‹ Contribution à l'Étude des Septicémies Veineuses StreptococciquesChapitre 5 sur 16 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

L'histoire des infections à streptocoque ne peut remonter, on le conçoit, au delà de l'époque où les études microscopiques ont commencé à se généraliser.

Coze et Feltz cherchant le parasite dans le sang des femmes infectées trouvèrent, dès 1869, des microbes en chaînettes et essayèrent sans succès leur culture dans l'eau sucrée. Bien que ces auteurs aient décrit des organismes de cette forme dans d'autres maladies infectieuses telles que la fièvre typhoïde dont le microbe est reconnu aujourd’hui être un bacilie, bien que leur inoculation ait été pratiquée avec du sang de cadavre, il n’en faut pas moins retenir ce fait qu'ils ont été les premiers à constater la présence d’organismes en chaînettes dans les liquides pathologiques.

Les expérimentateurs qui suivirent, tels que Recklinghausen, Waldeyer, Orth, constatèrent également la présence d’un microbe en chaînette et déterminèrent des accidents infectieux par inoculation successive de liquides péritoneaux. M. Quinquaut, en 1872, dans sa thèse, s’était attaché à démontrer la nature infectieuse des accidents puerpéraux en déterminant des septicémies chez les animaux par inoculation des lochies de femme fébricitante.

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C'est Pasteur qui, en 1879, devait tirer la question de l'obscurité qui l’entourait encore. Dans une série de communications faites à l’Académie de Médecine :1l établit la présence fréquente des microbes en chainettes pendant la vie ou après la mort chez des temnies atteintes de fièvre après l’accouchement. Il fût le premier à isoler ce microbe, à en donner les caractères et à montrer le rôle principal joué par lui dans les accidents infectieux d’origine puerpérale. Les travaux de Pasteur devaient être le point de départ des recherches qui suivirent.

L'année suivante Doléris, dans sa thèse, décnivit plusieurs espèces d’organismes dans l'infection puerpérale, un microbe en chaînette, un autre en double point, enfin une bactérie septique. À chaque espèce différente, Doléris attribue la faculté de déterminer une forme spéciale de la maladie; c’est ainsi que la chainette produisait la pyohémie lente; le diplocoque, les suppurations rapides; la bactériemie, la septicémie foudroyante.

Les recherches ultérieures n’ont pas confirmé cette classification de Doléris. D'autre part, il est démontré aujourd’hui que la chaînette, le point double et ie point simple ne sont que les différentes formes d'un même organisme.

Il est juste d’ajouter qu’à l’époque ou Doléris publia ses travaux l'erreur était inévitable tant étaient restreints les procédés de culture et d'isolement employés en microbiologie; en effet, Doléris, comme Pasteur, ensemençait quelques gouttes de sang prélevées par piqûre au bout du doigt.

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Plus tard, les remarquables travaux de Widal et de Bezançon sont venus compléter nos connaissances sur elles et sur le streptocoque. S'appuyant sur des examens microscopiques pratiqués au cours d'autopsies, ils montrent que le streptocoque est l’agent des différentes formes de l'infection puerpérale, puis précisent les caractères du streptocoque.

Les observations de Widal étaient d’ordre purement anatomo-pathologique.

Les observateurs qui suivirent : Brieger, Czerniewski, Petruschki, Kinhnov, cherchèrent avec quelle fréquence le streptocoque pouvait être trouvé, pendant la vie, dans le sang des puerpérales.

Lemierre, dans sa thèse, en 1903, décrit une nouvelle technique d’ensemencement du sang, et fait une à UP £ étude des infections à streptocoques : infections puerpérales, septicémies chirurgicales, érysipèle, pyosepticémies médicales streptococciques. En 1924, À. R. Prévot étudie les streptocoques anaérobies.

Puis, Lemierre et Noël Deschamps, en 1925, font une étude d’ensemble très complète des septicémies à streptocoque, tandis que Burnet, Weissenbach, Sedaillan s’appliquaient à la classification exacte et à la description des streptocoques.

Au Congrès de Médecine de 1927, F. Arloing, À. Dufourt et L. Lanceron ont rédigé un rapport très complet sur les différentes formes cliniques des septicémies streptococciques.

Enfin, ces dernières années, Ramond, Nobécourt, L. de Gennes, ont publié des travaux sur ces septi-

cémies.

LE STREPTOCOQUE

Les streptocoques, cause déterminante des septicémies streptococciques sont des coccis arrondis disposés dans les milieux organiques ou dans les cultures liquides en diplocoques et surtout en courtes chaînettes de 4, 6, 8, 10 éléments. Ils prennent le Gram. Le streptocoque est anaérobie, se développe sur gélose ordinaire en petites colonies très fines, pousse lentement sur le bouillon en y formant de petits grumeaux très ténus qui nagent dans le liquide sans le troubler, coagule le lait, attaque l’amidon, le saccharose, le lactose, pousse dans le milieu de Weissenbach sans être détruit par la bile, ne noircit pas le milieu à l’esculine. La grande diversité des manifestations cliniques engendrées par les streptocoques a posé la question des espèces différentes.

La théorie dualiste qui admettait une différence essentielle entre les streptocoques pathogènes et les streptocoques saprophytes a vécu. Elle a été sapée par les travaux de Widal et Bezançon, de Besredka, de Marmorek, qui ont démontré la contingence de tous les caractères indiqués comme prouvant la pluralité des streptocoques. La théorie uniciste triomphe : il n’y a qu'une espèce de streptocoque. Le succès de la théorie uniciste est-il définitif ?

Les travaux de Schottmuller peuvent en faire douter. Cet auteur se base sur l'aspect des colonies sur plaques

de gélose au sang pour diviser les streptocoques en deux variétés :

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