‹ Contribution à l'étude des spirochétoses Le SodokuChapitre 9 sur 25 · Il accuse cependant 5o 0/0 d'échec dans ses recherches · texte numérisé non relu

Il accuse cependant 5o 0/0 d'échec dans ses recherches

nales, les ganglions lymphatiques. On en a trouvé. dans la substance cérébrale.

On peut transmettre la maladie en inoculant des: émulsions de ces organes (Fasiani), ou mieux Île sang du cœur.

Mantovani a montré que comme chez les muridés, le passage d'animaux en animaux exalte la virulence du germe. |

Les singes présentent la même sensibilité que l'homme au Sodoku. Les plus receptifs sont les macaques : Macacus fuscatus et surtout Macacus rhesus (Futaki — Ishiwara — van Lookeren Campagne). Pithecus irus a servi aussi à Futaki et à ses collaborateurs. |

Chez le singe, cinq jours après une inoculation intrapéritonéale, on observe une forte élévation thermique avec gonflement ganglionnaire et érythème en taches sur la région lombaire. Chez un macaque, Futaki et Ishiwara obtinrent un accès fébrile tous les deux à trois jours, 6 récurrences en 25 jours.

La fièvre n’a cependant pas toujours le type de la fièvre humaine (comme cela se produit d’ailleurs pour les autres fièvres récurrentes).

Van Lookeren Campagne insiste sur ce que les modifications sanguines sont les mêmes que chez l’homme (nous verrons plus loin ses conceptions sur les formules leucocytaires).

Sang et sérosité ganglionnaire peuvent transmettre la maladie à d’autres animaux.

Enfin les lapins paraissent moins sensibles.

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Ishiwara ne réussit pas sur deux d’entre eux. Nous n’eûmes pas davantage de succès avec deux lapins, mais il s’agissait d’un virus vieilli un mois à l’étuve et en partie desséché.

Nous verrons que la plupart des mammifères sont réceptifs, mais aucun ne nous paraît plus pratique et plus économique que la souris blanche.

Différenciation

Le Spironema Sodoku quoique possédant un certain nombre de caractéristiques est assez polymorphe. Comment dans certains cas le différencier d’autres spironèmes très voisins ?

Son rôle pathogène est au premier plan, car la maladie qu’il provoque chez l’homme et chez lesinge est très caractéristique.

Son mode de pénétration cutané ou muqueux a aussi assez de valeur.

La sensibilité des animaux de laboratoire peut servir à écarter quelques Treponèmes.

Les réactions humorales sont parmi les moyens les plus utiles. Le sérum des convalescents de Sodoku contient des anticorps. Ilest spirochéticide et spirochétolytique.

In vitro une goutte desérum mélangée à une goutte de sang riche en parasites examinées en goutle pendante montrent la mortet la disparition des spironèmes. /n oivo le même mélange inoculé dans le

péritoine de cobayes ne les tue pas et ne les rend pas malades et la sérosité péritonéale recueillie une demiheure à deux heures après ne contient plus de Spirochètes, tandis que les témoins sont atteints et présentent des parasites dans leur cavité péritonéale, c’est le phénomène de Pfeiffer.

Ces 2 réactions ont été répétées à plusieurs reprises par Ido, Îto, Wani et Okuda et par van Lookeren Campagne.Malheureusementces propriétés du sérum de convalescent sont des propriétés de groupe et ne doivent pas être valables pour différencier les germes les plus voisins. La recherche de l'immunité croisée artificielle est difficile car les muridés ne s’immunisent pas contre l'affection; les cobaÿes meurent souvent el les singes sont dispendieux.

Si donc quelqu'’une de ces notions permet d’écarterlesagents des fièvresrécurrentesà poux età tiques, les Treponema pallidum et pertenue, le Leptospira icterohemorragiæ et le Leptospira icteroïdes, il reste un certain nombre de Spironèmes de morphologie identique tels que Spironema Laverani et Spironema muris décrit en 1906 par Wenyon comme hôte fréquent des souris et des rats et qui paraît bien être le même que le Spirillum minor décrit par Carter.

Bien que Futaki et Ishiwara aient prétendu avoir nettement séparé le parasite qu'ils décrivaient de ceux-ci nous nous rangerions très volontiers à l'avis de Kusuma, Kobayashi et Kasai lorsqu'ils disent qu'il ne s'agit là que d’une seule et même espèce. Des expériences en cours nous permettrons, nous

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l’espérons, de démontrer ou d’écarter celte identité.

Quant au Spironema gallica isolé par Couvy et Dujarric de la Rivière ilnous paraît, aussi, bien parent de celui du Sodoku et s’il ne s’agit pas là d'unemême espèce on peut affirmer que ce sont germes de même famille.

Habitat. — Réservoirs de virus

Le Spironema Sodoku parait être un hôte sinon habituel du moins fréquent des Muridés et peut-être même de tous les rongeurs. — Ce sont eux qui, ne paraissant pas incommodés par ces parasites, ne présentant dans leur sérum aucune propriété parasiticide ou lytique, sont les réservoirs de virus (1).

Dans quelle proportion les rats sont-ils infectés ? Sur 43 rats Futaki et ses collaborateurs n’en trouvent qu’un (un Mus rattus) porteur de Spirochètles. Ce spirochète fut démontré pathogène.

