LORS
atteint. De grands frissons qui deviennent bientôt très fréquents, accompagnent cette douleur; dyspnée très marquée, expectoration abondante avec parfois stries rosées. En somme début simulant une pneumonie.
Cet état persiste huit jours, puis le 6 février apparaissent des douleurs articulaires et tout particulièrement à la cheville droite qui est rouge et tuméfiée.
Dans les antécédents, il est relevé que depuis plusieurs mois la malade est surmenée, et l’année précédente a eu un accouchement, puis une fausse-couche qui ont contribué à miner l’état général.
A son entrée, la température est à 40°. La malade est prostrée, avec escharre sacrée, albuminurie abondante, diarrhée avec selles vertes, cœur rapide.
L'examen du poumon montre des foyers diffus de râles sous-crépitants et fins.
L’état empire et la malade meurt le 26 février.
Autopsie: dans les poumons droit et gauche : nombreuses granulations blanches ressemblant à des tubercules crus. Il ÿ à une caverne remplie de pus dans la région moyenne du poumon droit. Dans le poumon gauche, moitié inférieure, trois cavernes. Le pus et les cavernes sur frottis, donnent du staphylocoque.
Le rein droit et le rein gauche sont parsemés de microabcès.
Le foie est luisant à la coupe.
Le cœur présente sur la tricuspide des végétations où l’on trouve du staphylocoque.
Une hémoculture pratiquée le 25 février montra du staphylocoque.
En résumé: il s’agit d’une femme surmenée, prise brusquement d’un point de côté avec frissons, expectoration rosée simulant une pneumonie. La défervescence ne survient pas, des arthropathies apparaissent puis la malade prend l’aspect des grands infectés.
L'hémoculture a donné du staphylocoque.
À l’autopsie, les poumons, les reins, sont farcis d’abcès contenant du staphylocoque à l’état pur.
Dans cette observation, nous retrouvons donc les localisations électives des septicémies à staphylocoques : poumons, reins et lésions ostéo-articulaires que nous allons maintenant étudier.
39 LÉSIONS OSTÉO-ARTICULAIRES
Moins fréquentes que les lésions pulmonaires et rénales, les lésions astéoarticulaires sont néanmoins une des localisations habituelles du staphylocoque doré dans les septicémies.
On sait l’affinité du staphylocoque pour le tissu osseux. Sur 45 cas d’ostéomyélite, Lannelongue et Achard, ont trouvé 37 fois du staphylocoque, 4 fois du streptocoque, 2 fois du pneumocoque et 2 fois un microbe indéterminé.
Les ostéomyélites sont extrêmement banales avec leur gonflement, leur douleur. Mais, leurs localisations étant extrêmement variées, elles prennent des aspects très différents :
Tantôt rachidiennes, elles peuvent simuler un mal de Pott comme l’ont montré Carnot et Langeron ;
Tantôt à type de spondylite (Harvier) ;
Tantôt costales, elles peuvent donner un point de côté gênant la respiration; c’est le cas de deux de nos observations.
Dans notre observation III, le malade présenta une douleur extrêmement violente au niveau de l’extrémité antérieure de la X® côte droite, avec empâtement et tuméfaction de la côte. La peau était le siège d’œdème