OBSERVATION XII
M°° A... (Marie-Louise), 45 ans, hospitalisée le 8 avril 1948 (Service de M. le Professeur MOREL).
Rien de particulier à signaler dans ses antécédents si ce n’est une dépression nerveuse en 1928, traitée par l'isolement pendant trois mois, avec rechute en 1944 et traitement à ce moment par électro-choc.
Histoire de la maladie :
Episode bronchitique aigu en 1944. Une radiographie pulmonaire ne montre à ce moment-là qu’une surcharge hilaire surtout marquée à gauche avec une ligne scissuraire du même côté. Il n’y a aucune image de perte de substance et la bacilloscopie est négative.
En 1946, la malade présente une hémoptysie importante de sang rouge et aéré. L'examen des crachats n’est malheureusement pas pratiqué à cette époque.
La radiographie pulmonaire montre une infiltration diffuse de la région intercleïdo-hilaire droite qui respecte l'extrême sommet, sans aucune image d’excavation.
En 1947, la malade présente un syndrome d’irritation bronchique, elle tousse, crache abondamment, son expectoration est muco-purulente, jaune-verdâtre, la bacilloscopie n’est toujours pas pratiquée. La malade est mise au traitement vitamino-calcique par son médecin.
En avril 1948, elle est hospitalisée dans le service.
Examen à l'entrée :
La malade se présente avec un état général très médiocre, elle est très asthéniée, amaïigrie, sa courbe de température oscille autour de 38° avec quelques crochets ther-
miques à 39°.
Elle est secouée par une toux quinteuse fréquente qui
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ramène une expeetoration abondante dans laquelle la bac'lloscopie permet de mettre en évidence des bacilles de Koch.
A l'auscultation, on entend un souffle tubaire, dans la région sous-claviculaire droite avec de nombreux râles humides dans la région du sommet droit.
À gauche, Ja respiration est simplement soufflante.
La radiographie pulmonaire montre une image de condensation rétractile du lobe supérieur droit avec images d'excavations multiples dans le bloc rétracté, on note aussi un trouble de la ventilation dans tout le champ pulmonaire droit.
Le côté gauche est sensiblement normal.
Chez cette malade présentant un syndrome clinique d'irritation bronchique avec une image radiologique de condensation rétractile du lobe supérieur droit, nous avons pensé à la possibilité d’une sténose bronchique tuberculeuse et nous avons posé l’indication d’une bronchoscopie.
La bronchoscopie (le 12-4-48) à montré : À
Une dissymétrie très nette entre les deux orifices bronchiques principaux déjà visible à la vision directe après l'introduction du bronchoscope dans la trachée. Il y a une déviation importante de l’axe trachéal vers la droite, sans modification de la muqueuse. |
L’éperon bronchique a perdu son aspect normal, il est épaissi, d’aspect hémorragique et présente sur sa face droite une ulcération profonde.
Cette ulcéralion recouverte d’un endui blanchâtre très épais, difficilement enlevable à l’écouvillon, se propage vers la bronche souche droite et intéresse tout son orifice.
À un centimètre de l’éperon, le bronchoscope est arrêté par une sténose circonférencielle serrée d’où s’écoule une abondante sécrétion blanchâtre très épaisse. Cet orifice sténosé est tout de même perméable à la resp'ration.
Le bronchoscope ne peut pas franchir cette sténose et l’on ne peut pas faire l’exploration de lorifice de la lobaire supérieure droite.
En conclusion, nous nous trouvons donc en présence d’une sténose de la bronche souche droite intéressant vraiscmblablement aussi l’orifice de la lobaïre supérieure.
La malade a éfé mise immédiatement à la streptomycine par voie générale à la dose de 1 gr. par jour et
Me A. (Observation XII)
Sténose ulcéro-végétante de la bronche souche droite et de la lobaire supérieure droite