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GONFLEMENT DES FIBRES CELLULOSIQUES PAR L'EAU

Si on compare le gonflement, dans l’eau distilliée, d'une fibre de coton hydrophile, d’une part, et d’une fibre de viscose, d'autre part, on constate que le coton se gonfle beaucoup moins que la viscose.

Il n’est pas douteux que, dans les deux cas, ce gonflement est dû à la polarité accusée des fonctions alcooliques pour l’eau.

Cette polarité se manifeste évidemment, en premier lieu, par les oxhydryles (OH) libres de la surface des cristallites et elle aura, de ce fait, une activité plus

(112) KATZ, Physikalische Zeitschrift, p. 321 (19284). (113) NAGELI, Loc. cit.

(114) KaTz, Micellartheorie und Quellung der Zellulose, addition

à : die Chemie der Zellulose und ihrer begleiter, Leipzig 1928, 60:

: (115) L. MEUNIER et R. GUYOT, Revue générale des Colloïdes, fe-

vrier 1929, p. 53.

(116) Mark et K.-H. MEYER, Berichte, t. 61, p. 593 (1928).

grande dans le cas de la viscose que dans le cas du coton.

Le gonflement, dans l’eau, de ces fibres, à la température ordinaire, ne modifie pas la longueur de la fibre, mais augmente son diamètre ; autrement dit, les chaînes élémentaires du faisceau ne subissent certamement aucune modification dans le sens de la longueur. L'augmentation de diamètre des fibres sera due, tout d’abord. aux molécules d’eau qui s’intercalent entre les cristallites, attirées et retenues par la polarité des oxhydryles libres à la surface. Il est parfaitement admissible qu'en second lieu, il y ait pénétration de l’eau à l'intérieur du faisceau cristallite, les molécules d’eau étant attirées par la polarité des oxhydryles internes qui ne sont pas saturés par les oxhydryles appartenant à des chaînes voisines du faisceau ; cependant, les liaisons existant entre les chaînes du faisceau ne sont pas arrachées, mais seulement distendues.

Le gonjlement par l'eau est donc jonction du nombre d'oxhydryles libres susceptibles d'être atteints par les molécules d’eau.

Si l'on considère une fibre cellulosique acétylée ou nitrée, 1l y a remplacement des groupements alcooliques fortement polaires (OH) par des groupements (0-COCH) et (O-NO*) beaucoup moins polaires et l'expérience montre que le gonflement est immédiatement réduit.

Nous verrons, de même, dans la suite, que si l’on bloque les oxhydryles sous l’action du formol, par le sthénosage, le gonflement diminue progressivement au fur et à mesure que l’action du formol est plus accentuée.

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