‹ Contribution à l'étude des spirochétoses Le SodokuChapitre 10 sur 25 · OBSERVATIONS PERSONNELLES · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS PERSONNELLES

Voici les 4 cas que nousavons eu l’occasion d’observer à Paris en moins d’un an :

Observation I (1). — K.…., ving-cinq ans, journalier, entré à l’hôpital Saint-Antoine, le 2 décembre r921, parce qu'il a « mal partout ».

C’est.un: Chinois de Nankin, venu en France comme travailleur, en 1915. Ilest d’abord boiseur de galerie dans les mines de la Nièvre, depuis deux mois, il travaille à Javel dans une fabrique de:caoutchouc.

IL aurait eu une blennorragie, il nie la syphilis. Il n’a ja-

mais été gravement malade.

Le 26 novembre 1927, dans les cabinets de l'hôtel qu'il habite boulevard. Richard-Lenoir, il est mordu par un gros rat gris. Celui-ci avait grimpé le long deson pantalon et c’est

‘ en voulant l’égorger qu’il a été mordu profondément, suc-

1. Publiée avec Jean Troisier à la Société médicale des Hôpiaux, le 24 mars 1922.

cessivement aux deux mains. Il ne s’est pas inquiété de cette morsure, ils’est seulement lavé les mains.

Le 3o novembre, quatre jours après, il est pris de fièvre avec courbature.

Le re" décembre, il a un vomissement et crache un peu de sang. Le à, ilrentre à l'hôpital.

Fatigué, prostré, le visage rouge, il se plaint de courbature générale, de myalgies particulièrement dans les mollets, de céphalée, de brûlure à lagorge. 11 n’a pas saigné du nez. La peau est chaude, la température à 39°4,le pouls à 110 p. est régulier, bien frappé. T. A.11-5 (Riva-Rocci). Abdomen souple, pas de taches rosées, pas de gargouillement dans la fosse iliaque. Foie normal. Rate peu volumineuse (7 centimètres sur la ligne mamelonnaire à la percussion).

A l'examen des poumons, quelques rares ronchus disséminés, il tousse un peu, crachats muqueux sans caractères

Cœur normal.

Gorge rouge, lisse, vernissée. Pas de rhinite.

Pupilles égales. Réflexes à la lumière et l’accommodation conservés. Vision normale. Audition normale.

Sur la face dorsale du médius droit, au niveau de l'arti culation phalangophalanginienne, se trouve une croûte molle au sommet d'une tuméfaction. Lorsqu'on la soulève, il s'échappe une goutte de sérosité purulente, on aperçoit un petit pertuis, orifice de communication avec une poche plus profonde d’où s'écoule une sérosité roussâtre. Sur le bord interne du même doigt on voit deux croûtelles linéaires parallèles, traces des deuxincisives inférieures du rongeur. Sur la face dorsale du 5° doigt gauche, on voit des cicatrices recouvertes de croûtes : deux sillons parallèles sur le bord interne,

une croûte plus large sur la face dorsale.

Le ganglion épitrochléen du côté droit est volumineux comme une grosse noisette, mobile, indolore, mais sensible.

Les ganglions axillaires droits paraissent un peu augmentés, mais non douloureux. A gauche pas de réaction ganglionnaire.

Douleur vive à la pression des mollets et des quadriceps.

Réflexes tendineux rotuliens et achilléens abolis des deux côtés. Réflexes radiaux et olécraniens normaux. Réflexe cutané plantaire en flexion. Pas de trouble de la sensibilité objective.

Urines. — Couleur normale, ni sucre, ni albumine, ni pigments biliaires, ni urobiline.

Matières moulées, foncées, contiennent des pigments biliaires vrais.

Sang : 3.480.000 hématies, 8.000 leucocytes. Pas d’héma-

ties nucléées ni granuleuses,hématies égales non déformées.

Formule leucocytaire :

Polynucléaires . . . . . . 89 p. 100 Eosinophilés::". . 2. à 27 — Î RE Grands mononucléaires. 3 — DONS RAT nt NT aies Lo 9 — RE ane

Lymphocytes,

5. Sur lame avec coloration de Tribondeau et de Giemsa on ne voit pas de parasites.

Coagulation normale.

