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gouillement, de la diarrhée. La rate est un peu grosse, percutable sur 4 ou 5 travers de doigt. Le foie est gros également. On note de l’albumine dans les urines, qui sont foncées et peu abondantes.
En somme, tableau infectieux banal, sans signes de localisation. L'état général permet de porter un pronostic très sombre : le pouls rapide, la dyspnée, l’état d’adynamie, parfois une éruption purpurique étant autant de signes de gravité. Et en fait, l’évolution se fait en règle vers la mort en quelques jours.
Si l’évolution se prolonge, on pourra voir apparaître des abcès viscéraux, cutanés, osseux ou articulaires ; c'est là, comme nous l’avons déjà dit, une forme de passage avec la septicémie à localisations apparentes, que nous étudierons ultérieurement.
A l’autopsie de ces formes, on retrouve : soit des lésions de dégénérescence diffuse due à la toxémie; soit des amas microbiens n'ayant pas eu le temps de suppurer ; soit des microabcès en formation.
Nous reviendrons ultérieurement sur ces lésions.
Voici deux cas de septicémies sans localisation apparente que nous avons pu observer :
OBSERVATION I (personnelle)
Septicemie à staplylocoques sans localisations apparentes ayant évolué vers la mort en huit jours.
M. G..., âgé de 16 ans, employé de bureau entre à l'Hôpital Saint-Joseph, Pavillon Armand-Heine, le 26 novembre 1934. On apprend que trois semaines auparavant le malade a eu une plaie au talon droit qui a suppuré, mais le malade a continué à travailler. Depuis dix jours il se sent mal à l'aise et depuis
RAA Vers
quatre jours la température a monté à 40° sans frissons mais avec des sueurs abondantes.
L'état général est grave : le sujet est pâle, infecté, adynamique. La température est à 4004; les urines contiennent un louche d’albumine. L’examen ne montre rien : les poumons sont sains, le cœur est normal, un peu rapide. La rate est percutable sur quatre travers de doigt.
Une hémolculture est pratiquée; elle donnera du staphylocoque doré.
On note au niveau du talon droit la cicatrice de la suppuration cutanée.
Le 27 novembre, l’état du malade s’aggrave. La température est à 4002. Le malade présente du délire alternant avec une prostation extrême.
Un petit frottement pericardique de la base du cœur est apparu. Le reste de l’examen ne montre rien de particulier.
Le malade meurt le 27 novembre au soir.
Autopsie pratiquée le 29 novembre 1934.
On note des suffusions hémorragiques multiples sous péricardiques, de la congestion des poumons, surtout à droite.
Le rein et le foie, la rate paraissent normaux.
Examen histologique pratiqué par le Dr Coirre.
Poumons: on note de très grosses lésions congestives et, hémorragiques ; au milieu de ces lésions, dans les parties denses on voit quelques petits foyers purulents formés de quelques polynucléaires mais surtout de lymphocytes et d’un certain nombre de grandes cellules mononucléées d’aspect histiocytaire. Au centre de ces lésions amas de staphylocoques.
Cœur : au niveau du pericarde, il existe des lésions hémorragiques mais pas de réaction inflammatoire apparente ; toutefois, on trouve en plein myocarde au milieu des fibres cardiaques et même les repoussant, des amas staphylococciques dont la situation vasculaire est difficile à préciser ; ces amas microbiens ne provoquent autour d’eux aucune lésion réactionnelle.
Reins: dans le rein qui paraît normal, on trouve de belles embolies microbiennes (voir microphoto I). On trouve également des amas de staphylocoques dans les capillaires glomérulaires (voir microphoto Il).
En résumé: septicémie à staphylocoques dorés, contrôlée par une hémoculture, secondaire à une plaie
infectée du talon, caractérisée par un syndrome infectieux, d’allure typhoïde et terminée par la mort en huit jours. Aucune localisation clinique, mais on retrouve du staphylocoque sur les préparations du poumon, de cœur et de reins.
OBSERVATION II (personnelle)
Syndrome infectieux avec ictère. A l’autopsie: staphylocoques disséminés dans tous les organes.
M. Désiré G.…., âgé de 57 ans, concierge, entre à l'Hôpital Saint-Joseph, Pavillon Armand-Heine, le 21 novembre 1934 pour ictère avec parotidite. Le malade, très obnubilé, répond difficilement. Dans ses antécédents on note: un phlegmon d’origine dentaire en 1931.
Une congestion pulmonaire en 1932.
Depuis quatre ans il aurait de l’albumine dans ses urines.
Le début de l'affection actuelle remonte au 15 novembre 1934. Le malade est alors pris de douleurs dans l’hypocondre droit. Douleurs violentes survenant par crises de dix minutes et ayant duré presque quarante-huit heures ; de plus, le malade présentait une température à 400 avec céphalée et courbatures.
Le 17 novembre, apparition de l’ictère avec urines très colorées, mais selles, non décolorées ; en même temps, apparition de la parotidite gauche. Le malade auraït eu une hématurie.
A l’entrée, le 21 novembre, le malade est extrêmement prostré, la température est à 38° seulement. On note la teinte ictérique des téguments, des conjonctives, des muqueuses.
La parotide gauche est tuméfiée, la peau est rouge, le palper douloureux.
A la face interne de la joue, la muqueuse est rouge, tuméfiée du côté correspondant. Une goutte de pus sourd au niveau de l’orifice du canal de Sténon.
Le foie est augmenté de volume ; il déborde de trois travers de doigt au dessous des fausses côtes avec défense musculaire dans la région sous hépatique et point douloureux lombaire droit.
La rate est percutable sur cinq travers de doigt.
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On note quelques roncus disséminés dans les deux champs pulmonaires.
Le cœur est normal. La T. A. basse 9/6 au Vaquez.
Il existe un peu de raideur de la nuque. Les réflexes des membres inférieurs sont normaux. Les pupilles réagissent très peu.
Au niveau de la face antéro-externe de la jambe droite, la peau est echymotique, il semble exister une collection souscutanée.
Les selles sont un peu décolorées. Dans les urines on trouve de l’albumine, et un examen cytobactériologique y montre :
Assez nombreux globules de pus ;
Pas de spirochètes ;
Très nombreux staphylocoques purs, qui sur culture, donnent des colonies de staphylocoques dorés.
Un dosage de l’urée sanguine donne 2g,25 par litre.
Un traitement digitalique et par les extraits hépatiques est institué.
Les jours suivants, l’état s'aggrave progressivement et le malade meurt trois jours après son arrivée.
Autopsie pratiquée le 25 novembre 1934.
Rein droit : oblitéré par un énorme calcul coraliforme du bassinet, réduit à une mince épaisseur de tissu rénal. Grosse dilatation des calices.
Rein gauche : hypertrophie compensatrice.
Foie : augmenté de volume, semé d’une multiplicité de petits abcès.
Vésicule biliaire : remplie de bile louche avec poussière de calculs noirâtres sans obstruction des voies cystiques ni cholédoques.
Cœurs et poumons normaux macroscopiquement.
Examen histologique pratiqué par le le Dr Coirre.
Rein droit: on retrouve deux types de lésion; d’une part des lésions témoignant d’une réaction ancienne : infiltration diffuse de toute la substance rénale et glomérules multipliés dans la zone corticale, certains subissant la dégénérescence hyaline ; d’autre part des abcès et des zones de réaction inflammatoire surtout lymphocytaire et plasmocytaire avec au centre staphylocoques dans les vaisseaux et dans les tubes du rein.
Le foie montre de très nombreux abcès, généralement de petite taille, donnant un aspect bigarré à la coupe (voir microphotographie IV).