OBSERVATION VII
M: B.., 35 ans, hospitalisée au Sanatorium de Montfaucon.
| La malade présente une infiltration tuberculeuse ulcéro-caséeuse de tout le poumon gauche, traitée par pneuimothorax gauche incomplètement efficace.
Après pleuroscopie, la section des adhérences pleurales n’a pu être menée à bon terme, cependant les divers examens de crachals demeurent négatifs.
La malade est adressée au Centre de Phtisiologie de
NT
Purpan car elle présente depuis un certain temps, un râle sonore intense, audible d'elle-même et de son entourage. Ses camarades de chambre sont réveillées la nuit.
La radiographie montre l’image de pneumothorax incomplet et dans le moignon pulmonaire, une image cavitaire de petites dimensions juxta-médiastinale derrière la clavicule.
La bronchoscopie montre :
Une muqueuse bronchique qui est recouverte à partir
du tiers supérieur, de sécrétions grisâtres. Ces sécrétions sont adhérentes, s’enlèvent difficilement au porte-coton et
laissent apparaître au-dessous d’elles une muqueuse très
modifiée, tomenteuse, boursoufflée et par endroits, hémorragique.
Plus bas, à la partie inférieure de la trachée, sur la face gauche, on note la présence d’un enduit grisâtre très épais, qui n’est pas totalement détachable et qui est probablement incrusté profondément dans une ulcération.
L’exploration de la bronche souche gauche montre un rétrécissement relatif du calibre. La muqueuse est très modifiée, présentant le même aspect que la muqueuse trachéale. Il n’y a cependant pas d’ulcération nette à ce niveau.
Du côté droit, l’exploralion ne montre rien d’anormal.
En résumé donc, nous sommes en présence d’une ul- #éro-sténose évolutive de la bronche souche gauche avec participation trachéale, chez une bacillaire.
Cette observation présente un intérêt
Clinique, en raison de la valeur séméilogique du râle sonore intense qui devait conduire en dehors de tout autre signe à la bronchoscopie.
Pathogsénique, la localisation des lésions ulcéreuses au niveau de l’orifice gauche et de la face latérale gauche de la trachée et, puisqu'il s’agit de lésions parenchymateuses strictes, un argument important en faveur de la propagation et de la localisation par voie lymphatique du parenchyme à la muqueuse bronchique du bacille tuberculeux.