Chimisme du sérum le 14 décembre. Urée 0,29. Cholestérine 1 gr. 50.

Hémoculture (25 cc. de sang dans 250 cc. de bouillon) négative

R, Clément 3

Let

L'examen à l'ultramicroscope du sang veineux citraté permet de constater quelques spirochètes. |

Liquide céphalo-rachidien transparent, limpide. A la cellule de Nageotte, aucun élément cellulaire. Albuminose normale. Bordet- Wassermann : positif dans le sérum (Méthode de [Hecht) le 5 décembre H: ; Méthode de Wassermann le 15 décembre négatif ; dans le liquide C. R., négatif le 6 décembre.

La ponction du ganglion épitrochléen ramène une goutte de sérosité.

A l'examen direct, moyens mononucléaires et lymphocytes, aucun microbe. Ensemencements sur gélose etbouillon négatifs.

Examen des crachats le 3décembre : crachat hémorragique visqueux aéré, presque nummulaire. Très nombreux spirochètes fins, minces, pâles, à ondulations lâches de 8 à 12 uen moyenne. Nombreux cocci et bacilles fusiformes.

Le malade est mis dès le lendemain de son entrée au traitement arsenical auquel on associe, par jour, o gr. 5o d’uro-

tropine et o gr. 20 d'extrait surrénal total. IL a, durant son

séjour, 3 injections intraveineuses de novarsénobenzol.

Le 3 décembre........,:.,.. o gr. 3%

Le 0IdÉCEMOLER EEE ENEEe o gr. 30 LeRTOIdÉCéMERE EEE" o gr. 45

Lé 19 décembre. ste 0 gr. 60 Let2idécemphre ee rer © gr. 60

: Le: So1déCembre Are . 0 gr. 60 Le,6 janvier st une $ o gr. 60

LOtAal EEE 3 gr. 40

Le traitement ne fut pas immédiatement efficace, la fièvre

ne commença à tomber qu'après la 2 injection et n'at-

teint 37, qu'après la 3° et n’empêcha pas une nouvelle poussée fébrile de se produireaprèscinqjours d’apyrexie complète, montrant ainsi le caractère cyclique à poussées fébriles séparées par des périodes sans fièvre de l'affection. Courbature, céphalée, prostration et fièvre élevée se maintiennent jusqu’à la 2e injection arsenicale,

Le 4 décembre, crachats sanglants, aérés, visqueux.

Le 5 décembre, les myalgies des mollets sont si intenses (spontanément et à la palpation), que l’interne de garde croit à une phlébite et fait mettre une gouttière ! Il n’y a cependant aucun œdème et la mensuration des deux mollets donne des chiftres identiques à droite et à gauche.

Le 20 décembre, après huit jours d’hôpital, il y a une grande amélioration. Les plaies des doigts sont cicatrisées, le ganglion épitrochléen a disparu. Céphalée et myalgies lombaires ont presque disparu.

Le 17 décembre,céphalée,myalgies lombaires,dans l’aprèsmidi deuxfrissons.

Le 18 décembre, nouveau frisson, la température monte le soir à 378 et le lendemain à 38°5.

Cependant le 19 on constate que les réflexes achilléens ont réapparu, ainsi que le réflexe rotulien droit, on ne parvient pas à mettre en évidence le rotulien gauche.

L'examen électrique pratiqué par le Dr Vignal montre que muscles et nerfs ont des réactions normales plutôt vives.

Le 20 décembre, nouveaux frissons violents au début de l'après-midi, la température se maintient toute la journée au-dessus de 38, la céphalée est si intense qu'on est obligé de donner un cachet de phénacétine au malade, il y a égale-

ment diminution de la diurèse, le pouls est à 80, régulier.

se, 2 L ë PRE PRET

(Obs. Il). — Courbe fébr

ions de novarsenobenzl.

ÉFRE

: F. en rat ÉRE

e novarsenobenzol

Jusqu'au 25 la température reste élevée, puis il y a amélioration de l’état général, mais le malade reste très asthénique et courbaturé. Il présente le soir de temps en temps une légère élévation detempérature atteignant 38° le 29 et Le 31 décembre. À partir de ce moment on peut le considérer comme définitivement guéri.

