SYMPTOMES
Les septicémies veineuses streptococciques comprennent des formes aiguës et des formes subaiguës. L'étude des formes aiguës a été fixée par MM. A. Cain et P. Oury dans leurs travaux sur les septicémies veineuses aiguës. Ces auteurs se basant sur plusieurs observations de septicémies veineuses, et sur leurs observations personnelles, isolent une septicémie aiguë, qui pour eux, se schématise ainsi:les localisations phlébitiques ouvrent la scène puis apparaissent des phénomènes généraux assez sérieux pour imposer la motion de septicémie. Plusieurs segments veineux sont successivement atteints mais la réaction veineuse est plus ou moins intense : elle prend la forme de phlébite tantôt avec périphlébite suppurée, tantôt de phhlegmatia alba dolens typique, parfois la réaction veineuse est très forte.
L'évolution peut se faire dans des sens différents. Lorsque la guérison se produit elle ne s'établit que tardivement au bout de 4 ou 5 mois.
MM. À. Cain et P. Oury en 1924 dans une étude plus détaillée insistent sur la localisation de l’infection phlébitique sur deux ou plusieurs segments vasculaires. La notion de multiplicité des foyers d'infection, disent-ils, justifie le terme de septicémie vemeuse aiguë. La précocité de la localisation veineuse se trouve en effet dans toutes les chservations que nous avons examinées. Dans l'observation de J. Renault et P. Lévy on note dès le début de la maladie un double processus phlébitique.
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Le malade observé par MM. Cain et P. Oury a eu, dès le début de son infection, une phlébite de la veine humérale droite et de la veine fémorale profonde gauche. Enfin, chez notre malade, la localisation veineuse a également caractérisé le début de la maladie.
Dans tous les cas, l’infection phlébitique a été égale- . ment plurisegmentaire.
Le malade observé par Jules Renault et Pierre Lévy a eu une phlébite de la saphène, puis une phlebite de l’humérale droite.
Dans le cas de MM. À. Cain et P. Oury, on trouve une phlébite de la veine humérale droite, une phlébite de la veine fémorale profonde gauche et, ultérieurement, une détermination au niveau de la veine fémorale droite. Notre malade a eu, au début, une localisation de la veine fémorale droite, puis une localisation sur les veines fémorales profondes droite et gau-
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Si nous envisageons, maintenant, le caractère exclusif de l’atteinte veineuse, nous voyons qu'il n’est pas constant.
Dans l'observation de MM. J. Renault et P. Lévy,
on trouve, à côté de l'atteinte veineuse, des arthrites.
Dans leur observation, MM. A. Cain et P. Oury signalent l’éclosion tardive d’un foyer de râles crépitants à la base gauche, l’apparition d’une hématurie dans la deuxième période de la maladie et, enfin, une synovite des tendons extenseurs du pied gauche rapidement résorbée. Mais ces manifestations n’ont occupé que le second plan du tableau clinique. Malgré
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l’atteinte profonde de l’état général et l’évolution rapide de la maladie, ils n’ont pas trouvé chez leur malade une localisation viscérale appréciable : il n y avait, ni augmentation de volume du foie, m1 ictère, ni endorcardite.
L'examen nécropsique leur a montré des suppurations phlébitiques importantes et diffuses correspondant aux impressions recueillies du vivant du malade.
Ils ont, en effet, trouvé au niveau des veines des réactions remarquables par leur variété, allant de la phlébite oblitérante, telle qu’elle est réalisée dans la phelgmatia alba dolens à la phlébite suppurée.
Ces lésions de phlébite suppurée ont été le point de départ d’une cellulite suppurée périveineuse qui aurait abouti, si la mort n’était pas survenue, à la thrombose de la veine et à la localisation du processus infectieux. Le cœur était indemne. Dans les poumons existaient des lésions diffuses qui, à l’examen microscopique, répondaient à de l’œdème aigu, mais dans lesquels l'alvéolite suppurée jouait un rôle essentiel. A ia base gauche existaient des foyers disséminés de bronchopneumonie, trois de ces foyers avaient donné naissance à de petits abcès.
Ainsi, la localisation veineuse, quoique prédomi- C}#72 ° . . . . .
nante, n'était pas exclusive, ni en clinique, ni dans les examens anatomo-pathologiques.
Notre malade a eu,en même temps que les phlébites, une arthrite de l’articulation métacarpo phalangienne de l’annulaire droit. Son foie était un peu augmenté de volume, mais il n’avait pas d’ictère: l'examen du cœur n'a pas montré des signes d’endocardite.
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Nous voyons donc que les septicémies veineuses aiguës streptococciques n'ont pas des limites très nettes.
Ce sont des septicémies caractérisées par une localisation veineuse précoce prédominante et multiple accompagnée de signes d'infection intenses. L'évolution est variable, elle peut se faire vers la mort ou
vers la guérison tardive au bout de plusieurs mois.
Enfin, nous terminerons cette étude par des formes subaiguës qui répondent au tableau de la septicémie veineuse subaiguë de Vaquez.
Les septicémies veineuses lentes à localisations multiples, décrites par cet auteur, sont une expression atténuée des septicémies veineuses streptococciques.
Vaquez, Leconte et Lafond leur donnent les caractères essentiels suivants :
1° Evolution prolongée, par poussées successives, d’un état infectieux qui ne devient que rarement très intense.
2° Localisations phlébitiques multiples après chaque épisode infectieux.
Vaquez a bien étudié leurs différentes formes cli-
niques : forme à petits foyers successifs localisés, forme à allure de phlegmatia, forme hémoptoique, forme quadriplégique.
Toutes ces phlébites doivent faire craindre la présene d’embolie pulmonaire qui prennent souvent le type à répétition et peuvent aboutir à la formation d’abcès pulmonaires multiples, comme le cas de
MM. Cain et Oury.
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