CONCLUSIONS
Les septicémies à staphylocoques semblent actuellement devenir de plus en plus fréquentes ; elles ont suscité de nombreuses publications et de récentes discussions dans les réunions tant médicales que chirurgicales.
Elles semblent particulièrement fréquentes chez les sujets jeunes, surmenés, survenant à l’occasion d’une infection cutanée souvent banale.
En présence d’un état fébrile inexpliqué, la constatation, par un examen méthodique des séguments, de. cette infection cutanée, souvent déjà cicatrisée est d’une importance capitale pour le diagnostic.
Le staphylocoque doré est toujours le germe rencontré.
Le Tableau clinique est variable :
a) Il est des formes aiguës sans localisation clinique apparente, et rapidement mortelles. Elles revêtent l’allure d’une fièvre typhoïde grave dont la nature ne peut être précisée que par la notion d’une infection antérieure et affirmée que par l’hémoculture.
b) Les formes aiguës ou subaiguës à localisations multiples ou prédominantes se compliquent de localisations suppurées multiples, rénales ou pulmonaires surtout, réalisant cliniquement des septico-pyohémies.
Des douleurs ostéo-articulaires peuvent occuper le premier plan et constituent une forme pseudo-rhuma-
tismale de la staphylococcémie. Les phénomènes fonctionnels sont, le plus souvent, beaucoup plus importants que les signes locaux. Des examens radiographiques sont nécessaires pour préciser les lésions ostéoarticulaires.
Assez spéciales sont deux formes bien individualisées dans la thèse de Giroire :
19 La forme endocarditique à localisation surtout mitrale se manifeste par une éruption cutanée de taches purpuriques et de vésico-pustules ;
20 La forme érysipélatoïide, secondaire le plus souvent à un furoncle de la face, simule au début un érysipèle grave mais s’en différencie par quelques caractères particuliers du placard inflammatoire avec sa teinte violacée, son refroidissement et l’absence de bourrelet. Elle se complique souvent d’une thrombophlébite et comme la forme précédente est toujours mortelle.
Les constatations anatomo-pathologiques, faites dans ces différentes formes, sont absolument superposables on retrouve toujours la lésion histologique de l’embolie staphylococcique à tendance nécrosante et suppurative ; et l’on peut dire que leur variabilité est surtout fonction de la rapidité d'évolution de la maladie. La rapidité d'évolution empêchant seule les infarctus microbiens d'aboutir à la confluence et à la suppuration cliniquement décelables.
D'une manière générale, quelque soit l’organe observé, on peut décrire trois stades évolutifs des lésions anatomiques.
10 Le premier stade peut être considéré par l’oblité-
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ration presque complète d’un capillaire par des éléments microbiens groupés en amas.
Les staphylocoques se sont multipliés in siu, sans réaction inflammatoire de voisinage. On peut pourtant constater parfois un certain degré d’altération des parois du capillaire, et au pourtour une infiltration interstitielle des globules rouges. Ces réactions prouvent que cette oblitération capillaire n’est pas un phénomène agonique ;
2° Un stade de plus, et la lésion ayant évolué, autour du capillaire apparaît une zone de réaction inflammatoire infiltrée delymphocytes mononucléaires et quelques polynucléaires, rendant méconnaissable la structure du tissu. A la périphérie existent des extravasations sanguines avec infiltration de globules rouges, mais les travées cellulaires restent normales.
3° Dans un troisième stade enfin, la zone centrale est en voie de suppuration. Les leucocytes sont dégénérés, un petit abcès miliaire s’est constitué, parfois même le pus s’est évacué.
L'on conçoit que si la maldie se prolonge, ces petits abcès miliaires confluent et se transforment en une collection suppurée ayant une histoire clinique.
Ces petits abcès miliaires sont très précoces et nous les avons rencontrés disséminés dans divers parenchymes foie, rein, poumon, myocarde, au cours de nos autopsies. Ils constituent la caractéristique anatomopathologique des septicémies staphylococciques, représentant l’évolution nécrosante de l’embolie staphylococcique. Aussi même dans les formes suraiguées, rapidement mortelles,