Ses forces reviennent; son poids, qui était tombé à 58 kilogrammes, remonte à 59 kilogrammes, poids qu'il présentait à son entrée à l'hôpital. |

Les réflexes achilléens et rotuliens sont maintenant très nets, le réflexe rotulien gauche reste plus faible. Le 7 janvier, il sort guéri.

Nous avons conservé à l'étuve Le sang citraté dans lequel nous avions vu à l'ultra-microscope quelques spirochètes courts et trapus, très mobiles. Ce sang ne contenait plus les parasites au bout de six jours. Y a-t-il eu lyse de ces organismes par le sérum déjà riche en anticorps nous l'avons supposé.

Un cobaye inoculé avec 8 centimètres cubes de sang citraté pris au sixième jour dela maladie est mort dix jours plus tard sans présenter de lésions appréciables et sans que Ja pulpe du foie et des surrénales ait présenté de spirochètes. Il n’a pas été fait de coupes histologiques.

Trois souris, injectées avec 1 centimètre cube du sang frais toujours au sixième jour de la maladie restèrent indemnes mais leur sang respectivement trois, quatre et cinq semaines plus tard présentait en grand nombre des spirochètes fins, très mobiles, un peu plus longs et à spirales moins serrées que ceux du sang humain. Deux jeunes souris issues de l’une

d'elles et deux souris inoculées avec le sang des deux autres

SRE

présentèrent également le même parasite. Un cobaye, inoculé avec le sang d’une souris présenta après dix jours d’incubation quelques spirochètes courts et trapus.

Notre malade ayant quitté Paris dès sa guérison il ne nous à pas été possible de vérifier les propriétés spirochéticide et spirochétolytique de son sérum.

Obs. II. — Mme M... 43 ans, marchande de couleurs, est mordue entre le 27 et le 30 novembre 1922 dans sa cave par un gros rat gris (pelé dit-elle) sur le bord externe de la main droite. Cette morsure ne l'inquiète pas, elle se contente d'y mettre un peu de teinture d'iode et l'avait presque oubliée, lorsque quinze jours après se forme au niveau de la cicatrice un « abcès » avec œdème du dos de la main, douleur. En même tempsla malade est prise de fièvre avec frisson et le médecin appelé constate une adénopathie axillaire.

Le 24 décembre, le médecin pratique une incision et place une mèche, mais l'inflammation persiste et une deuxième intervention est nécessaire quelques jours après. La malade dit qu'il n’est pas sorti beaucoup de pus.

Au r* janvier 1023, notre malade est mal en point: frissons, fièvre, douleurs dans le bras et dans le cou; très courbaturée, elle étaït « toute raide » et avait du mal à relever les deux bras (ne pouvait se coiffer), pas de-céphalée, pas d'épistaxis.

Le samedi 6 janv'er, lymphangite sur la face antérieure de l'avant bras et sur la face interne du bras. Adénopathie axillaire peu marquée, température : 38°6; les jours suivants

amélioration, la fièvre tombe.

Samedi 13 janvier, nouvelle poussée fébrile avec frissons,

douleurs dans le bras et la jambe droite, dans le cou. Durée deux jours; température 388. |

Nouveaux accès sans douleurs les samedi 27 janvier et 3 février, mais ce jour-là la malade tousse et vomit, elle présente quelques frottements à la base gauche.

Samedi 10 et dimanche 11 février poussée fébrile. Vomissements toute la journée du 11. Nausées. Douleurs dans les lombes. ;

Nous voyons la malade le 13 février: Rousse, pâle, traits tirés et fatigués, amaigrie (elle aurait perdu 18 livres depuis le début de la maladie). Apathique, elle répond mal à l'interrogatoire. Elle se plaint d’asthénie complète et de ne pas dormir, elle aurait eu quelques crachats jaunâtres ces der-

niers temps mais pas de filets de sang.

Ses règles un peu en retard sont peu abondantes.

Abdomen souple. Pas de foie ni de rate perceptibles. Pas constipée, ni diarrhéique.

Cœur normal. Souffle extracardiaque, mésocardiaque. Pouis régulier. Sommets des poumons normaux. Frottements très fins à la base gauche à la fin de l'inspiration, peut-être quelques râles très fins.

Langue rose, humide. Yeux normaux. Réflexe consensuel normal.

