LARMES
le malade se plaint moins, l’expectoration diminue. De nombreux et gros râles humides persistent aux bases.
Le 28 octobre. — Reprise de la température avec nouvelle aggravation des signes généraux. Le malade se plaint d’un point de côté très violent à la base droite et expectore à nouveau des crachats sanglants.
Le 3 novembre. — Survient une douleur intense dans la hanche gauche, rendant toute mobilisation impossible, et arrachant des cris au malade. La région est légèrement œdématiée ainsi que la cuisse avec circulation collatérale manifeste. On craint une arthrite ou une phlébite et on immobilise le membre inférieur gauche.
Durant quelques jours, aucune thérapeutique ne calmant les douleurs extrêmement violentes, on fait chaque soir une injection de morphine.
Le 11 novembre. — La douleur s’atténue ainsi que les signes physiques mais : le 15 novembre, une douleur violente apparaît du côté opposé au niveau de la hanche droite.
Les jours suivants la douleur s’atténue puis disparaît à
droite, comme elle a disparue à gauche, sans signes de suppupuration.
Le 24 novembre. — Une nouvelle hémoculture est positive. Pourtant l’état général s’améliore progressivement. Le malade s’alimente mieux. L’insomnie est moins tenace. La pâleur et un amaïigrissement extrême persistent encore.
En décembre. — La situation s’améliore ; aucune localisation nouvelle n'apparaît.
En janvier. — Le malade entre en convalescence et sort de
l'hôpital le 5 février, après quatre mois et demi de séjour, guéri en principe, car il faut se méfier des rémissions prolongées. La formule sanguine donne-encore 11.700 globules blancs avec 70 % de polynucléaires. L’examen des urines est normal.
Ce jeune homme est revenu nous voir fin avril 1934, trois mois après sa sortie, avec un état général superbe, ayant engraissé de 12 kilogs. Des examens de sang et d'urine pratiqués alors donnent des résultats normaux et semblent permettre d'affirmer alors la guérison.
Nous avons revu ce jeune homme, le 1er juin 1935, son état de santé excellent nous permet maintenant avec ce recul suffisant d’assurer sa guérison.
AE
En résumé : il s’agit d’une staphylococcémie survenue à la suite de furoncles multiples, se traduisant par des signes généraux graves, nous ayant fait émettre à plusieurs reprises un pronostic fatal.
Les localisations multiples sont apparues aux poumons, aux reins, sur une côte et aux deux articulations coxo-fémorales. Ces dernières localisations n’ont entraîné aucune suppuration. Elles ont été pourtant particulièrement douloureuses et semblant rentrer dans le cadre du « syndrome rhumatismal des staphylococcémies » déjà décrit par Barié et Reclus et étudié récemment par Jean Bourgeois et Porin.
Trois hémocultures ont été positives : le 18 septembre, le 23 septembre et le 24 novembre. La présence de staphylocoques dorés et de pus a été mise en évidence dans les crachats et dans les urines, traduisant les localisations habituelles pulmonaires et rénales de la septicémie staphylococcique.
Le traitement a consisté en injections sous-cutanées d’autovaccin en deux séries :
Première série de 12 injections du 6 octobre au 3 novembre.
Deuxième série de 15 injections du 26 novembre au 6 janvier.
OBSERVATION IV (personnelle) Septicémie à staphylocoque doré ayant évolué en trois mois avec lésions pulmonaires et rénales, vers la guérison. Traitement: immunotransfusions, autovaccins et injections de sulfate de cuivre.
N s’agit d’un jeune homme, M. R.., âgé de 25 ans, impri-
meur qui entre à l'hôpital Saint-Joseph, Pavillon Armand- Heine, le 26 mai 1934.
Le début de l'affection remonte au 1° mai. Le malade a ressenti alors un malaise intense avec asthénie et point de côté à la base droite sans que l’on puisse retrouver des signes d’imprégnation bacillaire dans les semaines précédentes.
Le 5 mai. — La température monte entre 39° et 40°. Le malade s’alite alors. Il tousse, mais ne crache pas.
On apprend que la 15 avril, donc quinze jours avant le début de l’affection, le malade a une plaie infectée du talon gauche dont on voit la cicatrice.
Le 26 mai. — On se trouve en présence d’un malade extrêémement pâle. Le point de côté a disparu. La température oscille entre 3904 et 400.
L'examen pulmonaire montre : à la base gauche quelques râles humides ; à la base droite, matité et diminution du murmure vésiculaire. On fait une ponction pleurale exploratrice qui reste blanche.
Le reste de l’examen ne permet pas de déceler une autre localisation viscérale : cœur, foie, fosse lombaire semblent normaux. La T. A. est à 12/5 au vaquez.
Un sero diagnostic est négatif au T. A. B.
Une hémoculture pratiquée à ce jour permettra d’isoler un staphylocoque doré avec lequel on préparera un autovaccin.
Dans les urines on trouve des traces d’albumine, pas de sucre.
Le 28 mai. — Même état général grave avec température oscillante de 1/2 degré aux environs de 400.
Un nouveau point de côté très douloureux est survenu à la base gauche.
L'examen pulmonaire montre à la base droite une diminution du murmure vésiculaire avec frottements pleuraux ; à la base gauche, même obscurité respiratoire avec petit soufle tubaire en arrière et frottements en avant.
Une ponction exploratrice pleurale faite à gauche reste blanche.
Une formule sanguine donne une légère anémie et surtout une leucocytose avec polynucléose.
Glogules rouges : 3.940.000 Globules blancs : 22.300
Polynucléaires neutrophiles 85 soit 86 4 Polynucléaires basophiles 1