EXAMENS DE LABORATOIRE
1° Hémoculture : L’hémoculture est le procédé de choix, le seul qui permette le diagnostic de septicémie streptococcique. S'il était usage de toujours la pratiquer, peut-être trouverait-on plus souvent qu'il na été dit, le streptocoque dans les bactériémies. Même dans les infections localisées, l'examen du sang peut être intéressant puisque tout foyer microbien peut, l'heure venue, disséminer les germes dans le torrent circulatoire.
C’est, en somme, depuis Von Esselberg (1890) qu'on pratiqua cet examen. Von Esselberg s'était basé sur les recherches antérieures de Oyston, Rosenbach, Garé, Doléris. Il faut citer également les noms de
Canon (1892), Etlinger (1893), Petruski (1894), Bluysen (1901) et À. Lemierre (1903).
La technique de l’hémoculture est trop connue pour que nous y insistions. La prise de sang doit être faite avec une asepsie rigoureuse. En général, il suffit de recueillir 5 à 10 centimètres cubes de sang qu'on ensemence dans 209 cm‘ de bouillon. Il faut ensemencer de préférence dans du bouillon T (peptone Chapoteau 10 grammes, sels 5 grammes, glucose 2 grammes, eau : | litre; alcaliniser légèrement). On porte le tout à l’étuve à 37° et, au bout de 24 heures, les chaînettes sont nombreuses et, le plus souvent, hémolytiques.
Les hémocultures doivent être laissées longtemps, quatre, six, huit, dix jours à l’étuve.
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Il est surtout nécessaire de faire deux ensémencements; un ensemencement eur bouillon et un ensemencement en milieu anaérobie.
S1 l’hémoculture est négative, il ne faut pas cependant écarter toute idée de bactériémie. La stérilité du sang peut être due à des causes diverses : disparition des microbes avant la prise de l’échantillon, rareté des streptocoques, présence transitoire de l’agent pathogène.
C’est pourquoi les hémocultures devront être faites précocement et fréquemment. Il y a intérêt à pratiquer l’ensemencement du sang toujours au moment d'une ascension thermique pour avoir le maximum de chance d'obtenir un résultat positif.
2° Autres examens de laboratoire : L’hémoculture est le seul examen indispensable mais il y aura égale- » PL “ ment intérêt à rechercher la nature des germes au niveau des différents foyers infectieux. Une numération sanguine montrera deux faits : anémie plus ou moins marquée, polynucléose.
L'examen du sang de notre malade nous a donné les résultats suivants :
Numération globulaire :
Hémoglobine : 80 %.
Globules rouges 3.510.000.
Globules blancs 26.400.
Formule leucocytaire : Polynucléaires neutrophiles 83.
Grands mononucléaires 7.
Moyens mononucléaires 7.
Lymphocytes 3.
ÉTIOLOGIE ET PATHOGÉNIE
L'étude du streptocoque étant faite, il faut, maintenant, préciser la porte d’entrée de l'infection, puis expliquer la localisation sur le système veineux.
L'examen de l’étiologie des septicémies veineuses nous montre la prédominance de certaines causes.
Les septicémies veineuses peuvent être secondaires à une maladie infectieuse : on a vu une septicémie veineuse subaiguë commencer pendant la convalescence d’une grippe. L'origine traumatique n est pas rare : la septicémie veineuse peut succéder à une inoculation cutanée par une plaie souvent minime.
Les auteurs qui ont étudié les septicémies veineuses ont fréquemment observé une porte d'entrée cutanée.
Les angines en sont une cause fréquente, qu'il s'agisse d’angines érythémateuses, cryptiques ou pseudo-membraneuses. De même les otites peuvent être aussi un facteur de ces infections.
Enfin, il est utile de rechercher une infection génitale et, en général, toutes les causes susceptibles de donner une phlébite comme complications. Cette recherche est parfois négative et le mode de pénétration du microbe restera ignoré.
Le germe ayant pénétré dans l’organisme, il nous « . . . à :
reste à expliquer la localisation sur le système veineux.
Dans les septicémies veineuses lentes à localisations multiples qui ne sont qu’une expression atténuée des
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septicémies veineuses streptococciques, la localisation exclusive sur les veines est nette et caractéristique. En effet, cliniquement, en dehors des signes généraux d'infection, on ne constate jamais aucun foyer inflammatoire que les phlébites. Vaquez insiste sur cette locahsation uniquement veineuse.
Dans les septicémies veineuses aiguës, la localisation veineuse n'est pas toujours exclusive. En effet, la septicémie veineuse aiguë, caractérisée par une atteinte veineuse initiale, successive et plus ou moins intense, n’a pas des limites bien nettes. La localisation veineuse y est, par contre, beaucoup plus facilement explicable que dans la septicémie veineuse subaiguë, car leur agent déterminant est facilement trouvé et sa nature peut expliquer, en partie, l’atteinte du système veineux. On sait, en effet, que certains microbes sont adaptés à un tissu ou à un organisme déterminé: ainsi le streptocoque a une affinité spéciale pour l’endoveine, affinité bien démontrée par Widal et bien connue depuis. L'étude des causes prédisposantes locales dues aux particularités de l'organisme infecté nous semble plus intéressante. Vaquez, dans son étude sur les septicémies veineuses, explique la localisation de l'infection sur le système veineux, ou, plus exactemet, sur celui des membres inférieurs, par la présence des varices.
Il se base sur le fait que les septicémies veineuses se voient de préférence chez les variqueux dont les veines altérées sont prédisposées aux inflammations à cause de leur fragilité plus grande et, accessoirement, par la présence de dilatations où la circulation veineuse est ralentie. Cette cause, quoique constante,
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n’en est pas moins favorisante, c’est ce que montrent bien les expériences de M. Vaquez sur le rôle important de l’altération antérieure des veines. Si, dans un segment veineux, on introduit un germe de streptocoque d'infection puerpérale, microbe, cependant, de la phlébite des accouchées, aucune coagulation n’apparaît. Si, d’autre part, en se gardant de toute infection on irrite par un traumatisme léger la paroi de la veine, on n'obtient qu’une coagulation très limitée consolidant la paroi lésée plutôt qu’obturant la lumière du vaisseau. Si, enfin, on réunit les deux conditions, l’infection streptococcique et l'irritation pariétale, la thrombose veineuse est complète. La transposition de ces faits expérimentaux à la pathologie amène M. Lafond à ce raisonnement : les varices ne causent isolément que des troubles mécaniques, une infection générale isolée peut causer une septicémie sans localisation phlébitique, 1l est possible que chez un variqueux à paroi veineuse antérieurement altérée, une infection sanguine aboutisse à des phlébites multiples. Cette explication, quoique artificielle, nous paraît bonne, mais bien des malades atteints de septicémie veineuse n'avaient pas de varices, c’est le cas de
notre malade et de celui de MM. À. Cain et P. Oury.
P.E. Weil pense que, peut-être, l’insuffisance endothéliale agit comme cause d’appel ou de localisation de l'infection, car il a observé des malades qui avaient à la fois une fragilité capillaire avec tendance aux hémorragies et au purpura et une fragilité veineuse les prédisposant à des phlébites répétées. Cette insuffsance de l’endoveine est possible. En réunissant ces données, nous pouvons concevoir théoriquement la