Réflexes rotuliens, achilléens, radiaux, cutanés plantaires normaux. Pas de troubles de la sensibilité.

Malgré les sudations fréquentes n’a pas perdu ses che-

veux. Apyrexie.

Cicatrice blanche et souple sur le bord externe de la main

droite.

yes

La semaine se passe sans faits nouveaux, la malade est toujours très faible mais elle vaque à ses affaires.

Dès le vendredi 16 février son mari remarque que sa peau

est brûlante,

Le samedi 17 février, nouvel accès violent de température, aSthénie complète, vomissements. Céphalée, prostration.

Le dimanche 18 février, pâle, teint terreux. Yeux très cernés, vient de vomir. Diarrhée. Température 39°r1, pouls 120. peau moite, langue saburrale, mauvaise bouche; se plaint de ne pouvoir se tenir sur ses jambes.

Réflexes rotuliens et achilléens positifs des deux côtés mais plus faibles à droite. Réflexe cutané plantaire et Oppenheim en flexion des deux côtés.

Réflexes radiaux normaux. Diminution très marquée de la for ce de flexion des doigts, de flexion de la main et de l’'avant-bras du côté droit.

Pas d'atrophie apparente.

Pas d’adénopathie ni axillaire ni épitrochléenne.

Douleurs dans les reins, les jambés et le bras droit.

Après les prises de sang nécessaires pour nos recherches on profite pour injecter 0,15 de novarsénobenzol. Pendant l'injection syncope légère la malade revient rapidement à elle mais reste blême.

Nouvelle injection de 0,30 le jeudi 22 février, l'accès heb. domadaire ne se produit pas. Nouvelle injection de 0,45 la semaine suivante.

La malade n’a plus présenté d'accès fébrile, mais encore un malaise trois semaines aprés.

L'état général très atteint s’améliore peu à peu et la malade reprend ses occupations et retrouve appétit etrembonpoint.

rite

Dans ses antécédents personnels on trouve peu de choses.

Elle a eu 3 enfants:

Le premier est bien portant.

Le deuxième est mort à seize mois de méningite.

La troisième est morte en nourrice un mois après sa naissance.

Pendant la troisième grossesse la malade présenta de l'albuminurie.

Elle nie la syphilis et présente un Wassermann négatif.

Les examens pratiqués le 18 février, jour où nous avons vu Ja malade pour la première fois, nous ont montré des spirochètes dans le sang circulant. Deux souris inoculées avec 2 et 3 centimètres cubes de sang frais au lit de la maladeont présenté toutes deux des spirochètes en assez grand nombre dans leur sang, elles sont mortes le quatorzième et le quinzièmc jour après, la survivante ayant dévoré tous les organes abdominaux de la morte a dû mourir soit intoxiquée soit d'indigestion. ‘

Nous avons conservé à l’étuve à 39 le culot du sang citraté lavé et recouvert de sérum physiologique. Nous avons trouvé des spironèmes vivants dans ce culot pendant dix jours.

Par contre deux autres tubes de sang citraté conservés l'un à la glacière, l'autre à la température du laboratoire mais non lavés ni repris au sérum artificiel ne contenaient plus de parasites dès le lendemain.

Nous avons cherché à inoculer par dépôt du culot sur des scarifications cutanées un cobaye et deux lapins sans succès, mais notre culot était vieilli et en partie desséché.

Nous avons trouvé des spironèmes sur les coupes des reins,

du foie et du- cerveau des souris mortes au quinzième jour.

Obs. I!I. — KF..…., garçon de laboratoire, 43 ans, est mordu par un cobaye le 5 novembre 1919 à la paume de la droite. Ce cobaye avait été mordu par un rat, les rats avaient mangé 13 petits cobayes dans les cages à animaux,

Huit jours après alors que la morsure d'ailleurs insignifiante était cicatrisée, le malade ressent des picotements « comme de l'électricité » dans le bras, puis vient de la lym-

phangite qui va en progressant.

Trois semaines après on constate une lymphangite marquée de l’avant-bras, deux gros ganglions épitrochléens. Pas de ganglions axillaires. |

Douleurs dans le bras. Impotence complète du membre. Pas de troubles de la sensibilité objective. Courbature. Pâleur. Fièvre. « Aspect typhique ». Prostration marquée.

