvais (obs. I, III, IV, VI) et dans deux cas, il s'agissait d’un éthylique spécifique avec cirrhose (obs. V) et d’un infecté urinaire (obs. IT).
Cette notion de débilité de terrain est d’un intérêt primordial au point de vue diagnostic et pronostic.
Enfin dernièrement, à la Société de Chirurgie, Louis Bazy a insisté sur l'importance de l'adaptation des germes au terrain sur lequel ils évoluent; pour lui, aucune septicémie n’est plus grave que celle provoquée par un germe depuis longtemps adapté à son milieu et cette conception expliquerait bien la gravité des septi-
cémies à staphylocoques.