‹ Contribution à l'Étude des Septicémies Veineuses StreptococciquesChapitre 13 sur 16 · OBSERVATION II · texte numérisé non relu

OBSERVATION II

Septicémie streptococcique mortelle à manifestation veineuse primitive

(Société médicale des hôpitaux, 7-12-%3. André CAÏN et Pierre OURY, présentée par M. Bensaude).

Maurice P..., âgé de 32 ans, entre à l’hôpital Saint-Antoine dans le service de notre maître, le Docteur Bensaude, le 15 mai 1923, pour fatigue générale et pour douleurs datant des premiers jours de mai. Sans aucun passé pathologiqu?, brusquement, le 1°’ mai, le malade ressent une fatigue intense avec des douleurs dans l’épaule et dans le bras droit.

Le 2 mai, le malade interrompt son travail, les douleurs sont plus intenses et plus diffuses. Du 3 au 12 mai, l’état général s'aggrave. Au bras droit apparaît nettement un œdème très nettement pseudo phlegmoneux étendu du poignet à l’épaule. On craint une suppuration profonde de la région axillaire droite. Le 12 mai, les phénomènes inflammatoires rétrocèdent au bras mais les douleurs restent violen-

tes ainsi qu’au membre inférieur gauche.

Le 15 mai, à son entrée à l’hôpital, le malade est extrêmement prostré. Le facies terreux, la langue sèche, le pouls mou et rapide donnant la sensation d’un infection grave, ja température atteint 30°2. Mais parfaitement présent, le malade reconstitue son histoire et se plaint de douleurs intenses qui immobilisent son bras droit et sa jambe gauche au niveau desquels des modifications physiques sont apparentes.

A la face interne du bras droit, sous une peau de coloration normale mais parcourue par une légère circulation collatérale, on sent une tuméfaction ovoïde dure à contour un pen imprécis. Cette tuméfaction occupe le 1/3 moyen de la loge interne du bras, à sa partie supérieure elle se continue par un cordon dur, douloureux, que l’on arrête jusqu’au sommet du creux axillaire et qui est évidemment une phlébite.

A la racine de la cuisse gauche existe un œdème variqueux assez marqué avec circulation veineuse collatérale. Aucun cordon phlébitique n’est décelable au palper.

La palpation du triangle de Scapa est extrêmement douloureuse, tout mouvement du membre inférieur est impossible, l’existence d’une phlébite profonde s’impose.

Tandis que les troncs veineux périphériques sont le siège de lésions importantes, l’examen des divers appareils ne révèle aucune altération notable. Les bruits du cœur sont assourdis mais réguliers : il n’y a pas de souffles orificiels. Le poumon et le système nerveux sont intacts. Il existe seulement une constipation opiniâtre. Le foie paraît indemne : il n’y a pas d’ictère, pas d’urobilinurie; l’azote résiduel du sang est à 0,60 par litre. La ponction lombaire ne révèle rien d’anormal.

Dès le lendemain de l’entrée du malade, s’accuse une aggravation continue de son état. Un foyer bronchopneumonique apparaît à la base gauche le 18 mai.

den" dus

Le 19 mai, on constate l’existence d’une hématurie de plus en plus abondante.

: Les lésions périphlébites s'étendant, une circulation collatérale se montre à leur niveau.

Il existe une anémie légère (3.500.000). La polynucléose atteint 00 p. 100.

Lex s et le 23 mai, l’hémoculture permet d’isoler dans le sang circulant un streptocoque typique qui hémolyse ie sang ensemencé. Mais sa virulence est faible, son injection dans les veines du cobaye et du lapin reste sans effet.

Le 4 juin, le malade qui, jusque là, avait conservé sa lucidité s’éteint dans le coma.

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