Pas d’éruption, pas d’hémoptysie. Rien au tube digestif.

Quelques râles diffus dans les poumons.

Le 5 décembre on extirpe un ganglion épitrochléen qui est volumineux et on l'envoie dans un laboratoire voisin pour examen microscopique. Malheureusement la trace de ce ganglion a été perdue et il nous a été impossible d’avoir des renseignements sur la présence ou non de spirochètes et la nature des lésions. | - Après l’extirpation la plaie se ferme bien mais pour se réenflammer quelques jours après en même temps qu'une nouvelle poussée fébrile apparaît et il se constitue une curieuse fistulisation de la plaie, bord en bourrelet violacé et dur, lymphangite en large aréole ; pas de pus mais liquide séreux. Cette fistule se prolonge très longtemps malgré des

pansements aseptiques d'abord, puis divers topiques appli-

ny EUR qués, le collargol en pommade en aurait eu finalement raison.

Depuis, dans les hivers suivants 1921-1922 et 1922-1923 le malade est pris de poussées fébriles, pas très intenses entre 38 degrés et 39 degrés en général — précédées de malaises et de frissons — durant deux à trois jours et séparées par des ntervalles de trois à quatre jours dans lesquels le malade est apyrétique et bien portant. Cependant il est tout l'hiver. très pâle « verdâtre » dit sa surveillante, asthénié, courbaturé, amaigri, a toujours mal dans les jambes, enfin souvent en état de demi torpeur. On l’ausculte à maintes reprises.On l’examine au rayon X, plusieurs médecins le voient, on ne lui trouve rien d’organique. Il ne tousse pas, ne crache pas.

En février 1923,le malade ne présente plus de température mais il est pâle, les lèvres décolorées, les traits tirés, l'air fatigué etlas. L'examen ne permet que de constater une cicatrice adhérente de la paume de la main droite avec légère rétraction de l’aponévrose à ce niveau et une cicatrice souple de la face interne du bras (opération).

La force musculaire segmentaire est très nettement diminuée dans la main droite pour les fléchisseurs et les extenseurs, de même pour le poignet et les fléchisseurs de l’avantbras (le sujet n’est pas gaucher).

Pas de troubles de la sensibilité.

Réflexes tendineux normaux.

Nous avons vu ce malade trop tard — alors qu'il était apyrétique — pour pratiquer des recherches de laboratoire mais nous retrouvons chez lui la plupart des traits cliniques de laffection et n’hésitons pas à le considérer comme un cas de Sodoku subaigu à évolution prolongée ayant laissé une

légère parésie de la main et de l’avant-bras droits.

— 49 Rs . Observation IV (1). —Mme L..., 44 ans, a présenté à la fin de la guerre des troubles neurasthéniques qui avaient entraîné une altération progressive de l’état général avec . inappétence et troubles gastro-intestinaux.

L'examen ne révélait en 1920 aucun signe objectif d’affection organique viscérale ou du système nerveux. Cependant par prudence le médecin de la malade fit pratiquer une réac tion de Bordet-Wassermann. Elle futcomplètementnégative. Deux ans plus tard en septembre 1922 la malade est mordue par un rat dans un restaurant au niveau de la malléole péronière gauche. La morsure fut légère et ne laissa après elle aucune trace,la plaie de petites dimensions se cicatrisa complètement en quelques jours sous une croutelle qui tomba spontanément.

Trois semaines après se développe au niveau même de la

‘ morsure une {y mphangite en traînée qui resta cependant circonstrite à larégion malléolaire.

Brusquement la température s'élève à 39°8, la malade est secouée en même temps de frissons, puis couverte de sueurs

abondantes, tandis que s'installent de violentes et multiples douleurs articulaires.

Vingt-quatre heures plus tard apparaît un érythème polymorphe généralisé où l'élément noueux domine : à la face, au cou, sur le tronc, sur les membres. Les douleurs polyarticulaires persistent. Au niveau de la muqueuse linguale on découvrede petites érosions non douloureuses(herpès ulcéré? syphiloïdes d'aspect. Les ganglions inguinaux et cervicaux sont un peu gros, surtout dans l’aine gauche.

Hémoculture négative.

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