‹ Contribution à l'étude des sténoses bronchiques tuberculeusesChapitre 21 sur 40 · OBSERVATION VII L · texte numérisé non relu

OBSERVATION VII L

Sœur Catherine, 40 ans, hospitalisée le 21 mai 1948. (Service de M. le Professeur MOREL).

Depuis trois ans, la malade tousse et crache chaque hiver et expectore des crachats muqueux.

Au mois d'août 1946, l’état général étant atteint et la malade se plaignant toujours de fatigue, de toux et d’expectoration, un examen radiologique est pratiqué ; il montre un sommet droit un peu suspect sans que l’on puisse affirmer un diagnostic précis.

Histoire de la maladie :

Au mois de septembre 1947, un nouvel examen radiographique découvre une infiltration du lobe supérieur gauche déjà excavée.

La bacilloscopie est positive.

La malade est mise au repos et l’on crée un pneumothorax gauche. Ce dernier est entretenu pendant quatre mois au bout desquels une crise BARON entraîne une symphise progressive et totale.

L’expectoration est toujours positive.

Le Docteur LASSERRE est appelé à examiner cette religieuse. Il est frappé par sa toux opiniâtre qui ramène une expectoration muqueuse très abondante. La malade signale par ailleurs un râle sonore intense à prédominance nocturne et qu’elle situe à gauche ; devant ces signes, sœur Catherine est adressée à l'hôpital de Purpan pour une

Met

exploration bronchique. On doit pratiquer également de aouveaux examens pulmonaires car son imâge radiologique est toujours normale.

Examen à l'entrée :

Il s’agit d’une femme de 40 ans, maigre, assez essouf- :lée, dont l’état général est médiocre.

Sa température est normalement à 37° 5 le soir, mais 2lle fait souvent des ciochers thermiques s’élevant jusqu’à 39°.

L’auscultation nous révèle de nombreux râles humiles au sommet gauche, mais surtout un râle intense, ser- “atique aux deux temps de la respiration et nettement localisé à gauche.

La radiographie montre :

Au niveau du sommet gauche, une infiltration non homogène avec quelques petites excavations.

Il existe une grosse pachypleurite sur toute la hauteur du poumon.

Le diaphragme est un peu élevé et horizontal, le sinus gauche a disparu.

On note aussi une attraction nette avec incurvation de la trachée du côté gauche, le cœur et le médiastin sont un peu déplacés.

Le laboratoire montre une bacilloscopie positive.

La bronchoscopie est faite le 4 juin 1948 :

La trachée apparaît normale mais l’éperon est déformé, élargi el alliré vers la gauche. L’orifice de la bronche souche gauche semble très réduit de calibre, il est recouvert d’un enduit épais grisâtre saignant à la périphérie.

Le bronchoscope ne peut pénétrer dans cette bronche.

Après avoir détergé et adrénaliné l’orifice, on découvre une ulcération profonde, irrégulière, saïgnante, située surtout sur la paroi gauche. Le calibre paraît beaucoup moins réduit depuis que cet enduit est enlevé. La bronche respire.

On commence alors un traitement endoscopique deux fois par semaine avec famponnement à l’adrénaline, dilatation à la bougie et streptomycine locale à la dose croissant de 0 gr. 05 à 1

En juillet 1948 la malade présente une amélioration fonctionnelle très importante, la toux est beaucoup moins fréquente, l’expectoration moins abondante, et la dyspnée

moins marquée. La température est moins élevée le soir.

La bronchoscopie montre que lulcération est presque entièrement nettoyée, moins profonde et moins étendue. Le bronchoscope peut pénétrer de 1 cm. dans Ia bronche souche gauche. fl demeure cependant une sténose progressive en ehlonnoir avec grosse modification de la muqueuse (œdème et hyperhémie). L’orifice de la bronche gauche se réduit dans la profondeur à un calibre de 2 à 3 mm. Il n’est pas possible de voir les orifices de division lobaires supérieur et inférieur.

Cette religieuse continue régulièrement son ne pendant 5 mois.

Elle quitte le service le 12 novembre 1948.

L’ulcérosténose de la bronche souche gauche semble à ce moment-là stabilisée. Le calibre de l’orifice se réduit en entonnoir et il persiste dans la profondeur une sténose assez serrée.

Mais les signes généraux et fonctionnels sont extrémement améliorés.

La malade a une température normale et a repris du poids.

Son expectoration demeure négative à plusieurs examens. La radiographie montre un nettoyage très satisfaisant du côté gauche.

On pratique une tomographie, qui ne révèle qu’une infiltration de type fibreux sans excavation visible au sommet gauche.

Il persiste de grosses séquelles de pachypleurite sur toute la hauteur du poumon.

Dans ces conditions, on permet à la malade de reprendre un petit travail après trois mois de repos complet.

Elle doit être suivie régulièrement à l'hôpital.

Le 2 mars 1949, un nouvel examen bronchoscopique montre le même aspect de sténose cicatricielle et de nouvelles tomographies ne révèlent aucune lésion évolutive tuberculeuse mais objectivent, à 10 em. du plan postérieur, une sténose en entonnoir de la broncho-souche gauche.

Il n’y a pas d’image de condensation rétractile et il ne semble pas s'être constitué de bronchectasies en amont car la malade a une expectoration minime.

Ce cas de tuberculose bronchique correspond assez bien à ceux dont parlent LEMOINE et STEINER, la tuberculose bronchique accompagnant souvent une tuberculose pulmonaire peu étendue et peu active.

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