Ils ont fait mordre des cobayes par 55 rats de maison, une seule fois ils ont trouvé un spirochète, identique à celui du sodoku. :

Ishiwara a fait mordre des cobayes par 40 rats : 10 (tous mus decumanus), causèrent lesodoku.

Chez un d’eux on trouva le parasite dans le sang.

1. Cette absence d'immunisation des rats bien que basée sur 2 séries d'expériences de van Lookeren Campagne demanderait à être confirmée, car c’est là une notion des plus intéressantes.

D'après Dalous et Stillmunkes 12 0/0 des rats transmettent la maladie.

Sur un lot de 6 souris de laboratoire, nous en avons trouvé une possédant des spironèmes dans son sang.

Chez un rongeur voisin du rat — Nesokia bandicota — Lingard a trouvé dans le sang un spirochète pathogène pour le lapin et le cobaye.

Les auteurs japonais n’ont jamais trouvé le germe

pathogène dans la bouche ou la salive des rats des maisons, ni dans celle des animaux chez lesquels on avait constaté des spirochètes dans le sang. Mantovani trouve des spirochètes dans les glandes sous- maxillaires d’un surmulot tué dans une maison où un cas de sodoku s’était produit.

On a cité des cas de sodoku par la morsure de divers animaux : chats, furets, belettes, écureuils, chiens. Il est peu probable que ces animaux soient de véritables réservoirs de virus.

Ils sont plutôt des agents de transmission, atteints eux-mêmes par morsure oupar ingestionet peut-être tendant à mordre parce que malades, :

Reproduction

Le spironema sodoku se divise transversalement. ll se multiplie rapidement. Un certain nombre de jours séparent-ils les générations successives ? Nous le crbirions volontiers et ceci permettrait peut-être d'expliquer l’incubation, le caractère cyclique de la

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fièvre et certaines rechutes dix à douze jours après un traitement arsenical, mais ceci est une hypothèse que rien ne nous permet de vérifier à l'heure actuelle.

Transmission de rongeur à rongeur

Les modes doivent en être multiples. J. Troisier a vu deux souris, filles d’une mère infectée, avoir des spironèmes dans leur sang. Le parasite pourrait ainsi passer de générations en générations.

Il est probable que la transmission se fait surtout par éngestion les rats ayant l'habitude de dévorer les cadavres des leurs. Cette transmission a été obtenue expérimentalement et nous la retrouverons chez l’homme et chez l’animal. On a obtenu également la contamination en déposant des produits virulents sur la nuqueuse oculaire des rats.

Enfin les rats se battent et se mordent entre eux ; et leurs ecl{oparasites, et surtout les puces, peuvent peut-être, aussi contribuer à répandre le virus.

Mode d'infestation de l’homme

C’est sans aucun doute par morsure que l’animal infesté contamine le plus souvent l’homme et comme l’on a jamais trouvé de parasite dans la salive ou sur les dents des rats, les Japonais incriminent l’hémorragie gingivale qui se produit chez eux au moment de la morsure.

Dans la majorité des observations nous trouvons le surmulot (Mus decumanus) hôte habituel de nos villes, volontiers agressif lorsqu'on l'attaque, plus rarement il s’agit du rat noir (Musrattus. Mus alexandrinus).

Mais le sodoku avec tout son syndrome si caractéristique est inoculé par la morsure d’autres animaux, porteurs de virus temporaires probablement, eux-mêmes fébriles, et agressifs à cause de cela : le chat est signalé par Futaki, Ishiwara, Atkinson, Tileston, le parasite a été identifié dans ces cas.

Les observations de Nixon, Atkinson, Luff et Burton Fanning accusent des furets, celui de Burton Fanning avait tué et partiellement mangé plusieurs rats alors que celui d’Atkinson avait été mordu par un gros ral. |

Le cobaye (Clément II1),la belette (Scheube, Ashano), l’écureuil (Schottmüler) et enfin le chien (Cazamian) ont transmis la maladie.

La morsure n’est pas indispensable, {oute blessure constitulera une porté d'entrée suflisante. Dans l’observation d’Escolano Sabater, l'enfant avait été griffé plutôt que mordu par le rat. Un cas s'est développé à la suite de souillure d’une plaie par des matières fécales de rat.

Laroderie a rapporté un cas des plus curieux d’inoculation humaine par éngestion de chair crue de rat, chezun soldat, à la suite d'un pari.

Enfiu saus en avoir de preuves nous nous demandons si les insectes piqueurs et suceurs communs

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au rat et à l’homme ne peuvent transporter legerme et l’inoculer à l’homme, donnant ainsi des formes cliniques de l’affection un peu différentes car il y manque les signes inflammatoires autour du chancre d’inoculation.

Dick et Rutherfurd publient un cas typique de Sodoku auquel il manque la morsure. Dans un cas de Roulland la morsure remonterait à six ans auparavant ! Il faut bien admettre un autre mode d’inoculation et celui par des parasites vecteurs a le mérite d’être déjà adopté pour d’autres spirochétoses voisines : fièvres récurrentes, fièvre jaune et peutêtre spirochétose ictérohémorrhagique. Si cette hypothèse se vérifiait cette pathogénie. nous permettrait de ranger dans les formes atypiques du Sodoku la fièvre des tranchées dont la parenté clinique égale celle du parasite isolé dans un cas par Couvy et Dujarrie de la Rivière avec Spironema Sodoku.

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