FORMES AIGUES A LOCALISATIONS MULTIPLES OÙ PRÉDOMINANTES
SEPTICOPYOHÉMIES STAPHYLOCOCCIQUES
Ces formes sont parmi les infections généralisées à staphylocoques les plus fréquentes : 55 % des cas, environ.
Elles sont essentiellement caractérisées par : un état général grave, traduction clinique de la septicémie, et par un certain nombre de localisations qui se retrouvent être presque toujours les mêmes dans la plupart
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des cas et doivent en dehors même de tout examen bactériologique, faire penser à une staphylococcémie ; alors que tous les organes peuvent être atteints, on retrouve avec une fréquence particulière trois sièges de lésions :
Rénales ;
Pulmonaires ;
Ostéoarticulaires.
Parfois, ces lésions peuvent prendre le premier plan, mais, toujours derrière ces signes de localisation, on retrouve un tableau d'infection grave.
Voilà les quatre cas de forme septico-pyohémique que nous avons pu observer :
OBSERVATION III (personnelle)
Septicémie à staphylocoque doré ayant évolué en six mois avec lésions pulmonaires, rénales et ostéo-articulaires, traitée par un auto-vaccin et terminée par la guérison.
Il s’agit d’un jeune homme M. H..…., âgé de 23 ans, électricien, envoyé à l'hôpital Saint-Joseph par le D' Perrachon avec le diagnostic de septicemie à staphylocoque.
Le 15 septembre 1933, le début de la maladie a été brutal, marqué par un grand frisson et une brusque élévation de la température à 3905 accompagnée de courbatures généralisées avec violentes douleurs abdominales. Ce jeune homme avait subi au début de juillet une arthrotomie du genou droit pour l’ablation d’un ménisque et avait fait dans sa convalescence plusieurs furoncles aux cuisses et aux bras qu’on avait traités par des injections de vaccins.
Avant son entrée à l'hôpital, le Dr Perrachon avait fait pratiquer différents examens de laboratoire :
Une hémoculture avait donné un staphylocoque doré hémolytique; la numération globulaire avait montré une leucocytose de 15.000 avec 82% de polynucléaires.
L'examen des urines avait révélé :
— Albumine 0 gr. 30; — Des traces importantes d’urobiline ; — Quelques rares cylindres granuleux ; — Quelques polynucléaires ; — De nombreux staphylocoques dorés.
Le 27 septembre, nous nous trouvons en présence d’un malade pâle, déprimé aux conjonctives légèrement subictériques, paraissant atteint d’une infection grave. La température atteint 3905. Le pouls bat à 110. La T. A. est à 10,5 /6.
L'examen clinique ne révèle aucune localisation viscérale apparente.L’examen des urines confirme le précédent diagnostic, mais montre un dépôt purulent assez abondant.
Une hémoculture pratiquée le 23 révèle la présence dans le sang d’un staphylocoque doré, avec lequel on prépare un autovaccin.
Les jours suivants, apparaissent des signes de localisation à la base pulmonaire gauche : douleur, submatité, soufle tubopleural, couronne de râles crépitants. Une expectoration purulente assez abondante apparaît, avec quelques crachats sanglants.
Une ponction pleurale exploratrice est négative le 28 septembre.
Le 29 septembre. — Le malade se plaint d’une douleur violente à la base droite et l’on constate les mêmes signes pulmonaires, qu’à la base gauche.
L’expectoration purulente et sanguinolente persiste abondante ; l'examen des crachats montre des globules de pus assez bien conservés avec une flore microbienne presque uniquement composée d’amas de staphylocoques. Pas de B. K.
Le 15 octobre. — L'état général s’est aggravé. La température continue à osciller entre 38° et 3905 avec sueurs profuses. Le malade pâle et amaigri est très prostré et se plaint de douleurs thoraciques intenses qui l’empêchent de dormir.
La palpation des régions lombaires est douloureuse surtout à gauche mais ne révèle aucun empâtement.
L'examen permet en outre de localiser une douleur exquise et fixe vers l'extrémité antérieure de la dixième côte qui est tuméfiée ; il existe à ce niveau une légère tuméfaction avec voussure et rougeur de la peau : on fait le diagnostic d’ostéopériostite costale.
Le 23 octobre. — Une légère amélioration semble survenir ;