TECHNIQUE DE LA MÉTHODE
Quelle quantité de glucose fallait-il faire absorber au sujet ?
Nous avons suivi les conseils donnés par REDING, qui pour apprécier la « flèche d’hyperglycémie » de la façon la plus nette, conseille de faire absorber au sujet une quantité minima de glucose (50 gr.).
Nous nous sommes donc arrêtés à ce chiffre : les doses plus élevées amenaient souvent des nausées chez les malades et constituaient une excitation trop violente du système glyco-régulateur. Cependant on a employé souvent des quantités de 100 à 200 gr.
Quelle quantité d’eau de dilution fallait-il employer ? .
La question nous a paru. avoir son importance.
Monsieur le Docteur CAMENA D’ALMEIDA constata
que la dilution diminue beaucoup notre réaction d’accrochage protidique.
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Une erreur d’expérimentation nous a fait administrer, dans un cas, chez Monsieur P., 50 gr. de glucose dans 500 cc. d’eau. La courbe protidique est restée immuable à 0,87 °/°0.
La quantité d’eau que nous employons est de 60 cc. C’est là le minimum possible pour obtenir une bouillie dont l’ingestion soit acceptable.
Au-dessous de cette quantité il est impossible au malade d’absorber le glucose sans dégoût. Le sujet absorbe donc 50 gr. de glucose dans 60 cc. d’eau distillée: une première prise de sang est faite immédiatement après l’ingestion, puis deux autres 60 et 90 minutes plus tard. Le sang est recueilli dans un tube à hémolyse, à raison de 4 cc. environ: dès la coagula-
‘tion, les mesures chimiques peuvent être pratiquées
et bien entendu, les mesures plus faciles et commodes de réfractométrie.
De quelle façon allons-nous prélever le sang nécessaire ?
La simple ponction veineuse au pli du coude avec une aiguille très fine, nous a paru de loin la méthode la plus simple, la moins désagréable pour le sujet, et la plus fidèle.
La prise du sang à la pulpe du doigt apportait, contre toute attente, de nombreuses difficulés et erreurs. La récolte du sang est difficile: l'écoulement du sang insuffisant et coagulation trop rapide, etc. De plus, REDING dit : « La douleur occasionnée par la ponction à la pulpe du doigt est suffisante pour provoquer de l’hyperglycémie, et le liquide ainsi obtenu est un mélange de sang artériel et veineux et de lymphe en quantités variables.
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De plus, FOESTER a conclu de ses analyses, que si le taux de la glycémie à jeun est sensiblement le même dans le sang pris au doigt et à la veine, il n’en est plus de même après l’ingestion du sucre; la glycémie à la pulpe étant toujours supérieure à celle de la veine.
Malgré l’innocuité des ponctions veineuses, nous avons cherché à en réduire le nombre. Lorsque nous avons étudié les deux courbes d'hyperglycémie et d’hyperprotidémie, nous avons fait au moment de l’ingestion de glucose, deux prises de sang: l’un oxalaté, l’autre sans préparation. Nous avons voulu alors pratiquer des mesures réfractométriques sur le plasma oxalaté ; les résultats ne nous ont pas donné satisfaction.
Nous avons pratiqué par la suite des prélèvements de sang (plasma et sérum) de 1/2 heure en 1/2 heure (cf courbe des cas K IV et K IX) sans importuner grandement le malade.
Comment allions-nous mesurer le taux des protides ?
Le laboratoire hospitalier de l'Hôpital de Saint- Denis nous a pratiqué quelques mesures de glycémie et surtout quelques dosages chimiques de nos protides.
DOSAGE DES PROTIDES :
Technique de la méthode d’ApNor.
Séparation au CO".
Instrumentation:
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Tubes à centrifuger tarés.
Soluion d’alcool acétone à parties égales.
Technique:
On met un centimètre cube de sérum dans un tube à centrifuger taré.
On ajoute quelques centimètres cubes de la solution alcool acétone jusqu’à remplir presque entièrement le tube.
I se forme alors un précipité abondant. On centrifuge, puis on laisse décanter. On recueille alors un liquide clair : on porte à l’étuve à 100.
Ensuite la solution est mise à refroidir au dessicateur, il ne reste plus qu’à peser ; on obtient le résultat en mmgr. par centimètre cube. On ramènera au litre.
Mais la surcharge de travail donnée à ce laboratoire (déjà très surmené) par la mesure de ces nombreuses glycémies, nous a fait tourner vers une autre méthode qui nous a séduite par sa rapidité et sa simplicité. Nous voulons parler de la mesure réfractométrique que nous avons pu pratiquer pour un grand nombre de nos malades, grâce à l’obligeance de Monsieur le Docteur PEYRE, chef de laboratoire à l’INSTI- TUT DU CANCER. Par simple lecture du chiffre réfractométrique et report aux tables de correspondance, le résultat est obtenu.
Comme nous l’avons dit plus haut, la chimie est venue corroborer ces résultats. C’est pourquoi il ne nous paraît pas inutile de signaler l'intérêt de cette méthode si rapide et si simple.
Quels’ malades allions-nous choisir?
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Nous avons pris comme sujets cancéreux que ceux qui ont pu être vérifiés anatomo-pathologiquement après intervention chirurgicale ou nécropsiquement. Nous avons volontairement éliminé les cas qui n’ont pas pu ainsi être prouvés d’une manière certaine comme néoplasiques. La plupart de ces sujets ont été fournis par la consultation de gastro-entérologie de l'Hôpital, donc souvent porteurs de cancers digestifs. Les autres ont été choisis dans les services de médecine et de chirurgie de l'Hôpital.
Nous pensons avoir réalisé un travail qui garde toute sa valeur au point de vue cancérologique parce que appuyé sur des faits cliniques et anatomo-pathologiques.
Les autres sujets « normaux » sont des malades médicaux ou chirurgicaux, tous choisis d’un âge variable et porteurs d’affections très différentes: hernies, fractures, pleurésies.
Nous appellerons cas normaux les cas de malades non néoplasiques.
Les résultats et compte-rendus opératoires nous ont été transmis par notre maître Monsieur le Docteur DE VADDER, chirurgien-chef des Services de Chirurgie de l'Hôpital: qu’il trouve ici l'expression de notre gratitude pour l’aide qu’il nous a ainsi apportée, et nous avoir permis d'étudier quelques malades de ses services.