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finit par reconnaître qu’elle a été consulter une personne qui lui a fait subir des manœuvres abortives, sans vouloir d’ailleurs donner aucune précision à ce sujet. Cet aveu est confirmé, comme cela est généralement le cas, lorsqu'il est au courant de ces manœuvres, par l’inquiétude de lentourage immédiat de la melade qui vient prendre de ses nouvelles jusqu’à quatre fois par jour.
. À l'examen gynécologique on sent un col plutôt fermé, ramolli, un utérus dépassant de plus d’un travers de doigt la symphyse pubienne et ayant la consistance claïsique dite de la figue mûre. Les cuis-de-sac sont souples, non douloureux et ne présentent aucune masse annexielle; le doigtier est souillé par un liquide sanguinolent sale et malodorant. On met de la glace sur le ventre et l’on institue, comme en pareil cas un traitement au rubiazol (6 comprimés par jour); le soir même, pose d’une laminaire. Le lendemain matin, la température se maintient élevée et monte même jusqu’à près de quarante degrés. On s’aperçoit alors qu'un panaris de la pulpe du pouce droit était passé inaperçu au cours de l’examen, la veille au soir. Il s’agit d’un panaris d’un type spécial avec teinte pâle des téguments. Panaris peu douloureux et sans gros signes inflammatoires autour de la petite phlyctène centrale. En même temps on note un autre panaris à type de tourniole situé autour de l’ongle du médius de la même main, se caractérisant également par une phlyctène pâle entourant la sertissire de l’ongle qui est peu douloureux à la pression. On pratique immédiatement le curettage utérin qui ramène des débris placentaires altérés malodorants. On laisse une mèche iodoformée vaginale et devant l’augmentation de la température on passe de 6 à 8 comprimés de rubiazol par jour. En effet et contrairement à ce qui a été vu dans les observations précédentes, le curettage n’amène aucune sédation des signes généraux. La température monte encore à 40°4 et l’état général de la malade s’altère considérablement quoique le pouls reste bien frappé. Le lendemain, on note l’extension du processus métastatique infectieux : on assiste à l’apparition d’une nouvelle tourniole de l'index
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gauche et d’une petite phlyctène dorsale au-dessous de longle de l’annulaire gauche; on décide d’inciser les deux premiers panaris. Le panaris de la pulpe du pouce droit est ouvert par l’incision en croix; il s’en échappe peu de pus, mais le trajet purulent exploré conduit à l’os qui est déjà attaqué; on pratique un grattage de la phalange. On incise également le panaris péri-unguéal du médius droit et on pratique l’ablation de l’ongle. On peut alors constater qu’il n’y a pas de lésion osseuse apparente à ce niveau.
La malade est légèrement dyspnéique et malgré l’absence de signes pulmonaires on fait une révulsion thoracique.
Le quatrième jour à dater de son entrée, la température se maintient toujours autour de quarante degrés, la dyspnée s’est accentuée; la malade accuse de grands frissons. L’examen gynécologique répété ne montre rien d’utérin ni de péri-utérin; les lochies sont peu abondantes et n’exhaler! aucune odeur spéciale.
L’attention n’ayant malheureusement pas encore été "ttirée vers un germe autre que le streptocoque, on augmente encore les doses de rubiazol.
Le cinquième jour, l’état est encore plus alarmant; la dyspnée est considérable, la pâleur est apparue, les traits sont tirés; l’examen génital est encore négatif, mais la rate se révèle percutable sur trois à quatre travers de doigts: par contre, à cette période relativement tardive, l’auscultation du cœur et des poumons est totalement négative.
On incise les autres panaris qui présentent les mêmes caractères que le premier et on demande une hémoculture ainsi qu’une radiographie thoracique. Sans en attendre le résultat, on institue un traitement à la septicémine intraveineuse.
Le lendemain, l’état général n’est pas modifié, la température toujours élevée, la pâleur encore plus accentuée; la radiographie montre de petites ombres pulmonaires très peu nettes et surtout un cœur très augmenté de volume, simulant de près le cœur de la péricardite; cependant il n’y a pas de douleur précordiale franche, il n’y a pas de souffle orificiel et il n’y a toujours pas de râle ni de matitë pul-
monaire.
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Le 9 octobre, l’hémoculture se montre positive et décèle la présence de staphylocoques dorés; on note en même temps l’apparition de nodosités cutanées intradermignes; certaines sont seulement érythémateuses alors que d’autres sont centrées par une petite phlyctène contenant du liquide purulent. Ces éléments sont situés aux plis de flexion, spécialement au genou où ils ont un aspect de furoncles. (c’est-à-dire que la phlyctène est centrée par un bulbe pileux), au coude et aux orteils où ils sont très étendus. Quelques ecchymoses sont à noter également sur labdomen.
On fait un traitement anatoxine staphylococcique en injectant d’abord une dizaine de centimètres cubes d’anatoxine intra-dermique, puis un quart de centimètre cube sous-cutané au bout d’un quart d’heure. Les bruits du cœur étant devenus très assourdis, on administre des tonicardiaques et on remplace le rubiazol par le Dagenan (12 comprimés par jour).
Le lendemain, l’état général s’altère rapidement, la malade tombe dans le coma et meurt quelques heures nlus tard. L’autopsie n’a malheureusement pas pu être pratiquée.
Il est évident que cette observation est moins complète et moins démonstrative que les précédentes; en effet, il y manque la répétition des hémocultures, une recherche locale des germes dans le pus des panaris et dans les phlyctènes des éléments cutanés, des numérations globulaires qui auraient permis de mettre en évidence une anémie progressive que la clinique a permis de déceler, et des taux de leucocytose qui auraient permis d’intéressantes comparaisons avec ceux trouvés par les auteurs précédemment cités. Il est de même regrettable qu’une autopsie n’ait pas permis des recherches anatomo-pathologiques d’une si grarde
PU AR Eee Ne OT Fr
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importance pour mettre en évidence la présence des germes dans les métastases suppurées.
Cependant, l’absence complète de signes inflammatoires utérins et péri-utérins qui a été notée précédemment, l’évolution extrêmement rapide (qui n’a pas permis de nombreux examens dé laboratoire), les panaris multiples avec atteinte osseuse, alors que chacun connaît l’affinité du staphylocoque à l’égard du tissu osseux, permettent de conclure à la nature staphylococcique de cette septicémie post-abortum.
Ce faisceau de signes en faveur de ce diagnostic est d’ailleurs renforcé par le caractère si particulier des manifestations cutanées érythémateuses et phlycténoïdes que l’on retrouve dans toutes les observations et spécialement dans une observation personnelle citée dans le traité des « avortements mortels >» du professeur Monpor. (Observation illustrée par une planche en couleurs hors-texte montrant de remarquables reproductions de ces accidents cuta-
nés).