INTRODUCTION
L’affinité du streptocoque pour l’endoveine est connue depuis longtemps. Parfois la localisation veineuse au voisinage du foyer infectant reste locale et crée le tableau classique de la phlegmatia bénigne et curable. D’autrefois, elle n’est qu’un point de relais qui entretient la septicémie. Ceci est surtout vrai pour les phlébites hautes des grosses veines iliaques et les thromboses du sinus latéral au cours des otites. Cette localisation veineuse n’est pas toujours seeondaire, elle peut marquer le début de la maladie et prendre une importance telle qu’elle caractérise toute la septicémie; ainsi se trouve constituée une forme particulière de septicémie : la septicémie veineuse. Ce sont V'aquez et Leconte qui, les premiers, ont attiré l’attention sur cette variété de septicémie dont ils ont décrit la forme subaiguë.
Vaquez justifie le terme de septicémie veineuse, d’une part, par la marche de l’infection, ses poussées sucessives et son «extension à des territoires plus ou moins distants les uns des autres, d’autre part, par des manifestations cliniques uniquement veineuses. M. Vaquez a étudié à plusieurs reprises les septicémies veineuses subaiguës; il en décrit les différentes formes cliniques : forme à petits foyers successifs, forme à allure de phlegmatia, forme hémoptoique, forme quadriplégique. Dans les mêmes travaux, il insiste sur l’étiologie de l'infection causale, la nature de cetie infection; souvent le gerrne ne peut être isolé, la porte
Tes
d’entrée est difficile à mettre en évidence, l’évolution est souvent longue. Depuis, plusieurs observations de septicémie veineuse subaiguë ont été publiées par Ponthieu, Puesch, S. Vidal, A. Martin, Raynaux, Lacroix, Boutin, Lafond dans sa thèse, en 1930, les a étudiées à nouveau. Enfin, ces dernières années, Laignel-Lavastine, A. Escalier et J. Odinot en ont publié un cas intéressant.
Mais, à côté de ces septicémies veineuses où l’état fébrile est peu marqué, il existe des septicémies veineuses ou apparaissent des phénomènes généraux assez intenses pour donner un caractère de gravité à la maladie. La première observation de cette forme clinique remonte à 1912, année où Jules Renault et P. Lévy publièrent un cas de streptococcémie à localisations bénignes sur les veines et les petites articulations. Dans cette observation on trouve un état septicémique assez grave avec hémoculture positive, et, comme seul symptôme de localisation très précoce, un double processus phlébitique.
En 1919, Etienne et Leconte en ont observé deux cas suivis de mort; Roux, de Poitiers. un cas longuement observé (1916-1919) qui évolua en deux phases, l’une de septicémie veineuse subaiguë, l’autre de septicémie veineuse aiguë mortelle; Vaquez, un cas dont l’évolution a duré un an. En 1923, MM. André Cain et Pierre Oury, ont publié un cas de septicémie streptococcique mortelle à manifestations veineuses primitives. Leur observation personnelle, jointe à ces quelques faits épars dans la littérature, leur a permis d'isoler une nouvelle forme ‘de septicémie veineuse,
la forme aiguë. Pour MM. A. Cain et P. Oury, la
CAS, HS
septicémie veineuse aiguë se schématise ainsi : les lésions phlébitiques ouvrent la scène, puis apparaissent des phénomènes généraux assez graves pour imposer la notion de septicémie. Plusieurs segments veineux sont successivement atteints mais la réaction veineuse est plus ou moins intense et sa forme variable. Cette forme de septicémie veineuse se distingue de la septicémie veineuse subaiguë de Vaquez par l'intensité et la durée de l'affection.
Nous étudierons les septicémies veineuses streptococciques des membres; nous avons pu en observer un cas et nous voulons, à ce sujet, rappeler l’histoire des septicémies streptococciques ainsi que les caractères classiques du streptocoque.
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