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La première observation en date est de micoladoni et parut en 1886 dans la Wiener médizinische Presse. Reprise par M. Charcot, puis par ses élèves MM. Ballet et Babinsky, cette étude fut l’objet d’un travail spécial de M. Brissaud dans les Archives de neurologie de 1890. Depuis, des observations ont paru assez nombreuses, tant en France qu’en Allemagne: on les trouvera relatées dans la thèse de Teissier (Paris, 1888), de Mazurke (Kônigsberg, 1891), eufin, dans la publication de M. Françon dans le Lyon médical, de 1893.
M. Brissaud, après avoir examiné les différentes causes capables de déterminer cette inclinaison latérale du tronc, adopte cette hypothèse que l'attitude vicieuse tient à la contraction des muscles du côté sain, contraction s’exerçant dans des conditions spéciales, comme on va le voir.
Tandis qu’à l’état normal, le poids du corps se répartit d’une façon sensiblement égale sur chacun des membres inférieurs, il n’en est plus de même chez le sujet atteint de sciatique. Dans ces conditions, en effet, le malade évite de faire supporter par le membre malade la charge qui lui revient normalement, et cette charge est reportée, volontairement d’abord, instinctivement plus tard, sur le membre valide.
Ce transfert de la charge d’un membre sur l’autre a naturellement pour effet de déplacer le centre de gravité du corps. L'équilibre rompu est rétabli par une courbure à concavité tournée du côté sain. Cette première courbure est toujours très voisine du point d'application normal du centre de gravité, c’est-à-dire qu’elle occupe la région lombaire.
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Cette théorie musculaire est en effet rationnelle ; il est certain qu'au début le malade ayant la préoccupation constante d'éviter la douleur prend l'attitude qui le fait moins souffrir ; plus tard, il conserve cette attitude instinctivement et c’est ce qui explique la persistance parfois très longue de ces scolioses qui aboutissent, dans certains cas, à de véritables déformations osseuses. Mais, la douleur n’est pas, croyons-nous, le seul facteur qui doive entrer en cause. Qu’elle ait au début, une influence prépondérante, nous n’en doutons pas; mais l’impotence fonctionnelle du membre malade est un fait qui, pour passer quelquefois inaperçu, n’en domine pas moins la douleur et parait avoir toujours une durée plus considérable. Dans la seconde partie nous avons montré combien dans certainscasétaient conséquentes les lésions nerveuses, combien surtout elles sont fréquentes et tenaces; ilest clair qu'un membre ainsi affecté doit être pendant fort longtemps suppléé par le membre sain, et cela a lieu fatalement et à l'insu du malade. Nous avons en vue surtout ici les scolioses qui ontune certaine durée et persistent après la disparition complète des phénomènes douloureux, en un mot des scolioses qui méritent vraiment ce nom, parce qu’elles aboutissent à des déformations permanentes du squelette.
Quant aux courbures passagères qui apparaissent à la période aiguë de l'affection, elles sont liées à un état spasmodique des muscles sacro-lombaires du côté où la déviation se produit ; cette étiologie n’est pas douteuse, la plupart de ces déformations se produisant alors que les malades sont dans leur lit, et disparaissant dès que l’état de contracture tétanique des muscles s’est relaché.
La formation de la courbure lombaire a pour consé-
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quence assez fréquente la production d’une seconde et même d’une troisième déviation latérale occupant les régions dorsale et dorso-cervicale; ces courbures sont dites de compensation ; celle qui est voisine de la courbure primitive est dirigée en sens contraire de cette courbure primitive, la plus éloignée quand elle existe est de même sens qu’elle.
Nous n’insisterons pas sur la genèse de ces déviations de la colonne, renvoyant le lecteur à l’article de M. Brissaud. Nous nous bornerons à esquisser l’aspect clinique de cette déformation.
Ce serait une erreur de croire que la scoliose sciatique est toujours un signe très apparent, Comme bien d’autres manifestations cliniques, c’est un signe qui doit être cherché et parfois très attentivement. Il est évident qu’en principe on examinera un malade complètement nu ; nous n’envisageons ici que le mode d’examen idéal, que certaines considérations d’ordre varié peuvent rendre parfois difficile ou impossible ; on suivra la ligne des apophyses épineuses, et chez certains sujets elles se dessinent suffisamment pour qu’une sinuosité, même légère, ne puisse passer inaperçue. Au niveau des lombes, quand le sujet est debout, cette ligne est située au fond d’un sillon dont la direction générale est assez facile à apprécier. On pourra, chez les sujets gras, suivre avec un doigt cette ligne des apophyses épineuses en appuyant fortement ; la trace rouge qui ne tarde pas à apparaître, indiquera nettement la direction de la ligne apophysaire.
Mais il est des cas où ces procédés et l’examen attentif de la colonne ne donneront aucun renseignement positif ; alors, on aura recours à l’examen du niveau des épaules.
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En effet, une courbure vertébrale, quelque légère soit-elle, s'accompagne presque toujours d’un abaissement de épaule qui regarde sa concavité; le tronc s'incline, nous l’avons vu du côté sain, la concavité de la courbe est tournée du côté sain, fatalement, l’épaule de ce côté est ou doit être abaissée. Nous verrons dans un instant qu’il n’en est pas toujours ainsi.
L’abaissement d’une épaule est déjà une manifestation bien plus appréciable qu’une courbure vertébrale légère, et l'œil tantsoit peu exercésaisit facilement de très faibles différences de niveau. En cas de doute, il sera toujours facile de joindre par une règle ou un corps rectiligne quelconque les points les plus élevés de chaque épaule, on se rendra alors un compte exact de cet abaissement quelque faible qu’il soit. Il est évident que, pour tous ces examens, le malade doit être placé debout et les pieds réunis.
Mais, ce n’est pas tout; l’abaissement de l'épaule est évidemment la conséquence de l’inclinaison du thorax. Or, quand le thorax s'incline d'un côté, le rebord costal de ce côté se rapproche de la crête iliaque. Ce rapprochement est parfois appréciable à l’œil, il peut toujours être déterminé par une mensuration rapide. D'autre part, il donne lieu, du côté où il se produit, à un relâchement des téguments du flanc, à une série de plis semi-circulaires transversaux qui, avec le temps, impriment des sillons et des rides sur la peau, et constituent un signe des plus manifestes de l’inclinaison du tronc de ce côté. Nous avons vu souvent M. Bondet diagnostiquer avec ce signe une incurvation de la colonne qui, d’ailleurs, ne se manifestait pas autrement.
… Cet examen de l’espace costo-iliaque est tres important,