‹ Contribution à l'étude des sténoses bronchiques tuberculeusesChapitre 18 sur 40 · OBSERVATION VI · texte numérisé non relu

OBSERVATION VI

M'° d'H.…, 46 ans, hospitalisée en février 1946 (Service de M. le Professeur MoREL). k Rien à retenir dans ses antécédents.

Histoire de la maladie :

En 1943, congeslion pulmonaire en décembre qui semble mal rétrocéder.

En juin 1944, la radiographie montre une caverne de la région intercleido-hilaire gauche.

La malade part en décembre faire une cure sanatoriale à Amélie-les-Bains.

La malade reste au Sana jusqu'en juin 1945. Son état général était amélioré et sa caverne avait diminué. Il persistait seulement une infiltration non homogène de: la région intereleïdo-hilaire gauche.

En juillet, son état général s'aggrave brusquement et “elle doit s’aliter., Une radiographie faite en septembre montre une opacilé à peu près homogène des deux tiers inférieurs du poumon gauche, dans le tiers supérieur une image d’hyperclarté de grand volume à bords polycyeliques sous laquelle on trouve des images plus petites de même aspect. L’ombre cardiaque disparai} au sein de la colonne vertébrale. I n’y a pas de réaction trachéale. Rien à signaler du côté droit. À

Par conséquent, à cette date, on peut noter une exten-

sion considérable des lésions avec une opacité de la base gauche el une volumineuse excavation du sommet.

Le 11 février 1946, la malade est adressée au Centre de Phtisiologie de Purpan.

Examen à l'entrée :

La malade se présente : ivec un très mauvais état général, elle est amaigrie, fatiguée, anorexique, sa température oscille entre 38 et 39°.

Elle se plaint de douleurs thoracique gauche qui ne la quittent pas, elle tousse souvent, c’est une toux quinteuse rebelle, et qui ramène une expectoration purulente abondante et bacillifère.

A l'examen, nous trouvons un syndrome de condensation de la base gauche avec des râles sous-crépitants au sommet.

La radiographie montre quelques modifications par rapport à la précédente. L’excavation du sommet s’est agrandie. L'ombre cardiaque est toujours perdue au sein de l'opacité pulmonaire et le diaphragme est surélevé de ce même côté.

En septembre, le syndrome fonctionnel s'aggrave, la toux devient incessante, rebelle à tout traitement, épuisant la malade.

De plus, elle présente un râle sonore intense inspiratoire et expiratoire, audible d’elle-même et de son entourage, de tonalité élevée et intermittente.

Devant l’apparition de ce «wheezing », on décide une exploration bronchique.

La bronchoscopie montre :

Une déviation de l’éperon trachéal vers la gauche, la trachée se prolongeant directement par la bronche souche droite. {

Au niveau de l’orifice de la bronche souche gauche, on note une sténose punctiforme sans ulcération. Cette sténose ne peut être franchie que par une bougie N° 9.

Du côté droit, l’arbre bronchique est normal.

En résumé, fibro-sténose cicatricielle tuberculeuse de la bronche souche gauche. |

L’exploration bronchique provoque dans les jours qui

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suivent, une agravation des signes fonctionnels et une recrudescence de la température.

L'état général de la malade est gravement atteint ei V’impossibilité de tenter une collapsothérapie chirurgicale ou méd.cale malgré l'intégrité du côté opposé rendent le pronostic très sombre.

La malade quitte le service peu de temps après et meurt à son domicile le 26 décembre 1946.

Nous sommes donc là en présence d’une observation typique et classique de sténose bronchique tuberculeuse cicatricielle.

Elle présente un intérêt :

Du point de vue clinique, elle nous montre en effet l’évolution favorable d’une caverne tuberculeuse même sans collapsothérapie jusqu’au moment où une sténose bronchique vient compliquer cette évolution.

Du point de vue diagnostic, la méconnaissance fréquente de leur existence, et l’importance de l’opacité rétractile systématisée comme signe radiologique précoce, précédant quelquefois le Pre fonctionnel clinique.

Enfin au point de vue pronostic, la ie de cette sténose cicatricielle associée à des lésions pulmonaires évolutives.

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