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OBSERVATION XVII

Troubles visuels dans un cas d'intoxication par la quinine

S. Bollack et H. Lagrange (Société d’ophtalmologie de Paris, décembre 1922.)

M. S.., 47 ans, nous est adressé dans le service du

Dr Morax à Lariboisière le 3 novembre 1922 a 15 heures,

gore

pour des troubles visuels apparus depuis la veille et consécutifs à l'absorption d’une dose massive de quinine.

Paludéen depuis dix ans, ayant habité le Congo, il est accoutumé à des accès fébriles survenant au printemps et à l'automne dont il èonnaït les caractères prodromiques et qu'il traite par l'ingestion de 1 gr.5o de quinine en moyenne.

Le 2 novembre 1912, à 14 heures, éprouvant les premières impressions d’un accès, il absorbe par mégarde en une seule dose 3 grammes d’un sel de quinine en comprimés. Une heure après il est pris de céphalée, de vomissements ; sept heures après, d’obnubilation intellectuelle et sensorielle, et en particulier de bourdonnements d'oreille et de troubles visuels, consistant en une baisse considérable de la vision qui l'empêche de reconnaître son entourage. Neuf heures après l'absorption il a la sensation d’être complètement aveugle et ne perçoit plus la veilleuse qui éclaire sa chambre.

Examen à l'entrée (3 novembre). I1 se présente comme un aveugle ne reconnaissant pas le jour de la nuit.

Etat oculaire : pupilles égales, régulièrement dilatées en mydriase accusée mais non maxima.

Réflexes photomoteur direct et consensuel, abolis. La contraction pupillaire n’est obtenue par l’éclairage en aucun point de la rétine, périphérique ou centrale.

Pendant le mouvement de convergence bien exécuté par le malade, se produit une légère contraction pupillaire.

Pas de troubles de la motilité du globe oculaire.

Fond d'œil O. D. G.: milieux transparents, papille de coloration sensiblement normale, Le contour papillaire est très légèrement estompé ; la chorio-rétine apparaît de colo-

ration normale, sauf au pôle postérieur, qui semble légère-

Let

ment grisâtre par opposition avec la fovea dont la coloration est normale.

Les artères et les veines ont un calibre et une coloration sensiblement normaux.

T. À, R.: O: D. : mn :80 mm. Hg.

O. G.: mn. : 790 mm. He,

La tension maxima n’a pu être prise en raison de son élévation.

T. O. D.G. : 14 mm. de Hg. (Schiôtz).

Examen fonctionnel: au premier abord, le malade paraît atteint de cécité complète, ne pouvant compter les doigts, ni se diriger, ni reconnaître la lumière.

En réalité à 15 h. 30, l'examen méthodique montre que la perception lumineuse existe uniquement au niveau de la macula, en se servant du mince pinceau lumineux de l’éclairage à fente de la lampe de Gullstrand. Celui-ci est perçu à ce niveau par la projection normale du faisceau lumineux passant par le centre pupillaire tandis qu'aucune perception lumineuse n’est réalisée par l’éclairage d’un autre point de la rétine.

VOD; =0,5::.V:01G 5 2)95

Examen général du malade T. A. 13-19 (Vaquez-Laubry).

En outre, on relève à la face palmaire de la main droite la présence d’une dermatose qui a les caractères d’une syphilide circinée. 11 s’agit d’une syphilis acquise et la réaction de Wassermann dans le sang est positive.

Evolution : le4 novembre, à 11 heures du matin ; a encore quelques bourdonnements d'oreille.

Même état des pupilles, des réflexes photomoteurs et du fond de l'œil.

Lo en

TYALRS FO. D. = 70140.

T. O. D. G. : 18 mm. de Hg (Schiôtz).

Examen fonctionnel :

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